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Dernières notices ajoutées par région : Chypre
Le musée s’est enrichi de dons, de confiscations et de découvertes accidentelles. Deux objets, saisis par les tribunaux chypriotes, sont particulièrement intéressants : un amphorisque Red Polished à base élevée et décor en relief, d’un type rare (2007/XI-1/1 ; haut. 24,2 cm ; diam. 11 cm ; fig. 1). une tête de terre cuite, coiffée d’un casque conique (?) et portant un riche décor peint sur les joues et le cou (2007/XI-1/2 ; haut. 15,3 cm ; fig. 2).

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Une tombe pillée, datée du Chypro-Archaïque II, a été découverte lors des travaux de construction du nouvel aéroport international de Larnaca (T. 66, MΛA 1910). Elle a notamment livré une cruche Black-on-Red (T. 66/1 ; fig. 1).

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Au cours de la restauration de l’église de la Panaghia Asprovouniotissa à Pyla, des fragments de sculptures en calcaire, remployés dans les murs, ont été découverts. Ils proviennent probablement d’un sanctuaire voisin. On mentionnera notamment une représentation d’homme barbu et couronné (MΛA 1896 ; fig. 1) et celle d’un personnage masculin en chitôn (MΛA 1902 ; fig. 2).

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Une tombe pillée a été fouillée dans le village de Petrophani, près d’Athienou (MΛA 1934). Elle a livré de la céramique archaïque et classique, ainsi qu’une figurine de terre cuite représentant la déesse Astarté, les mains sur les seins, debout, de face, sur une base (T. 74/1 ; fig. 1).  

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Enfin, dans les zones libres du district de Famagouste et en particulier au large de Paralimni-Pernera, on a recueilli une amphore protobyzantine (Late Roman 1 ; MΛA 1926B ; fig. 1).

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Une nécropole a été localisée lors de travaux de terrassement au lieu-dit Skasmata, près du lotissement de réfugiés de Polemidia. Trois tombes ont été fouillées. Elles datent de la fin de l’époque géométrique, archaïque et classique ainsi que de la période hellénistique. La tombe 21 (LM 2243) a livré, entre autres, une assiette peu profonde de grandes dimensions, caractéristique des productions amathousiennes de la fin de l’époque géométrique (T. 21/9 ; fig. 1 et 2). Dans une autre tombe (LM 2244), pillée, et datée du Chypro-Classique, on a recueilli une cruche portant un décor rare, fait d’une fleur de lotus sur l’épaule (T. 22/88 ; fig. 3). Dans la même zone, la fouille d’une tombe hellénistique (T. 23, LM 2245) a mis au jour, entre autres, des amphorisques originaux, avec des becs en forme de tuyaux. L’un d’entre eux porte un engobe rouge (T. 23/42-2 ; fig. 4). Un autre, à peu près du même type mais sans engobe, possède un décor géométrique imprimé sur l’épaule (T. 23/23 ; fig. 5).

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Lors d’une fouille de sauvetage à Erimi-Pitharia (LM 2266), un grand établissement du Bronze Récent a été localisé, dont subsistent des vestiges importants. Fait rare, il présente une occupation continue du Bronze Récent au début de l’Âge du Fer. Il a livré du mobilier intéressant de la fin de l’Âge du Bronze, notamment une baignoire (LM 2266, D1/2007 ; fig. 1) et un soc de charrue en bronze (LM 2266, M1 ; fig. 2). Entre autres découvertes, la fouille de l’établissement a permis de mettre au jour des tombes du Bronze Récent. Dans la tombe 89/1, une coupe en bronze conservait des restes de tissu (LM 2266, fig. 3 et 4). En un autre point de l’établissement, on a recueilli des vases chypro-géométriques, notamment une coupe à une anse décorée de fabrique White Painted I (N4/A17, LM 2266 ; fig. 5) et un amphorisque Black Slip I (N4/A22 ; LM 2266 ; fig. 6).

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À Pitargou-Aidoni, lors de travaux du Service des Eaux, une tombe du Bronze Ancien/Bronze Moyen a été localisée. Bien que pillée, elle a livré du matériel, notamment une grande cruche Drab Polished (ΜΠ 3725/1 ; fig. 1).

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À Pegeia-Paliomonastirio, la fouille d’une tombe hellénistique a permis de recueillir une cruche West Slope d’un type rare (ΜΠ 3717/25 ; fig. 1).

