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DÉLOS. - Aphrodision de Stèsiléôs
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Fig. 5
Informations générales
Numéro de notice 3404
Année de l'opération 2012
Date de modification 2013-07-23
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) École française d'Athènes
Fiche(s) associée(s) 2005 - 2006 - 2007 - 2008 - 2010 - 2012
Notice
Dans le cadre d’un programme de l’Ecole française d’Athènes, C. Durvye (Université Aix-Marseille) a poursuivi en 2012 la fouille de l’Aphrodision de Stèsiléôs, dans l’île de Délos. Les travaux, qui ont porté sur une zone déjà fouillée par le passé, ont permis de compléter la connaissance des différents états d’aménagement de ce secteur. Deux zones ont été délimitées (fig. 1). La zone 14, couvrant les alentours de l’autel jusqu’au mur de terrasse Sud, a été divisée en deux sondages, Nord et Sud. La zone 15 a permis de travailler sur les rapports entre le temple, les bases et l’oikos Ouest.

Zone 14, sondage Sud
. - Le démontage des remblais des fouilles anciennes a permis de constater que des couches tardo-hellénistiques étaient encore en place. Immédiatement sous l’humus, des remblais tardo-hellénistiques très riches en céramique remplissaient des fosses-dépotoirs, datant probablement d’une époque où le sanctuaire n’était plus en activité.
Ces fosses étaient creusées dans un épais remblai argilo-sableux de mise à niveau partiellement conservé au Sud du sondage (fig. 2), qui appartient à une phase de surélévation du niveau de la cour du temple. Ce remblai, qui n’a livré aucun matériel postérieur au IIIe s av. J.-C., ne peut encore être daté avec certitude. Sa surface constituait un sol de passage damé conservé par endroits. Lors de cette surélévation, l’autel a été remanié (fig. 3) : les blocs de son élévation ont été démontés, des assises irrégulières de petits blocs ont été disposées sur l’assise de réglage du premier état de l’autel, et les blocs d’élévation ont été remontés sur ces assises fragiles. Lors de ce remaniement, l’autel a été, intentionnellement ou accidentellement, dévié de plusieurs degrés vers le NE-SO par rapport à son orientation originale ; l’assise de réglage du premier état montre que l’autel était à l’origine disposé selon la même orientation que le temple.
Le remblai de surélévation de la cour reposait lui-même sur un sol appartenant à la première phase d’utilisation du sanctuaire, au début du IIIe s av. J.-C. Ce sol est venu buter contre le haut de l’assise de réglage du premier état de l’autel. Il constituait la surface d’un remblai argileux déjà identifié dans d’autres sondages comme le remblai de construction du temple (construction datée par l’épigraphie de 304-302 av. J.-C).
Sous ce remblai, on a découvert des vestiges d’une utilisation de la zone antérieure à la construction du sanctuaire. Celle-ci consiste en une série de fosses grossièrement aménagées dans le rocher géologique, d’étendue et de formes diverses, d’une profondeur de 30 à 40 cm, dont la vocation était probablement artisanale (fig. 4). Ces fosses présentent deux états : une première série de 5 fosses a été comblée par un remblai formant sol de passage ; ce sol a lui-même été percé par une nouvelle série de 3 fosses, comblées par le remblai de construction du temple. Il est donc probable que l’utilisation artisanale du terrain était encore d’actualité juste avant la construction du sanctuaire.

Zone 14, sondage Nord
. - Dans la partie Nord du sondage, le niveau de départ de fouille était plus bas, le terrain étant en pente.
Un foyer et une tranchée probablement contemporains des fosses-dépotoirs du sondage Sud y ont toutefois été identifiés. Le remblai de surélévation de la cour a été clairement identifié ; mais le sol qui formait sa surface était peu lisible. Il était ici creusé par plusieurs fosses dont l’une au moins était probablement un dépotoir de sacrifice et de banquet, comme en témoignent les cendres, les nombreux os et la céramique (amphore, céramique culinaire et fine) qui la remplissaient.
Sous le remblai de surélévation, le sol de la première occupation du sanctuaire était très bien conservé. Là encore, il venait clairement buter contre l’assise de réglage du premier état de l’autel. Il était lui aussi coupé par plusieurs fosses contenant une grande quantité d’os et de céramiques dans une terre très cendreuse : c’étaient très probablement aussi des dépotoirs de sacrifice.
Ce sol reposait, comme dans le sondage Sud, sur le remblai de construction argileux du temple. Au Nord de l’autel, ce remblai a recouvert une conduite d’adduction d’eau (dont une section a déjà été mise au jour à l’Est du temple en 2008) qui amenait de l’eau depuis la colline du théâtre vers le Nord du temple. Cette adduction, contemporaine de la construction du sanctuaire, à été assez rapidement mise hors d’usage par le creusement d’une fosse destinée à des résidus de sacrifices dans le sol de la première occupation du sanctuaire.
Dans ce sondage comme dans le précédent, on a découvert sous le remblai de construction du temple les vestiges d’une occupation plus ancienne, sous forme de fosses pratiquées dans le rocher et d’un sol de passage conservé entre ces fosses.
 
