Chronique des fouilles en ligne
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KOTYLAION. - "La Cuppa"
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Informations générales
Numéro de notice 2325
Année de l'opération 2010
Date de modification 2011-10-27
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) École suisse d'archéologie en Grèce (ESAG)
Fiche(s) associée(s) 2005 - 2010
Notice
À la suite d’une prospection menée en 2005 sur la forteresse de Kotylaion, près du village de Vrysi (Eubée centrale), l’École suisse a effectué, en 2010, plusieurs sondages sur le rempart et dans la zone à l’intérieur de celui-ci (fig. 1), afin de comprendre le faciès d’utilisation du site : l’objectif était de dater la construction de la fortification qui s’organise sur deux zones distinctes, l’une autour de l’église de la Vierge (altitude de 213 m) et l’autre à une distance de 300 m de la première sur le haut plateau de Kastri (altitude de 342 m).
 
Les recherches dans la première zone, Kotylaion, se sont portées sur plusieurs secteurs :
  • celui de la poterne b, qui représente le tronçon le mieux fortifié de l’enceinte dont on peut suivre deux courtines interrompues par une rupture de pente rocheuse sur une longueur totale de 48 m. Elle est principalement construite en appareil trapézoïdal à décrochements et bouchons avec quelques blocs polygonaux. Après un nettoyage de la courtine, un sondage a été implanté près de la poterne b : on a mis au jour les fondations d’un escalier d’une largeur de 1,34 m et d’une longueur de 3,10 m adossé à la courtine et permettant de restituer la hauteur interne du chemin de ronde à 1,80 ou 2,10 m. Puis, la poterne b, d’une largeur de 0,90 m, a été dégagée. Le matériel recueilli dans ce secteur (céramique de l’Âge du Bronze à l’époque classique) a fourni un terminus post quem pour la construction de ce tronçon au Ve s. av. J.-C.
  • celui de la terrasse Nord, près de l’église de la Vierge. La terrasse est entourée d’un mur à double parement d’une longueur de 36 m dont le nettoyage a permis la mise au jour d’une porte (A) d’une largeur de 1,60 m qui indique la présence d’une voie de passage à travers la terrasse. Les sondages effectués dans ce secteur en relation avec le rempart ont livré des lames d’obsidienne et de la céramique du Bronze Ancien, tandis que la céramique associée au premier niveau de circulation fournit un terminus post quem pour sa construction à la fin de l’époque classique. Le secteur est encore occupé (ou réoccupé) aux Ve-VIe s. apr. J.-C.
  • À une centaine de mètres de l’église de la Vierge, on a exploré une maie rupestre taillée dans le calcaire ainsi que l’espace qui lui est accolé (fig. 2). La surface de presse est circulaire et plane et atteint un diamètre de 0,65 m, comparable à plusieurs exemplaires déliens, mais de plus petites dimensions que les maies d’Érétrie. Les marques d’outils, nettement visibles (pointe et coin en fer), indiquent une technique de taille antique. D’après des parallèles connus, elle a pu servir de pressoir à huile ; quant à sa datation, la fouille n’a pas permis de tirer des conclusions précises : on propose de faire remonter son utilisation au IVe s. av. J.-C. ou à la période hellénistique.
  • Sur les terrasses méridionales et inférieures les nettoyages ont livré des vestiges de deux murs en appareil polygonal, séparés par un escalier rupestre constituant deux pièces rectangulaires distinctes. L’une des pièces comportait un remblai important de tuiles corinthiennes et de céramique culinaire servant au stockage et à la préparation et à la consommation d’aliments, dont un huilier-vinaigrier à décor de type West-Slope. On a également découvert des pesons et trois monnaies de bronze. Le matériel recueilli permet de restituer un contexte d’habitat du IIIe s. av. J.-C. qui se rattache à des maisons plus modestes que celles connues à Érétrie et comparables à celles de Dystos qui ne sont composées que d’une seule pièce. On a également repéré des tronçons de ruelles, d’escaliers et des petits canaux creusés dans le rocher et formant un réseau de canalisations permettant de récolter les eaux de pluie qui se déversaient dans des récipients de stockage.
Un sondage a été effectué au niveau de la courtine Ouest du périmètre fortifié de Kastri, qui constitue une sorte de citadelle destinée à protéger la première enceinte de toute attaque venant des sommets qui la dominent à l’Ouest. Les fondations du mur conservé à une hauteur totale de 2,80 m ont été révélées : l’absence de matériel ne permet pas de préciser une datation pour sa construction.
Cette campagne a permis de confirmer, grâce aux quantités importantes de céramique recueillie, une occupation du site au Bronze Ancien et Moyen. Elle a également permis de repérer deux phases de construction du rempart : l’habitat civil, dont témoignent les habitations repérées sur les terrasses méridionale et inférieure, a été entouré d’un rempart dans le courant du Ve s. av. J.-C., protégeant un espace de 4 ha. Ce premier circuit est agrandi au courant du IVe s. av. J.-C. avec la construction de deux courtines avec des bastions au Sud-Ouest et un nouveau tronçon est peut-être construit au Sud de la porte (b ?), vers la plaine. La citadelle de Kastri appartient probablement à cette même phase. On propose d’identifier le site avec le centre du dème de Kotylaion.
Mots-clés Fortification - Habitat - Production/extraction
Chronologie Âge du bronze - Bronze ancien - Bronze moyen - Antiquité - Classique - Hellénistique - Période byzantine - Protobyzantine
Bibliographie
Référence bibliographique D’après S. Fachard, Rapport d’activités de l’ESAG pour 2010.
Auteur de la notice EfA
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