Chronique des fouilles en ligne
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DIKILI TASH
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Fig. 5
Fig. 6
Fig. 7
Fig. 8
Informations générales
Numéro de notice 4078
Année de l'opération 2013
Date de modification 2014-05-19
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) École française d'Athènes - Société Archéologique d'Athènes
XVIIIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques - CNRS
Fiche(s) associée(s) 2005 - 2006 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - 2015
Notice
Dans le cadre d’un programme commun de l’Ecole française d’Athènes et de Société archéologique d’Athènes, P. Darcque, (CNRS/EfA), Haïdo Koukouli-Chryssanthaki (Société Archéologique d'Athènes), Dimitra Malamidou (XVIIIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques/SAA) et Zoï Tsirtsoni, (CNRS/EfA) ont poursuivi en 2013 la fouille du tell néolithique de Dikili Tash. Les travaux visaient à achever les fouilles du secteur 6, déjà ouvert en 2008, 2010 et 2012, et à effectuer de nouveaux carottages hors-site pour compléter l’opération réalisée en 2009.
Les carottages ont été effectués principalement dans le vallon situé à l’Est du tell et permettent de faire une première synthèse sur l’évolution sédimentaire de ces espaces. Les résultats, lorsqu’ils seront inscrits dans un cadre chronologique précis grâce aux datations C14, pourront être confrontés aux informations paléoenvironnementales et archéologiques disponibles pour le site lui-même.
Dans le secteur 6, l’objectif principal de la fouille était de dégager intégralement ce qui subsiste de la maison 1 (fin du Néolithique Récent II, vers 4200 av. J.-C.) dans sa partie Nord (fig. 1). On souhaitait également établir la séquence stratigraphique au Nord-Ouest du secteur, à l’endroit où des niveaux postérieurs à la maison paraissaient conservés.
Pour mettre au jour la partie Nord de la maison 1, il fallait d’abord démonter les derniers fragments de mur tombés sur le sol (fig. 2). Cette opération minutieuse a permis d’observer la superposition des couches d’enduit sur les parements et d’isoler plusieurs fragments qui indiquent clairement que les murs ont été construits sur des poteaux jointifs  (fig. 3). Ensuite, le sol de la maison a pu être mis en évidence sur une bonne partie de l’étendue fouillée (fig. 4). Sa surface est revêtue d’un enduit parfois très bien conservé sous les fragments de mur, sous les objets en place et/ou sous une couche de sédiment noirâtre pulvérulent, correspondant sans doute à la combustion de végétaux. Ailleurs cette surface est totalement détériorée, par exemple aux endroits où certains vases se sont enfoncés dedans, sous le poids des vestiges qui recouvraient la couche de destruction. Il faut également compter avec les nombreuses perturbations postérieures : fosses et trous de poteau datant du Bronze Ancien, terriers en tous genres. On observe une très forte dénivellation du sol, résultant sans doute d’un affaissement du terrain sous-jacent : la partie Nord du sol se trouve, en effet, trente à cinquante centimètres plus bas que sa partie Sud.
Les limites de la maison restent difficiles à préciser. Seul subsiste, du côté Nord-Ouest, un alignement de petits fragments de torchis (6-133) contigu aux vestiges d’un four ou d’un foyer (6-114) mis au jour cette année. L’état de conservation de ce dernier ne permet pas de déterminer son orientation, mais l’on a pu observer que sa sole avait été refaite à trois reprises. L’espace attribué à la maison 1 (10,50 x 6,50 m) comporte donc au moins deux fours ou foyers (6-015 et 6-114). Si le modèle de la maison 4 voisine ou celui des maisons néolithiques balkaniques s’applique ici, cela signifierait que la maison 1 est constituée d’au moins deux pièces. Mais il ne subsiste aucune trace d’une cloison séparant les deux pièces en question.
La couche de destruction et le sol de la maison ont continué à livrer des quantités impressionnantes de mobilier. Les vestiges botaniques sont toujours aussi abondants : fruits, blé, etc. Une jarre remplie de pépins de raisins s’est trouvée accolée aux vestiges du four 6-114 (fig. 5). Plus de 300 objets de parure (perles en pierre, pendentifs, astragales) ou pièces de matière première destinée à la fabrication de pendentifs (canines de suidés) s’ajoutent aux quelque 1200 pièces découvertes en 2012. Une quinzaine de nouveaux récipients en tous genres, dont un grand pot à col à décor noir-sur-rouge, quasi intact, un chef d’œuvre du genre (fig. 6), viennent compléter le tableau. Au total, la maison 1 a livré plus de quarante cinq récipients en terre cuite, allant de la tasse miniature à la jarre mesurant 0,70 m de haut, parfois décorés selon des techniques différentes — graphite, noir-sur-rouge, incisé. Un groupe de cinq coupelles (quatre en terre cuite, fig. 7, et une en marbre) pourraient représenter les outils d’un peintre sur vase, car deux des coupelles semblent avoir contenu des matières colorantes, l’une du graphite, l’autre de l’oxyde de fer. L’une des autres est directement associée à un poinçon en os et à un polissoir, l’ensemble étant stocké dans un autre vase. On peut ajouter à ce groupe d’objets un autre poinçon, découvert en 2012, dont l’extrémité était couverte de manganèse (analyse XRF), et trois fragments de « cônes » en graphite découverts à proximité.
 
Dans la partie Nord-Ouest du chantier, on a réussi à mettre en évidence un niveau datant probablement d’une phase très avancée du Néolithique (aux environs de 4000 av. J.-C.). Cette phase, attestée dans les montagnes des Rhodopes et à Thasos, n’avait pas été encore reconnue à Dikili Tash, ni sur les tells de Macédoine, mais quelques fragments de céramique recueillis en 2012 en faisaient soupçonner l’existence. La fouille 2013 permet de lui associer un sol et au moins deux fosses (fig. 8) adossées l’une à l’autre (l’une mesurant 1,20 m de diamètre maximum et 1,20 m de profondeur, l’autre 1,10 m de diamètre maximum et 0,80 m de profondeur) ; plusieurs vases complets (fig. 8), d’un type intermédiaire entre les vases néolithiques standards et la céramique du Bronze Ancien, ont été découverts dans le remplissage de ces fosses. Quelques fragments d’ossements seront datés par le Carbone 14, afin d’établir plus précisément la chronologie absolue de cette phase.
Mots-clés Flore - Four - Habitat - Maison - Os - Outillage/armement - Parure/toilette - Pierre
Chronologie Néolithique - Néolithique récent
Bibliographie
Référence bibliographique
D’après , P. Darcque dans le rapport d’activités de l’Ecole française d’Athènes en 2013.
Voir aussi : V. Petrakos, Ergon 60 (2013), p. 39-42.
Auteur de la notice EfA
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