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À Polis tis Chrysochous, près de l’école technique, plus précisément rue de l’Archevêque Makarios, on a exploré une tombe détruite récemment (MMA 637). Parmi bon nombre de trouvailles, on mentionnera notamment une amphore Black Slip I à anses torsadées (MMA 637/2 ; fig. 1).   Au lieu-dit Koilades, où se trouve une nécropole datant des périodes chypro-archaïque à hellénistique, quatre tombes ont été fouillées (MMA 651, 653, 656, 657). La tombe 651, du Chypro-Archaïque I, a livré un vase Bichrome IV portant une inscription chypro-syllabique peinte sur l’épaule (MMA 651/17 ; fig. 2 et 3). De la même tombe provient une figurine de cheval monté (le cavalier manque) (MMA 651/8 ; fig. 4). Dans la tombe 653 (archaïque-classique), on a recueilli un fragment de cruche archaïque à décor d’applique, de fabrique Bichrome Red II(V) (MMA 656/16 ; fig. 5). Dans la tombe 653, également pillée et datée de l’époque classique-hellénistique, on a découvert une cruche fragmentaire sans décor, portant une figure d’applique vêtue du chitôn et de l’himation (la tête manque) (MMA 653/3 ; fig. 6). Le vase date de la période chypro-classique. Une tombe contemporaine a livré, entre autres, un remarquable amphorisque à anses placées de part et d’autre du col (MMA 657/14 ; fig. 7).

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Des nettoyages dans la cour du musée, près du temple d’Aphrodite, ont mis au jour un cadran solaire d’époque romaine (RRKM 496 ; fig. 1), qui avait été remployé dans un mur contemporain qui a été démoli. On a également découvert une petite colonne de marbre gris importé, richement décorée, qui a sans doute été utilisée ultérieurement comme autel (?) (RRKM 495/2 ; fig. 2 et 3).

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La troisième campagne de fouilles du programme « Elaborating Early Neolithic Cyprus » sur le site d’Aghia Varvara-Asprokremnos (Universités de Chypre, de Toronto et Cornell University, sous la direction de Carole McCartney) visait à combler le hiatus chronologique qui existe à Chypre entre 10000 et 8200 av. J.-C., c’est-à-dire entre l’utilisation de l’abri sous roche d’Akrotiri-Aetokremnos et les premières occupations néolithiques de Pareklissia-Shillourokambos, Kissonerga-Mylouthkia et Kalavasos-Tenta. Les données recueillies montrent que le Néolithique chypriote débute bien plus tôt, lorsque des groupes de chasseurs-cueilleurs ont migré depuis les installations côtières pour pénétrer à l’intérieur de l’île. De petites concentrations de silex permettent de faire le lien entre les campements de l’intérieur de l’île et les sites côtiers de « Nissi Beach », Akamas-Aspros et Akrotiri-Aetokremnos. Elles mettent en évidence l’existence probable de petits groupes de chasseurs-cueilleurs qui se déplaçaient selon un rythme saisonnier de chasse et de cueillette, exploitant les ressources de la flore et de la faune de l’île, et qui fabriquaient leurs outils à partir des abondants gisements de silex locaux.   La fouille d’Aghia Varvara a mis en lumière une deuxième phase de cette première période néolithique, au cours de laquelle les chasseurs ont abandonné un mode de vie purement nomade et se sont rassemblés dans un endroit à partir duquel ils faisaient des expéditions dans la région environnante. Ils y chassaient des sangliers et, d’après leurs outils de pierre polie, en exploitaient les ressources naturelles. Aucun habitat n’a été découvert, mais les vestiges et déchets de taille montrent que les campements étaient périodiquement fréquentés.   Les habitants utilisaient des sources de silex locales, mais également des gisements plus éloignés. Les changements de matériau sont sans doute liés à des changements dans les sources d’approvisionnement, qui témoignent de la familiarité des habitants avec le milieu environnant. La picrolite, assurément d’origine chypriote, n’apparaît pas au cours de la phase initiale, tandis que les dentalia (coquillages marins), qui étaient utilisés comme perles de colliers, sont attestés en plus grand nombre. L’accès aux gisements de silex pour la fabrication d’outils a varié au cours du temps, en fonction des ressources locales.

