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Dernières notices ajoutées par région : Macédoine de l'Est
Aux abords Nord de l'Artémision (Arthur Muller, Lille 3/EfA, Francine Blondé, CNRS/EfA, Platon Pétridis, Université d’Athènes/EfA, & Stavroula Dadaki, 12e EBA) , l'exploration de la demeure protobyzantine DOM5 dans l’emprise actuellement accessible à la fouille a été menée à son terme ; en revanche, l’exploration des niveaux sous-jacents n’a pu être qu’esquissée. L’organisation générale de la demeure protobyzantine apparaît mieux désormais, avec deux grands secteurs nettement délimités, l’aile Est et l’aile Nord (fig. 1 et 2). Dans cette aile Nord, dont on connaît désormais avec certitude la limite Ouest, les travaux se sont concentrés dans deux pièces : la grande pièce d’apparat 21, dont la partie Ouest a été fouillée, présente deux espaces différenciés : tandis que la partie Est présentait un pavement de mosaïque et des murs plaqués de marbre, la partie Est était dallée de marbre avec des murs revêtus d’enduits. Sous son sol, une canalisation permettait d’évacuer les eaux de lavage de la mosaïque voisine. la pièce 55, qui contraste avec les pièces d’apparat voisines 20 et 21 tant par ses dimensions que par son sol en terre battue, était probablement un espace utilitaire, comme la pièce 39 contiguë à l’Est. De l’espace central de la demeure, qui s’étend pour l’essentiel sous la propriété voisine, n’ont pu être fouillées que les bordures Est et Nord (ESP23 et ESP58 sur fig. 3). Cette dernière est la plus remarquable : mosaïque à motif de cercles sécants en pavement, façade de l’aile en grand appareil, porte de la pièce 20 (et sans doute aussi de la pièce 21) couverte d’un arc clavé, avec une double corne d’abondance en relief sur la clef. Il a également été possible de retracer les dernières phases d’occupation de la maison. À partir de l’importante dégradation dans les années 570, les sols de plusieurs espaces de la partie Est ont été recreusés. La pièce 55, partiellement comblée par un volumineux déblai, a servi de dépotoir : on y a accumulé un grand nombre de vases brisés, des restes de nourriture carnée et surtout d’énormes quantités de coquilles d’huître. Dans la pièce 21, les revêtements en marbre du sol de la partie Ouest et des murs de la partie Est ont été récupérés. La destruction finale, dont la date de 620 a reçu confirmation, est probablement due à un séisme, comme en témoignent plusieurs indices architecturaux : en témoignent l’effondrement des sols des étages de PCE21 et PCE20, les pans de murs avec des matériaux encore en connexion dans la couche de gravats, ainsi que les profondes fissures et déchaînements observables dans les murs restés debout. Mais le résultat majeur de la campagne 2010 est l’identification d’une construction antérieure à la demeure protobyzantine et constituant le noyau de sa partie Nord. Cet édifice comportait quatre pièces donnant sur l’espace 58, les deux pièces Ouest ayant été réunies en une seule ultérieurement. C’est à ce bâtiment que remonte la façade en grand appareil et portes à arcs clavés déjà décrits. Les indices orientent vers une datation à l’époque impériale, à partir du IIe s. L’hétérogénéité des maçonneries montre que ce bâtiment d’époque impériale est lui-même l’héritier de constructions plus anciennes et le résultat d’une histoire complexe. Quelques petits sondages ont permis d’identifier, après une longue lacune dans la stratification, des états nettement plus anciens, — du début du Ve s. dans la pièce 55, du IVe s. av. J.-C. dans la pièce 21. La dépose en 2010 de la mosaïque de la pièce 21 rend désormais possible sur une plus grande surface une opération du plus grand intérêt. La destination de cet édifice ultérieurement englobée dans la demeure protobyzantine n’est pas encore définie. Deux reliefs d’époque romaine ont été utilisés en remploi dans la demeure protobyzantine : le premier, trouvé en 2008, représente un personnage assis qui soutient ou montre, de façon emphatique, un serpent enroulé dans les branches d’un arbre ; le second, trouvé en 2010, représente un serpent (33 x 43,5 cm. – fig. 4). Ces deux reliefs, mais aussi peut-être la double corne d’abondance qui décorait l’arc de la porte, ouvrent plusieurs pistes, mais ils ne suffisent toutefois pas à privilégier l’hypothèse d’une destination cultuelle du bâtiment.  

