Chronique des fouilles en ligne
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DÉLOS. - Maison de Fourni
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Fig. 5
Fig. 6
Fig. 7
Fig. 8
Fig. 9
Informations générales
Numéro de notice 3405
Année de l'opération 2012
Date de modification 2013-07-23
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) École française d'Athènes
Fiche(s) associée(s) 2009 - 2010 - 2012 - 2014
Notice
Dans le cadre d’un programme de l’Ecole française d’Athènes, H. Wurmser (Université Lyon 2) a poursuivi en 2012 la fouille de la maison de la baie de Fourni, dans l’île de Délos.
La mission poursuivait deux objectifs : l’implantation de sondages de vérification (fig.1) dans des secteurs anciennement dégagés mais pour lesquels on ne disposait pas de relevés et d’informations sur les modes de construction ; la poursuite du dégagement des limites Sud de la maison qui n’avaient jamais été véritablement atteintes (à la fin de la mission, tous les sondages ont été remblayés).
 
Sondages à l’intérieur du bâti. - De manière générale, ces sondages ont confirmé les observations faites à l’issue de la campagne 2010, sur les modes de construction de la maison. Dans toutes les parties de la maison, la colline a été profondément travaillée et exploitée pour permettre l’installation des murs, construits généralement avec les matériaux ainsi dégagés (sauf dans la pièce 48, dans la partie Sud-Est, où dominent plutôt le marbre et le gneiss, et qui semble plus récente que la partie centrale de la maison).
On sait ainsi que le mur de façade Ouest de la maison (mur 50) repose directement sur le rocher (fig. 2). Sa construction, ainsi que celle de l’escalier 25 semblent d’une seule venue (sondage 7). On peut en dire autant de la pièce 48 et du mur 65, dans la partie Sud-Est de la maison (sondage 10).
Dans la partie Nord de la maison, des nettoyages ont également permis de dégager à nouveau des canalisations dont on ne possédait pas les relevés, notamment l’égout de la pièce 12 (fig. 3). Un sondage dans la pièce 9, de l’autre côté du mur 38, a d’ailleurs permis de constater que la canalisation ne se poursuivait pas au-delà du seuil et qu’on avait sans doute affaire à une descente d’eau pluviale. Dans ce cas, la cage d’escalier 9 serait peut-être un espace à l’air libre.
Dans la partie Ouest de la maison, le nettoyage de la cage d’escalier 39 (fig. 4) a permis de préciser la chronologie relative des canalisations. L’évacuation du bothros se faisait à un niveau très bas et se déversait dans la rue par l’égout d (fig. 5-6). Le drain qui traversait le mur 9 ne communiquait pas avec cet égout et ne se poursuivait pas non plus dans la pièce 26 au Nord : il semble révéler un état plus ancien, peut-être antérieur à la construction de la partie Sud de la maison. À environ 1 mètre au-dessus de l’égout d, on observe les vestiges arrachés d’une canalisation en dalles de terre cuite qui s’appuyait contre le mur 9 et constituait probablement une descente d’eau pluviale qui rejoignait le grand égout a. Elle est de niveau avec le seuil de la porte bouchée dans le mur 9 et pourrait avoir été installée après le bouchage de cet accès.

Sondages aux limites Sud de la maison
. - Dans cette partie, les opérations visaient à poursuivre les sondages effectués en 2010 et à vérifier l’implantation des murs dont on avait constaté les départs.
À l’angle Sud-Est de la cour 38, l’implantation des murs a été fortement perturbée par la construction moderne d’un mur de berger ou d’un mur de fin de fouilles destiné à contenir les déblais des fouilles Courpy de 1935 (fig. 7). Le démontage du mur de berger dans cette partie a permis de récupérer des blocs de poros enduit appartenant à l’étage, ainsi que des tuiles. Les sondages effectués à cet endroit ont montré que les murs Nord-Sud se poursuivaient. Leur construction est de moindre qualité que ce que l’on observe dans les espaces déjà fouillés : ils sont assez minces, faits de moellons disparates, irréguliers, fortement liés à la terre argileuse et reposant, soit une assise de fondation à petit empattement, soit directement sur une terre très tassée, argileuse et dure. De manière générale, les sondages effectués au Sud révèlent une stratigraphie limitée mais intéressante : les différences de couleurs et de remplissage semblent indiquer que l’on a affaire soit à des murs de terre effondrés, soit à des niveaux de sol en terre battue mêlée d’éclats de céramique et de lentilles de charbon. Certaines couches sont d’ailleurs riches en matériel céramique.
Devant la poursuite de ces murs dont nous n’avions toujours pas la limite Sud, on a décidé d’implanter un grand sondage prospectif au-delà de l’ancien mur de berger et dans le prolongement théorique du mur 58. À une vingtaine de centimètres sous la surface, on a dégagé un nouveau mur délimitant trois espaces : au Sud-Est, un espace pavé d’éclats de terre cuite posés de chant et noyés dans le mortier (fig. 8) ; au Sud-Ouest, une bande rectangulaire limitée par le sondage, constituant sans doute un sol de terre battue ; dans l’angle Nord-Est, un pithos en place, enterré, dont on a pu délimiter le pourtour. Toute la zone Sud, par son mode de construction, d’implantation et de matériel, apparaît manifestement comme un espace lié aux activités agricoles ou artisanales de la maison (fig. 9). Ces dépendances sont étroitement liées aux pièces de façade de la partie Sud, ainsi qu’à la campagne et à la rue qui se poursuit vers le Sud. La Maison de Fourni apparaît ainsi, de plus en plus, comme une forme précoce et exceptionnelle de villa agricole adaptée peut-être du modèle romain observable en Italie.
L’étude systématique de la céramique a été entreprise. Dans les trois sondages dont le matériel a été étudié, on a constaté que tous les vases mis au jour appartenaient à la dernière phase d’occupation de la maison, avant son abandon peut-être consécutif aux destructions provoquées en 88 ou en 69. La fourchette chronologique des formes et des productions présentes s’étend de la fin du IIe au milieu du Ier siècle av. J-C. Le mobilier céramique de ces sondages ne présente aucune trace de feu : on est tenté d’en déduire que la Maison de Fourni n’a pas été détruite par un incendie, ou du moins pas en totalité. Nous avons également constaté que dans les sondages, le mobilier archéologique était celui de contextes de remblai ou de démolition après abandon.
Par ailleurs, une dernière campagne de restauration des a eu lieu, en collaboration avec le Musée d’Arles. Les lacunes des deux pavements de mosaïque (pièce 2 et 32) ont été stabilisées et bloquées par du mortier de chaux ; les comblements de ciment ont été systématiquement remplacés.
Mots-clés Canalisation - Installation hydraulique - Maison - Mosaïque
Chronologie Antiquité - Hellénistique - Romaine
Bibliographie
Référence bibliographique D’après H. Wurmser, dans le rapport d’activités de l’Ecole française d’Athènes en 2012.
Auteur de la notice EfA
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