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Deux semaines de prospections sous-marines au large d’Akamas-Aspros, sous la direction d’Albert Ammerman (Colgate University, Hamilton, New York) et de Pavlos Flourentzos (Département des Antiquités), ont permis de recueillir de l’outillage lithique en différents points de la côte, aujourd’hui sous le niveau de la mer [1]. Ces découvertes, vieilles de 10 000 ans, montrent que l’occupation pré-néolithique de l’île était plus importante que ce que laissaient penser les vestiges relevés dans la partie non submergée de la côte. La zone la plus riche en trouvailles est située à 10 m sous le niveau marin, à une distance de 100 m du rivage actuel. Ces découvertes, les plus anciennes faites à ce jour en milieu sous-marin, sont antérieures à la phase du Néolithique acéramique, qui commence à Chypre aux alentours de 8200 av. J.-C.   L’occupation pré-néolithique de Chypre était méconnue jusqu’à la découverte, en 2004, des sites d’Akamas-Aspros et d’Aghia Napa-« Nissi Beach », qui datent de 10 500 à 12 500 avant nos jours. Au cours d’une phase de refroidissement climatique, entre 10 800 et 9 600 av. J.-C., le niveau marin était de 60 à 70 m plus bas que le niveau actuel. Des pans entiers de la côte ont été submergés à la fin du dernier âge glaciaire et au début de l’holocène, au cours des 10 000 dernières années, quand ont prévalu des conditions climatiques plus chaudes. Ce que l’on peut observer à Akamas-Aspros et Aghia Napa-« Nissi Beach » n’est donc, en quelque sorte, que la partie émergée de l’iceberg.   Les recherches menées à Akamas-Aspros et Aghia Napa-« Nissi Beach » montrent qu’il est possible de localiser des concentrations d’outillage micro-lithique et de retrouver des traces d’établissements pré-néolithiques plus importants que ce que l’on pensait jusqu’alors. Le site d’Akamas-Aspros s’étend sur plus de 250 m, le long de la ligne de crête de la colline, sur la rive Nord du fleuve Aspros.   [1] L’équipe comprenait 9 plongeurs, chypriotes et américains. Elle était supervisée par Tim Turnbull et Duncan Howit Marshall. L’outillage lithique est étudié par Carole McCartney.  

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Une première campagne de fouilles a eu lieu à Katalymata ton Plakoton, dans la forêt d’Akrotiri, sous la direction d’Eleni Prokopiou [1]. Le site, l’un des plus importants de la péninsule, se trouve près de la côte occidentale du Cap Gata.   La fouille a mis au jour, partiellement, un ensemble cultuel très important, daté de la période paléochrétienne (VIe s. apr. J.-C. environ). La superficie dégagée (10 x 23 m) ne permet pas de connaître la longueur du bâtiment. Il est toutefois certain que, du moins dans la zone fouillée, ce dernier dépasse 23 m, ce qui en fait un édifice tout à fait inhabituel dans l’architecture paléochrétienne de Chypre.   Au centre de la partie fouillée est apparu un grand espace central, surélevé, dans lequel subsistaient, en place, des bases en calcaire et des fragments en marbre, tombés sur place, d’une clôture (un petit pilier et une plaque ajourée de chancel). On ne sait pas encore si cette exèdre surélevée constitue le hiéron bêma ou si elle représente un lieu d’importance équivalente lors du déroulement de la liturgie.   Toute la zone fouillée possède des sols mosaïqués à décor géométrique, en 16 tapis portant chacun des motifs différents, dans un excellent état de conservation.   Parmi les découvertes, mentionnons de nombreux éléments architecturaux, essentiellement en marbre de Proconnèse, brisés en petits fragments : colonnes et chapiteaux corinthiens, éléments de clôture (plaques de chancel ornées de croix, pleines, une plaque ajourée, un petit pilier, des fragments de colonnettes, etc.). On a également recueilli des éléments architecturaux en poros et en calcaire coquillé local dont on faisait des voussoirs d’arches, des corniches, des pierres de voûte, des couronnements de pilastres, des corbins, etc.   De nombreux fragments de plaques de revêtement mural, également en marbre de Proconnèse, d’épaisseur variée, formaient des décors géométriques et ils témoignent du luxe du bâtiment. De petits fragments de plaques d’opus sectile mural, en forme de membres du corps humain, faits dans un marbre jaunâtre de provenance italienne, montrent que certaines parties du bâtiment étaient également décorées de motifs figurés. Ils étaient associés à de petites baguettes d’encadrement en marbres de couleurs variées, importés d’Égypte et d’Italie. Les plaques étaient fixées sur les murs avec des attaches de bronze, du mortier et, dans certains cas, une espèce de colle particulière.   Les objets de métal comprennent également plusieurs clous en fer et une monnaie en bronze.   Plusieurs plaques de pavement de sol, en marbre de Proconnèse et en gypse chypriote, découverts sur les tapis mosaïqués, indiquent qu’il existait un étage.   Le mobilier, notamment les nombreux petits fragments de tables d’offrandes en marbre et de phiales dénotent le caractère cultuel du lieu.   Cette église luxueuse possédait également des fenêtres vitrées (de nombreux petits fragments de plaques de verre ont été découverts) et des décors mosaïqués sur les murs. En témoignent les nombreuses petites tesselles de différentes couleurs, certaines en verre, en faïence ou en nacre, d’autres sur lesquelles subsistent des traces de dorure.   [1] L’équipe comprenait E. Thrasyvoulou et M. Chamberlain. Des étudiants anglais appartenant au programme d’échanges Leonardo da Vinci (Graduate European Archaeological Skills Exchange/GrEASE) ainsi que des doctorants en archéologie paléochrétienne de l’Université Pontificale du Vatican ont participé aux fouilles. La restauration des mosaïques était supervisée par E. Charalambous.  