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Le macellum (Jean-Yves Marc, Strasbourg2/EfA). - Pour la seconde année consécutive, le niveau élevé de la nappe phréatique a contraint à renoncer à la campagne de fouille initialement prévue sur le macellum et les moyens disponibles ont bénéficié à l’étude du matériel. En dehors du pré-inventaire du matériel céramique des Abords Sud et Ouest de l’agora, désormais achevé, ou de l’enregistrement de l’ensemble des tuiles et de l’analyse architecturale de la plus grande partie de ce corpus, on signalera l’achèvement de l’enregistrement des fragments de crustae, qui a permis de progresser dans les reconstitutions des décors marmoréens et de mettre en évidence l’existence d’un atelier de découpe des plaques dans la pièce P49 du macellum. Par ailleurs, le début de l’étude systématique de l’instrumentum confirme la présence de plusieurs ateliers de travail du métal. Il montre aussi une importante représentation d’outils liés à l’activité halieutique : hameçons, poids de filets de pêche, navettes pour fabriquer et réparer les filets. La vente de poisson et de viande en un même lieu ne surprend pas pour le monde romain : reste à expliquer plus précisément les raisons de la présence de cet instrumentum de la pêche au même endroit. Parallèlement à ces études, on a poursuivi la campagne de relevé des murs en élévation dans différentes pièces du macellum.

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À Dikili Tash (P. Darcque, CNRS/EfA, Haïdo Koukouli, Société Archéologique d'Athènes, Dimitra Malamidou, ΙΗ' ΕΠΚΑ et Zoï Tsirtsoni, CNRS/EfA), les fouilles se sont poursuivies dans les trois secteurs déjà ouverts en 2008 et une nouvelle série de carottages a été effectuée sur la zone périphérique du tell (fig. 1). – Les carottages révèlent la même succession de base : des formations pléistocènes, suivis d’une longue pédogenèse holocène sous couvert forestier, avec les marqueurs d’une occupation humaine du site, enfin des colluvions qui recouvrent ce paléosol et semblent indiquer que l’habitat s’est replié vers la partie centrale du tell. Par la suite, une remontée du niveau de la mare issue de la source aurait limité, pendant un temps au moins, le développement de l’habitat vers le Nord (mare) et vers l’Est et le Sud-Est (vallon), avant que le colluvionnement et la baisse du niveau des nappes phréatiques ne permettent à nouveau à ces espaces d’être habités. Les datations C14 effectuées sur une série d’échantillons issus des carottes fixent de façon très nette la date de la première occupation humaine à Dikili Tash aux environs de 6400-6300 av. J.-C. Il s’agit d’une date comparable à celle des premiers niveaux du Néolithique Ancien, avec céramique, de Néa Nikomédia, en Macédoine occidentale, Achilleion ou Sesklo en Thessalie. Ces datations établissent également que Dikili Tash présente une séquence complète allant du Néolithique Ancien au Néolithique Récent, entre la seconde moitié du 7e et la fin du 5e millénaire. Par conséquent, elles comblent une lacune sur les cartes du Néolithique Ancien et du Néolithique Moyen, car, jusqu’à présent, aucun site de ces époques n’était attesté en Macédoine Orientale. Dans le secteur 2, la fouille a été menée sur 140 m2. Un nouvel élément appartenant à une couche de destruction du Néolithique Récent II a été mis en évidence au Nord-Ouest : il s’agit des vestiges d’un four domestique. Deux lits de pierre situés en aval de ce four correspondraient à des colluvions résultant d’une très forte érosion qui aurait mis à bas plusieurs aménagements en pierre situées plus en amont : l’accumulation des pierres à cet endroit s’expliquerait par une rupture de pente. Le paléosol séparant ces deux lits correspondrait à une phase d’abandon du secteur.   La fouille du secteur 6 (fig. 2) avait pour objectif de déterminer avec précision les limites de la maison 1, datée du Néolithique Récent II, et de mettre au jour, sur la plus grande surface possible, le sol et les aménagements intérieurs de cette habitation, après démontage de plusieurs fosses ou silos du Bronze Ancien, qui se trouvent directement au contact de la couche de destruction néolithique. La pièce elle-même s’étend sur au moins 6 m de large et 7 m de long et il est probable que la limite Nord se trouve non loin du four 6-015 (env. 1,50 m de long x 1,20 m). Au Sud-Est du four, on a trouvé une amphore décorée au graphite (fig. 3), un pot avec des trous de réparation, une meule complètement brisée et une grande quantité de vesces (Vicia ervilia). Une plate-forme comportant un bassin (6-044) est contiguë au four du côté Sud-Ouest. Le sol même de la pièce se présente comme une surface enduite avec une fine et très fragile couche de terre à bâtir. Sur ce sol, de nombreux objets en place ont été découverts, parfois imbriqués dans les fragments de murs tombés (fig. 4) : outillage en os, vases dont une tasse et un bol quadrangulaire à décor incisé, meules, broyeurs. Plusieurs concentrations de restes végétaux ont fait l’objet de prélèvements systématiques : des glands, du blé et, à nouveau, des pépins de raisin, peut-être contenus dans des jarres et destinés à la fermentation. La présence simultanée de ces différentes espèces dans la couche de destruction indique que celle-ci est intervenue à la fin de l’automne ou durant l’hiver. Si l’on admet que toutes les espèces représentées ici sont consommables, après une préparation appropriée, cette variété illustre parfaitement l’autosuffisance alimentaire vers laquelle semblent tendre les maisonnées de l’époque néolithique. Dans le secteur 7, au sommet du tell, les investigations se sont concentrées sur les vestiges romains et byzantins (fig. 5). Une tour de plan carré (fig. 6), mesurant 9,25 m de côté, occupait le sommet à l’époque médio-byzantine (XIe-XIIIe siècle). Une fouille clandestine a fait presque entièrement disparaître le mur Ouest et l’intérieur de l’édifice. Cette tour intègre en remploi de nombreux blocs taillés, certains pouvant dater de l’époque hellénistique. – À l’Ouest de la tour, une assez grande masse de débris provenant sans doute de la tour prend appui sur un mur conservé sur plus de 15 m de long. Une monnaie en bronze de Michel (II) Comnène Doukas fournit un terminus post quem pour l’installation de ces débris. On possède par ailleurs des indications sur l’occupation du secteur à l’époque romaine, notamment  une monnaie en bronze trouvée au Sud-Est du secteur et datant de la colonie romaine de Philippes (Ier av. J.-C.-Ier ap. J.-C.), qui vient confirmer l’utilisation du site au début de l’époque romaine. – Les niveaux du Bronze Récent de ce secteur se trouvent immédiatement sous les aménagements byzantins et romains. On dispose désormais de quatre datations C14 sur des échantillons prélevés en 2008 et qui s’échelonnent entre 1430-1310 av. J.-C. et 1384-1133 av. J.-C.  

