Chronique des fouilles en ligne
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DIKILI TASH
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Fig. 5
Fig. 6
Fig. 7
Fig. 8
Fig. 9
Informations générales
Numéro de notice 3406
Année de l'opération 2012
Date de modification 2013-07-23
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) École française d'Athènes - Société Archéologique d'Athènes
XVIIIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques - CNRS
Fiche(s) associée(s) 2005 - 2006 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - 2015
Notice
Dans le cadre d’un programme commun de l’Ecole française d’Athènes et de Société archéologique d’Athènes, P. Darcque, (CNRS/EfA), Haïdo Koukouli-Chryssanthaki (Société Archéologique d'Athènes), Dimitra Malamidou (XVIIIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques/SAA) et Zoï Tsirtsoni, (CNRS/EfA) ont poursuivi en 2012 la fouille du tell néolithique de Dikili Tash. De nouveaux carottages ont été effectués pour compléter l’opération réalisée en 2010 (fig. 1), tandis que les fouilles se sont poursuivies dans le secteur 6 déjà ouvert en 2008 et 2010.
Les carottes réalisées en 2012 visaient à mieux circonscrire l'étendue et les éventuelles fluctuations de l'habitat initial, afin de choisir le secteur où ce dernier pourra être atteint par la fouille. Les observations faites sur le terrain (sédiments, mobilier archéologique) semblent confirmer que la zone la plus prometteuse pour l’implantation du nouveau secteur se situe du côté Nord-Est du tell (carotte C10), non loin de la carotte C3 de 2010, où l’on avait mis au jour le plus ancien niveau en place, datant de 6400-6200 av. J.-C., juste au-dessus du paléosol holocène. Le versant Sud n’est toutefois pas à écarter complètement : la séquence obtenue dans la carotte C7, non loin de la carotte C1 de 2010, semble plus dilatée pour les périodes récentes, mais on pourrait encore avoir à sa base un niveau d’occupation du Néolithique Ancien, surmontant une dépression naturelle ou une fosse aménagée par les premiers habitants. Deux autres carottages (C8 et C9, dans la périphérie Nord-Est) ont livré des éléments précieux sur le paléoenvironnement du site, confirmant notamment l’épisode humide de la fin du 7e millénaire av. J.-C., observé dans les carottes C2 et C3. Les datations 14C, en cours sur une dizaine d’échantillons, permettront de confirmer ces interprétations préliminaires.
Dans le secteur 6, l’objectif principal de la fouille était de dégager intégralement la maison 1 (fin du Néolithique Récent II, vers 4200 av. J.-C.). Cet objectif n’a été atteint que partiellement, car de nombreuses installations postérieures à la maison néolithique en ont détruit les deux tiers Nord-Est. Il s’agit d’une dizaine de fosses et d’une douzaine de trous de poteau datant du Bronze Ancien (fin du IVe et début du IIIe millénaire av. J.-C.). Le sol, ou les sols, à partir desquels les fosses et les trous de poteau ont été creusés a complètement disparu à cause de l’érosion et l’on ne peut établir une stricte relation stratigraphique entre ces vestiges. Cependant, l’alignement de six trous pourrait correspondre à la limite Sud d’un édifice d’environ 9 m de long, deux autres trous représentant une paroi perpendiculaire d’environ 5 m. Un gros amas de débris, qui représente la partie supérieure du remplissage d’une fosse, a livré deux jarres assez bien conservées (fig. 2).
Dans les zones qui n’avaient pas été perturbées par des installations postérieures et se trouvaient encore protégées par des masses de terre à bâtir brûlées, la fouille de 2012 a considérablement enrichi le mobilier appartenant au dépôt de sol de la maison 1. Au Sud du four domestique déjà dégagé en 2008 et 2010, une jarre presque complète, brisée sur le sol et mesurant environ 0,80 m de haut, est dotée près de sa base d’un orifice aménagé avant cuisson (fig. 3). On y a trouvé des centaines de petites poires carbonisées (fig. 4). Il est possible que le stockage de ces fruits représente la dernière utilisation du récipient et non sa fonction première, mais l’on peut aussi envisager l’utilisation des poires dans un processus de fermentation.
Plus au Sud, dans le sédiment séparant un amas de terre à bâtir d’un autre lot de vases brisés, une petite applique zoomorphe en terre crue, complète, d’une hauteur d’environ 9 cm (fig. 5) représente un décor architectural, une sorte de version miniature du bucrane découvert en 1995 dans le secteur 5 (Treuil, Darcque, BCH 122 [1998], p. 1-25). On a trouvé une grande quantité de mobilier imbriqué dans un amas de terre à bâtir voisin. À un auget et une petite tasse déjà prélevés en 2010, s’ajoutent un pot à col complet, à décor peint au graphite (fig. 6), un bol à anses, quasi complet, à décor en relief et peint au graphite, et quatre autres vases. À ces vestiges sont associés une grande quantité de pépins de raisin et des glands.
L’inventaire des vases découverts cette année confirme la coexistence de vases décorés au graphite et en noir-sur-rouge, déjà observée en 2010. Cela invite à reconsidérer complètement les subdivisions chrono-stylistiques en vigueur pour le Néolithique Récent II régional. Deux autres ensembles de mobilier, découverts plus au Nord, apparaissent particulièrement significatifs. Le premier a livré environ 270 objets (fig. 7) : 44 perles en pierre ou coquille, une perle double en pierre et en cuivre, un boudin en terre cuite, ainsi que 215 perles en terre cuite complètes. Quelques fragments de coquille pourraient représenter des restes de matière première. Le second ensemble a livré un andouiller de cerf, une douzaine d’anneaux en coquille de spondyle, un cône de graphite, au moins une trentaine de pendentifs en os (fig. 8), de la matière première osseuse et une pointe en os, ainsi qu’un collier d’environ 700 perles (fig. 9), en os ou en coquille et quatre feuilles d’or. Si ces types d’objets sont relativement courants au Néolithique Récent dans l’aire égéo-balkanique, de tels assemblages paraissent rarissimes en dehors des tombes. De plus, dans les deux cas, plusieurs indices (matière première, outillage, etc.) témoignent d’une fabrication sur place.
Mots-clés Four - Habitat - Maison - Outillage/armement - Parure/toilette
Chronologie Néolithique
Bibliographie
Référence bibliographique D’après , P. Darcque dans le rapport d’activités de l’Ecole française d’Athènes en 2012.
Auteur de la notice EfA
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