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La troisième campagne de fouilles dans le monastère géorgien situé près du village de Gialia (district de Paphos) était dirigée par Iulion Gagashidre (Ministère géorgien de la Culture) en collaboration avec Giorgos Philotheou (Département des antiquités). Le monastère, consacré à la Panaghia Chrysogialiotissa et évoqué dans des sources médiévales grecques, latines et géorgiennes, avait été localisé en 1981 par Vakhtang Jobadze, professeur à l’Université de Los Angeles, récemment décédé. La fouille a dégagé les ruines de l’église principale du monastère, ainsi que celles de deux chapelles qui étaient accolées à son flanc Nord, la porte Sud de l’église, des entrepôts et des citernes associées à une conduite d’eau. On a également découvert douze tombes des XVe-XVIe siècles. Les trouvailles ont permis d’établir la chronologie de la fondation et de la destruction du monastère, ainsi que celle des rénovations et des développements qui en ont modifié le plan au cours des six siècles de son existence. Les découvertes comprennent des inscriptions en grec et en géorgien, de remarquables fragments des peintures murales qui décoraient l’église, des éléments architecturaux en marbre, de la céramique, des objets en verre, une croix en bronze et des monnaies. Les données de la fouille, associées aux sources textuelles concernant la présence géorgienne à Chypre, suggèrent que le monastère géorgien de Gialia a été fondé dans la seconde moitié du Xe s., à l’initiative du roi géorgien David III Kurapalat. L’église offre le seul exemple de plan triconque avec coupole connu à Chypre, mais les détails de sa construction témoignent de techniques locales. Les moines géorgiens qui sont venus s’installer là depuis les régions méridionales de la Géorgie ont vraisemblablement fait appel à des artisans locaux, auxquels ils ont fourni des plans. Le monastère de Gialia était très riche et il est toujours resté sous la protection des rois géorgiens. De nouvelles constructions ont été ajoutées sous les règnes de David IV Agmashenebeli (1085-1125) et de la reine Tamara (1184-1210) : deux chapelles, dont l’une est consacrée à saint Georges, ont été accolées à l’église. Entre le Xe et le XVe s., le monastère abritait un atelier de copistes, où l’on recopiait et traduisait des textes grecs en géorgien. Le monastère a été abandonné vers la fin du XVIe s., après la prise de Chypre par les Ottomans.

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La mission du Centre National de la Recherche Scientifique que dirige Alain Le Brun a effectué une nouvelle campagne de fouille sur le site néolithique de Khirokitia au cours de laquelle les recherches précédemment entreprises sur le versant nord de la colline ont été poursuivies. Leur but était de retrouver le tracé des murs successifs qui avaient constitué la limite du village et, ainsi, de préciser les pulsations de l’espace bâti, ses contractions et ses extensions.   Outre la confirmation des observations faites pendant les campagnes antérieures, outre la mise en évidence de l’ampleur et de la longue durée de l’occupation de ce versant, la campagne de cette année a apporté de précieuses informations sur la dernière phase de l’occupation du site. Cette phase diffère des autres dans la mesure où le modèle jusqu’alors suivi selon lequel l’espace villageois est concrètement clos par un mur n’est plus respecté. Le délaissement de cette conception ne signifie toutefois pas pour autant une quelconque décadence. Au contraire, la phase est marquée par une effervescence architecturale remarquable. En effet, les constructions de très grandes dimensions se multiplient alors ; sur le versant nord, elles sont parfois semi-enterrées, pratique auparavant inusitée. De même, à côté des constructions bâties selon le plan circulaire traditionnel apparaissent des constructions d’un type nouveau dont le plan affecte la forme d’un rectangle aux angles arrondis. Cet aspect novateur que la campagne de cette année a fait apparaître, invite à s’interroger en termes nouveaux sur les raisons de l’abandon du site qui, précisément, intervient à l’issue de cette phase.