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Découverte d’un segment de canalisation de construction soignée au Nord du village de Lydia (région de Kavala), datant de l’époque antonine. Elle est constituée de parois maçonnées en moellons et mortier de chaux, et couverte d’une voûte en berceau. Les parois intérieures sont revêtues de mortier de chaux étanche et le sol est dallé de carreaux de terre cuite. Un autre segment de canalisation de même orientation et de même facture avait été découvert à Képhalari en 1989 : il s’agit probablement de deux parties du même hydragogue qui approvisionnait la ville de Philippes en eau.

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Présentation des types de vases découverts dans les couches de l’époque romaine tardive des maisons d’Abdère, fouillées entre 1991 et 2005. L’étude de cette céramique a permis de constater la continuation de l’occupation d’Abdère à l’époque romaine, particulièrement dans les îlots d’habitation situés près de la Porte Ouest et sur l’acropole (troisième quart du IIIe s. apr. J.-C.). Parmi les types céramiques, on compte notamment : de la vaisselle de table (les formes 3, 4 et 5 de la production de Çandarli, des productions pontiques et de la céramique à vernis rouge africaine) ; de la céramique commune (vaisselle de table, ustensiles de cuisson comme des poêles, des petites marmites, des œnochoés à bec trilobé et des lékanès) ; des lampes en terre cuite de types variés.

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L’étude préliminaire de la céramique provenant des contextes liés à la dernière phase d’occupation de la demeure protobyzantine mise au jour aux abords Nord de l’Artémision (DOM5), avec une quantité importante de céramique commune (céramique culinaire, céramique de table et amphores), de céramique fine (sigillées) et de céramique à glaçure, permet d’attester l’existence de certaines formes céramiques, grâce à un cadre chronologique bien défini par les indices monétaires (dernier quart du VIe s. – premier quart du VIIe s. apr. J.-C.).