Zone 15. - La fouille visait à confirmer la contemporanéité du temple et de l’oikos Ouest, hypothèse établie jusqu’ici sur des critères architecturaux, et celle du temple et des bases de statue qui se trouvent de part et d’autre de sa porte, hypothèse jusqu’ici disputée par les fouilleurs successifs.
Devant le seuil du temple, l’enlèvement des remblais des anciennes fouilles a permis de mettre au jour immédiatement le remblai argileux de construction du temple, qui reposait directement sur le rocher. Le même remblai noyait les fondations des deux bases, dont la contemporanéité avec le temple est donc archéologiquement prouvée.
Entre le temple et l’oikos Ouest, la fouille a d’abord mis au jour une vaste fosse-dépotoir tardo-hellénistique du même type que celles qui ont été identifiées dans la zone 14. Le remblai de construction du temple a toutefois été retrouvé en place entre le mur du temple et celui de l’oikos Ouest ; la similitude du mode de construction des fondations du temple et de l’oikos, l’égalité hypsométrique de leurs assises de réglage et le fait que les deux tranchées de coffrage des fondations aient été creusées dans le même remblai prouvent la contemporanéité des deux bâtiments.
L’installation du remblai de construction du temple a détruit un sol construit plus ancien (IVe s. au plus tard) qui a été coupé à une vingtaine de cm à l’Est du mur de l’oikos Ouest, mais qui est très bien conservé sous ce mur (fig. 5).
La fouille a donc permis de préciser les différentes phases d’occupation du site. L’aménagement de la zone avant la construction du sanctuaire se dessine de plus en plus clairement : cette zone rocheuse située au bas de la colline du Théâtre a été utilisée dans sa partie Est comme carrière de granit (fouilles de 2010), dans sa partie Ouest, à peu près plane, comme surface de travail pour l’installation d’un silo (fouilles de 2010) et de nombreuses cuves et cuvette creusées dans la roche (2010 et 2012), périodiquement réaménagées (2012). Le sol construit découvert en 2012 sous l’oikos Ouest permet de présager l’existence d’un bâtiment contemporain de ces installations et qui peut leur être lié fonctionnellement. Sur cet espace artisanal est venu s’installer dans les dernières années du IVe s. le sanctuaire de Stèsiléôs. Ce sanctuaire comprenait un petit temple dont l’entrée était dominée par deux statues des parents du fondateur, situées dès la fondation de part et d’autre de la porte du temple ; un grand oikos de construction soignée, probablement destiné à accueillir les offrandes, et en particulier les vases des Stèsileia ; et un autel orienté vers l’Est, dont les longs côtés étaient parallèles aux longs côtés du temple et dont le niveau était le même que celui du temple. Les fosses contenant des dépotoirs de sacrifice creusées dans le sol de ce premier sanctuaire attestent des pratiques sacrificielles que l’analyse des ossements permettra de préciser. Malgré la réfection de l’Inopos, le terrain est probablement resté humide, ce qui explique la nécessité de rehausser le sol du sanctuaire, entre le IIIe et le IIe s. av. J.-C. Lors de ce rehaussement, l’autel a lui aussi été surélevé une première fois. Les nouveaux niveaux de sol ont à leur tour été criblés de fosses destinées à enterrer les résidus des sacrifices et les déchets des banquets.
Mots-clés Autel - Édifice religieux - Sanctuaire - Sculpture - Temple
Chronologie Antiquité - Hellénistique
Bibliographie
Référence bibliographique D’après C. Durvye, dans le rapport d’activités de l’Ecole française d’Athènes en 2012.
Auteur de la notice EfA
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