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La première campagne de fouilles à Kissonerga-Skalia, sous la direction de Lindy Crewe (Université de Manchester), a mis en évidence un habitat du Bronze Ancien et Moyen (2400-1650 av. J.-C.), à environ 300 m de la côte et immédiatement au Sud de l’habitat chalcolithique de Kissonerga-Mosphilia. Le site a beaucoup souffert des travaux agricoles mécanisés au cours des années 70 et 80. Il est toutefois important dans la mesure où il s’agit du seul habitat de cette période connu dans la région occidentale de Chypre. De plus, il diffère des autres habitats attestés à cette époque en raison de sa localisation près de la côte et du grand nombre de céramique Drab Polished qu’on y découvre, production locale caractéristique de la partie Sud-Ouest de l’île.             La campagne 2007 visait à localiser les vestiges qui pouvaient être, du moins en partie, préservés. Huit sondages (A-H) ont été implantés en des points choisis. Les couches supérieures, perturbées, contenaient de grandes quantités de céramique du Bronze Ancien et Moyen, de la période chalcolithique, ainsi que de la fin de la période romaine jusqu’à l’époque médiévale. Il apparaît que l’habitat de Skalia est postérieur à celui de Mosphilia. À une profondeur d’environ 50 cm sont apparus des murs du Bronze Ancien-Bronze Moyen, bien conservés dans le sondage D. Le sondage G a révélé un mur particulièrement puissant (larg. 1,20 m), dont l’appareil est inhabituel. Des investigations sont encore nécessaires avant de pouvoir déterminer sa chronologie et sa fonction. Des couches en place étaient conservées dans le sondage E, à 1,70 m sous la surface. Dans le sondage B sont apparues une structure, qui paraît être un four, ainsi qu’une fosse dont les parois, recouvertes d’enduit, se sont effondrées à l’intérieur. L’effondrement recouvrait deux couches de cendres. L’exploration de cette zone se poursuivra lors des prochaines campagnes.             Le mobilier mis au jour comprend des perles, des fragments de bronze, une pointe de bronze, des pesons en terre cuite, une bobine, des outils en pierre polie, des outils agricoles et des jouets en pierre. On a également découvert des ossements de bovidés, de chèvres, de moutons et de porcs, des coquillages marins et des restes de plantes, dont des graines de vignes et de lentilles.             La céramique est composée des fabriques Drab Polished, Red Polished, ainsi que de quelques tessons de la céramique de Philia. Dans l’état actuel des recherches, on ne sait toutefois pas si la céramique de Philia provient des couches les plus récentes de l’habitat de Mosphilia ou si elle témoigne de l’existence d’un habitat à Skalia dès le début du Bronze Ancien. Du point de vue des formes, on retrouve les types caractéristiques de Chypre au Bronze Ancien I et II, mais d’autres recherches sont nécessaires avant de pouvoir affirmer que le matériel utilisé dans l’Ouest de Chypre était semblable à celui des autres régions de l’île. Seule la poursuite des fouilles et du dégagement du site permettra de répondre à ces questions.

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La quatorzième campagne de fouilles sur le site du moulin médiéval de Kolossi, sous la direction de M. Solomidou-Ieronymidou, a duré cinq semaines [1]. Elle visait essentiellement à poursuivre l’exploration à l’Ouest et au Nord de la construction circulaire qui avait été mise au jour en 2006. On a également fouillé au Sud du mur qui constitue, en l’état actuel des recherches, la limite occidentale du complexe bâti du moulin.   On a dégagé cette année le prolongement de ce mur, qui paraît reposer directement sur le rocher naturel. Sa longueur actuelle est de 13 m, mais il est possible qu’il continue plus loin. À l’Est du mur, la fouille a mis en évidence le rocher naturel. Il porte plusieurs creusements, sans doute destinés à l’écoulement d’un liquide : une rigole d’orientation Nord/Est-Sud/Ouest court parallèlement au mur et elle est associée à un creusement rectangulaire (0,35 x 0,15 m) dont la fonction reste pour le moment incertaine.   À l’Ouest de la structure circulaire mise au jour en 2006, on a dégagé le prolongement du mur plus récent qui coupe la citerne circulaire et s’étend sur 7,50 m. Ce mur est en relation directe avec une construction de briques qui se trouve, elle aussi, à l’intérieur de la citerne circulaire. Il est possible qu’il s’agisse d’un four, hypothèse qu’étaie la découverte de cendres et de déchets métalliques dans cette couche.   La zone située au Nord-Ouest de la structure circulaire s’est révélée particulièrement intéressante. Au niveau le plus haut (0,54 m), on a mis au jour une seconde structure circulaire, plus petite que la précédente (diam. 1,75 m). Les murs et le sol étaient recouverts de mortier. Elle était probablement en relation directe avec la grande structure circulaire, car on a relevé les traces d’un canal entre les deux. Le liquide devait donc s’écouler de la petite dans la grande citerne. Lors d’une phase postérieure, lorsque les deux structures n’étaient plus utilisées, la petite citerne a été remblayée avec du plâtre et l’ouverture qui la faisait communiquer avec la grande a été obturée par des pierres (long. 1,20 m). Le matériel comprend, outre des moules à pains de sucre, une monnaie de bronze, qui a été envoyée à l’atelier de restauration du Département des Antiquités.   [1] L’équipe comprenait également D. Nicolaou, M. Chamberlain et A. Taveles.  