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Un habitat du IIIe millénaire av. J.-C. a été fouillé en 2009-2010 par S. Papadopoulos au lieu-dit Aghios Antonios, près du village de Poto (fig. 1). Neuf bâtiments avec des fondations en pierre et une élévation en briques, ainsi que des structures en argile à l’intérieur des maisons et dans les cours, ont été découverts. Ces maisons à pièce unique sont de plan rectangulaire à une abside. La première installation remonte au courant du IVe millénaire : des objets ont pu être datés par C14 au Néolithique Final, entre 3900 et 3600 av. J.-C. La céramique locale des IIIe et IIe millénaires porte un décor incisé et imprimé, tandis que les tessons de céramique mycénienne et minyenne témoignent des contacts entre cet habitat et d’autres régions plus au Sud. Un trépied en terre cuite et décor incisé de motifs géométriques appartient également à l’âge du Bronze Moyen.  La fouille a mis au jour une sépulture dans une fosse peu profonde ; le défunt était déposé en position fléchie et accompagné d’un vase.

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À Néa Herakleia, au Nord-Ouest de la Chalcidique, Aik. Tsanana, D. Bitzikopoulous et P. Eugenikos (10e éphorie des antiquités byzantines) ont effectué une fouille de sauvetage sur le champ no 97 (OT 210) et ont dégagé neuf tombes de l’époque protobyzantine : 5 tombes à tuile, 3 tombes à ciste et une tombe à enchytrisme. Quatre des tombes à tuile et la tombe à enchytrisme ont accueilli des sépultures d’enfants – toutes les autres ont accueilli des adultes. Une particularité des tombes à tuile est le bloc arrondi sur sa partie supérieure, utilisé sur un des petits côtés et provenant probablement d’une meule. On constate également une utilisation multiple des tombes, la plupart comportant une à deux inhumations et jusqu’à six réductions. Dans une tombe à ciste double, qui comportait deux inhumations contemporaine, l’un des squelettes était accompagné de 137 perles de verre appartenant à un collier, une boucle d’oreille en bronze et deux monnaies du milieu et de la deuxième moitié du IVe s. Outre les tombes, on a dégagé des fosses qui ont livré des masses d’argile, des fragments de pithoi et un pithos en place, qui comportait des traces de feu, ainsi que des cendres et des tessons brûlés. Ces installations étaient probablement liées à des rituels funéraires. Ces tombes semblent appartenir à une nécropole protobyzantine plus vaste dont les limites ne sont pas encore connues.

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Dans la ville antique de Philippes, G. Gounaris (Université de Thessalonique) a poursuivi entre 2008 et 2010 les fouilles systématiques et les restaurations sur deux îlots de la Via Egnatia qui ont livré des habitations et sur deux îlots au Sud de la Rue Oblique (fig. 1), qui ont livré, dans leur dernier état, des magasins et des ateliers. Sur l’îlot Sud-Ouest, la campagne de 2008 s’est concentrée sur la région au Nord/Nord-Ouest du puits moderne, sur le côté Sud-Ouest de l’îlot. Sous une couche datée des IVe-VIe s., probablement constituée des déchets d’un atelier de verrier, on a mis au jour les sols de plusieurs espaces, pavés de mosaïques. On a notamment dégagé un couloir allongé, avec un sol pavé de mosaïque (dim. 24 x 3,20 m) divisé en trois champs de dimensions inégales.  Ils sont chacun ornés de motifs géométriques ; au centre du champ central, se trouve un emblema, composé de tesselles plus fines de couleur jaune, marron,  rouge, blanc et noir, représentant un lion tenant un lièvre. En face de la représentation du lion se trouve une porte qui mène vers les pièces au Nord, elles aussi pavées de mosaïques à décor géométrique. Au Sud-Est du couloir, on a exploré la pièce octogonale à l’intérieur de laquelle s’est installé un pressoir à huile, abandonné, d’après les fragments de vases et une monnaie d’Héraclius, dans la première moitié du VIIe s. On a retrouvé plusieurs éléments appartenant au pressoir : les meules semi-circulaires avec une face concave et brute qui s’insérait dans une vasque installée sur une base construite près de la porte Ouest de la pièce. Au Sud du pressoir, la fouille s’est poursuivie jusqu’au sol de l’exèdre semi-circulaire, recouvert d’une épaisse couche de destruction qui comportait des cendres et de charbons de bois provenant de la charpente. Le mobilier date la destruction à la fin du VIe s. ou des premières décennies du VIIe s. La datation au C14 des charbons de bois par le laboratoire Demokritos a fourni une fourchette approximative entre 423 et 614 apr. J.-C., période qui correspond à une réorganisation du côté Sud des îlots au Sud de la Rue Oblique et à leur destruction par un séisme. À une distance de 4,43 m du mur arrière courbe, on a dégagé un stylobate courbe, lui aussi, construit en appareil de moellons interrompu par des blocs de marbre en remploi pour soutenir les colonnes ionique dont on a retrouvé deux fûts effondrés et un chapiteau.