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À Larnaca, rue de l’Empereur Justinien, on a fouillé une tombe intacte du Chypro-Classique (T. 72, MΛA 1916). Elle contenait un remarquable lécythe attique à figures noires, figurant un homme en char que saluent des personnages féminins (T. 72/16 ; fig. 1 et 2). Dans la même zone, une tombe géométrique, également intacte, a livré, entre autres trouvailles, une coupe d’un type rare, qui imite des prototypes mycéniens (T. 69/7 ; fig. 3).

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Une nouvelle campagne de fouilles a eu lieu sur le site du Néolithique acéramique de Kritou Marottou-Aïs Giorkis, sur les contreforts occidentaux du Troodos, non loin de Paphos, sous la direction d’Alan Simmons [1] (Université du Nevada, Las Vegas). Environ 238 m2 ont été explorés jusqu’à présent. Quinze datations radiocarbones permettent de placer les débuts de l’installation vers 7500-7900 av. J.-C., c’est-à-dire au cours du Néolithique acéramique moyen de Chypre. L’un des principaux résultats de la campagne de 2007 a été la localisation d’une nouvelle construction, faite principalement de galets. C’est la quatrième construction de ce genre découverte sur le site. Leur fonction reste inconnue. Peut-être s’agit-il de bases de maisons, ou bien de plateformes sur lesquelles avaient lieu des manifestations de groupe (des danses ?). Quoi qu’il en soit, ces trouvailles sont sans parallèle dans la région au Néolithique acéramique. On a également fouillé plusieurs grandes fosses, riches en découvertes. Par ailleurs, la structure, localisée en 2006 et dégagée plus largement cette année, s’est révélée être une tranchée, qui servait peut-être de délimitation. Il faudra poursuivre la fouille pour être assuré de sa fonction. En outre, des échantillons paléobotaniques ont été collectés : ils comprenaient de l’orge, dans un état de conservation presque sans équivalent au Proche-Orient. Les vestiges animaux sont nombreux. Cette année, de nouveaux ossements de bovidés ont été recueillis. Le fait est d’importance, puisqu’on pensait auparavant que les bovidés avaient été introduits à Chypre bien plus tard, au cours de l’Âge du Bronze. Les restes d’outillage lithique dépassent les 200 000 fragments. Ils témoignent de liens avec le Néolithique du Proche-Orient continental. On a également découvert un bon nombre d’éléments de parure en picrolite. Certains sont d’un type original, tels une grande « perle » gravée et un objet gravé en forme d’amande. Parmi les autres trouvailles, mentionnons un coquillage marin, des lames d’obsidienne et une perle fragmentaire en cornaline. Ce dernier matériau, importé, est très rare à Chypre à la période néolithique. Le reste de l’outillage lithique est abondant et varié.   La découverte d’un ensemble économique si complet et varié, qui comprend aussi bien des bovidés que des petits objets d’usage commun, laisse supposer que des manifestations festives collectives avaient lieu à cet endroit.   En résumé, les recherches menées à Kritou Marottou-Aïs Giorkis montrent l’importance du site pour l’étude de la colonisation néolithique de Chypre. Grâce à ses vestiges architecturaux uniques, à son outillage lithique varié, à ses espèces cultivées et à ses bovidés, ce site de montagne éclaire d’un jour nouveau la question de l’installation des premiers hommes dans l’île. [1] Le programme bénéficie du soutien de la fondation nationale de la recherche des États-Unis.  

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La première campagne sur le site d’une épave antique découverte au large de Mazotos était dirigée par Stella Demesticha et Démétrios Michaelides (Université de Chypre), en accord avec le Département des antiquités et avec un soutien financier de la Fondation Thétis [1].   La campagne, qui a duré sept jours en novembre 2007, a permis de réaliser une couverture photographique et des relevés (fig. 1), afin d’évaluer l’importance archéologique de l’épave et de préparer les prochains travaux.   D’après les résultats préliminaires, il s’agit de l’épave d’un navire marchand de l’époque classique (milieu du IVe s. av. J.-C.). À la surface du fond apparaît une partie de la cargaison du navire, constituée d’amphores provenant essentiellement de Chios. On n’a pas localisé d’autres types de vases ni d’éléments d’équipement du bateau (par exemple des ancres). La répartition des trouvailles montre que le reste des vestiges est enfoui dans le fond sableux.   Cette découverte est importante pour l’histoire de la navigation et du commerce antiques en Méditerranée orientale. De fait, l’épave est l’un des rares exemples qui datent de la période classique et elle est dans un excellent état de conservation. Elle est susceptible de livrer des informations essentielles concernant les relations économiques entre l’Égée du Nord et la Méditerranée sud-orientale, le rôle de Chypre sur ces routes navigables lors de la dernière phase de ses royaumes indépendants, le type et la taille des navires qui étaient utilisés à cette époque, ainsi que des questions plus générales ayant trait à la navigation et au commerce antiques.   [1] L’équipe comprenait des plongeurs amateurs venus de Grèce et des professionnels chypriotes (membres de la Fédération Chypriote des Activités Sous-Marines) : A. Troullides, G. Troullides, Chr. Patsalides, K. Andreou, P. Themistokleous, G. Hadjigiannis, N. Huttmann et P. Savvas. Les travaux de relevé et de photographie ont été effectués par Ph. Vlachaki et Br. Hartzler. Ont également participé M. Garra et N. Karapetsi.  