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Au Sud-Ouest de l’île de Thasos, K. Vlastaris, T. Kozelj et M. Wurch-Kozelj  (École française d’Athènes) rendent compte de la découverte en 2010, au cours de prospections pédestres, de gravures de pieds (111 traces de pieds), de croix (28 tracés cruciformes) et de graffitis sur des affleurements de marbre au Nord d’un long mur de pierres sèches (100 m) qui traverse la colline. L’ensemble se situe dans une zone de carrières et à une centaine de mètres d’un puits d’exploitation minière.

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Dans la grotte de Maronée, A. Panti (Éphorie de paléanthropologie et de spéléologie de Grèce du Nord) a poursuivi, de 2008 à 2010, la fouille systématique dans les salles « de la colonne rouge » et de « l’autel ».  Dans la salle de la colonne rouge, on avait déterminé trois niveaux distincts d’occupation : la plus ancienne date du Bronze Ancien, une deuxième occupation a eu lieu durant l’Antiquité tardive, la troisième à l’époque médiobyzantine et tardobyzantine. En 2009, on a fouillé la phase principale de la salle de la colonne rouge, datée de la fin du XIIe au début du XIIIe s., sur une surface de 24 x 10 m. On a mis au jour une surface de circulation en pierres plates posées sur la terre ou sur le sol rocheux de la grotte. Les niveaux de l’âge du Bronze ont été trouvés dans les parties Sud-Ouest et Sud-Est de la grotte. Le mobilier témoigne d’une occupation longue et continue de l’espace, jusqu’à la période ottomane, comme en témoignent les pipes en argile et les quelques tessons de céramique. Les clous et matériaux de construction indiquent la présence d’installations à l’intérieur de la salle. La même année, on a exploré une autre salle à l’intérieur de la grotte, la salle de l’Autel. Les couches archéologiques se trouvaient à une profondeur de 1 m ; on n’a pas retrouvé dans ce secteur le pavement de pierres. À l’Ouest de la salle se trouvait un mur de pierre sèche. Deux sondages dans cette salle ont révélé des niveaux remontant à la deuxième phase d’utilisation de la grotte, durant l’Antiquité tardive, comme le montrent les amphores commerciales de types divers. Le niveau inférieur de sédiments, en contact avec le sol rocheux, a livré, comme dans la salle de la colonne rouge, des sédiments noirs avec des traces de feu, comportant de la céramique du Bronze Récent. Les deux salles ont été utilisées simultanément, avec une occupation systématique à l’Antiquité tardive d’après la céramique variée en grande quantité et les monnaies de cette période qui ont été recueillies. Dans la salle à gauche de l’entrée, la surface était recouverte de gros blocs, entre lesquels on a trouvé une petite quantité de céramique glaçurée. On a ensuite fouillé une succession de couches de sédiments marron et de couches de terre blanchâtre meuble, peut-être utilisée pour le nettoyage ou l’assainissement. On a retrouvé trois trous de poteaux ainsi que trois constructions de pierre au fond de la salle : deux pour la fixation de vases et une de forme orthogonale, qui comportait des fragments de vases de cuisson. Ce niveau remonte à l’Antiquité tardive, d’après les amphores commerciales. Par ailleurs, on a trouvé, en 2007, une sépulture, dont l’étude plus poussée a montré qu’il s’agissait de celle d’une femme. On y a trouvé de la céramique byzantine et du Bronze Ancien. Aucun objet n’accompagnait le squelette, à part une quantité de graines au niveau du torse et deux morceaux de tissus de soie au niveau du bassin et du genou qui ont été datés au C14 entre 1650 et 1800 apr. J.-C. (date calibrée). En 2010, on a dégagé d’autres sépultures. L’une des structures en pierres a perturbé une sépulture d’adulte. Sous celle-ci, on a retrouvé un fémur provenant d’une sépulture sous-jacente, déposée sur un niveau du Bronze Ancien. On estime que ces sépultures datent de l’Antiquité tardive.

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