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Les changements dans l’implantation du bâtiment du Parlement ont entraîné une nouvelle campagne de fouilles de deux mois sur la colline d’Aghios Georgios, sous la direction de Despo Pilides [1]. Les fouilles de 2000 et 2005 avaient révélé dans le secteur XI un ensemble de citernes documentant deux phases (périodes hellénistique et classique) et des murs appartenant à un bâtiment bien mieux conservé que les autres vestiges. Il s’agissait de toute évidence d’un bâtiment important.   Les couches archéologiques supérieures ont été perturbées : construction de bureaux provisoires du Ministère des Travaux Publics, d’une maison en 1946, installation de fils électriques par la Compagnie électrique chypriote. Mais cela n’a pas grandement endommagé le bâtiment dont on peut lire le plan d’ensemble et dont les murs sont, par endroit, conservés sur plus d’1 m (fig. 30). La fouille jusqu’au rocher, possible en certains points, a mis en évidence trois phases architecturales successives (fig. 31). La phase la plus ancienne est représentée par des murs et des installations du type foyer et d’autres vestiges d’ateliers. Les couches associées contenaient des figurines et de la céramique archaïque. Les phases suivantes sont datées, en l’état actuel des recherches, du IVe s. av. J.-C. jusqu’à la fin de la période hellénistique. La découverte de monnaies de Ptolémée VIII Évergète II (146/5-117/6 av. J.-C.) prouve que les bâtiments étaient encore en usage peut-être jusqu’à la fin du IIe s. av. J.-C. Les monnaies retrouvées dans les couches successives à l’intérieur des bâtiments datent d’Antigone Le Borgne (306-301 av. J.-C.), de Ptolémée I Sôter (290-285 av. J.-C.), de Ptolémée II Philadelphe (285/4-247/6 av. J.-C.) et de Ptolémée IV Philopatôr (221/17-204 av. J.-C.).   Le bâtiment fouillé cette année est sans doute en relation avec le complexe de citernes évoqué plus haut, et il leur est peut-être contemporain. De fait, son dernier sol, qui n’est conservé qu’en lambeaux, est recouvert du même enduit que celui qui tapisse les 6 citernes découvertes dans les couches supérieures. On ne connaît pas encore avec certitude les limites du bâtiment, mais il occupe un îlot de la trame urbaine qui se prolonge sans interruption jusqu’au secteur X. Sur le sol, on a recueilli des colonnes et des fragments architecturaux. Ces trouvailles, de même que la qualité des murs, en bel appareil de blocs rectangulaires, indiquent qu’il s’agit d’un bâtiment important.   Le remplissage qui séparait ce sol du précédent renfermait également des éléments de colonnettes et de corniches, ainsi qu’un fragment de coupe à vernis noir inscrite de la fin de la période classique ou du début de la période hellénistique. L’inscription, sur la base du vase, est en caractères chypro-syllabiques. C’est la plus longue découverte à ce jour sur le site. Selon Jean-Pierre Olivier, elle indique que la coupe appartenait au « Prince (anax) Timas ». D’autres recherches sont encore nécessaires. Mais si un prince (fils ou frère de roi) habitait réellement dans ce bâtiment, ce serait la première preuve archéologique que le site est celui d’une capitale de royaume qui fut aboli par les Ptolémées. Il sera important, dans cette hypothèse, d’étudier les 36 monnaies d’argent frappées par un atelier inconnu et découvertes dans le terrain à l’angle des rues Hatzopoulou et Nikokreontos qui faisait partie de l’habitat de la période classique.   Dans le mur occidental du bâtiment, on a recueilli une monnaie de Salamine (323-312 av. J.-C.) qui date probablement sa construction. Pour déterminer ses phases d’occupation postérieures, il faudra toutefois le dégager et le fouiller en totalité. La fouille des couches inférieures a fait apparaître des murs, associés à de la céramique archaïque. Ces murs ne paraissent pas correspondre au tracé plus récent. Ils documentent peut-être la phase la plus ancienne du bâtiment, datable de la période archaïque.   Au Nord de la rue 13, les soubassements en ciment des bureaux du Ministère ont détruit les couches supérieures de la période hellénistique. À un niveau plus bas que la rue, est apparue une série de grands blocs équarris, en place, qui correspondent vraisemblablement à la deuxième phase du bâtiment. Il est possible qu’ils appartiennent à une entrée monumentale ou même fortifiée qui a été oblitérée par les constructions ultérieures, et sur laquelle la rue 13 a été établie.   Dans les autres secteurs, la fouille a porté sur la phase la plus récente, de la période hellénistique. La rue 13 est construite, sur les côtés et au centre, en grandes pierres taillées ; elle possède un canal d’écoulement central, qui est recouvert en de nombreux points. On a également dégagé le prolongement de la grande rue centrale (rue 6), d’orientation Nord-Sud, et l’intersection entre cette rue et la rue 7 (l’une des rues parallèles d’orientation Est-Ouest). Leur tracé confirme une fois de plus le plan urbain régulier de la ville à cette époque. Les rues parallèles d’orientation Est-Ouest, comme la rue 13, d’orientation Ouest-Est, aboutissent à la rue centrale (rue 6). Les bâtiments à l’Est de la rue 6 témoignent des mêmes phases d’utilisation que le grand bâtiment dont il a été question plus haut. Il n’est pas impossible que, dans leurs phases les plus anciennes, ces constructions aient fait partie du même bâtiment, qui a été coupé par les rues hellénistiques. L’une des pièces des bâtiments situés à l’Est de la rue 6 a livré une monnaie de Démétrios Poliorcète (306-282 av. J.-C.). Dans une cavité sous le sol, on a recueilli deux monnaies de Salamine (323-312 av. J.-C.) ; dans les fondations du mur 295, sous lequel se trouvait une fosse avec des traces de feu, une monnaie d’Antigone Le Borgne (306-301 av. J.-C.). La fosse est certainement plus ancienne, et il est possible qu’elle ait eu une fonction artisanale. Elle contenait, de fait, de nombreux outils de pierre, des amphores, des céramiques culinaires et des fragments de figurines archaïques, autant d’indices qui témoignent du caractère artisanal du site à cette époque et de ses liens avec le culte.   Les découvertes de cette année comprennent des statuettes de divers types. L’une des plus intéressantes, en calcaire, figure un personnage barbu et cornu, assis sur un trône flanqué de béliers (Zeus-Ammon ?). Mentionnons également une autre représentation en calcaire de personnage assis, sans doute féminin, ainsi que plusieurs figurines de terre cuite de divers types. Toutes ces trouvailles prouvent l’existence d’un ou de plusieurs sanctuaires contemporains de l’habitat. Un bon nombre de monnaies (monnaies de Salamine, datées de la fin du IVe s. av. J.-C., et monnaies d’Antigone Le Borgne, de Démétrios Poliorcète, de Ptolémée I Sôter, de Ptolémée II Philadelphe, de Ptolémée III Évergète II et de Ptolémée VIII Évergète II) indique une occupation continue du site jusqu’à la fin du IIe s. av. J.-C. et documente ses relations avec l’extérieur.   [1] L’équipe était composée de M. Chamberlain, H. Christophes, M. Neophytou et M. Solomou.  

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Les recherches menées cette année à Palaepaphos par le centre de recherche archéologique de l’Université de Chypre, sous la direction de M. Iacovou [1], ont livré de nouveaux éléments qui bouleversent ce que l’on savait de l’ancien royaume de Paphos. Le programme vise à établir la topographie urbaine de l’ancienne Paphos, ville et centre économique qui a fait édifier le sanctuaire monumental de l’Aphrodite Chypriote au Bronze Récent (fin du XIIIe s. av. J.-C.) et qui a continué à exercer son autorité sur le sanctuaire jusqu’à ce que Ptolémée I mette un terme au pouvoir des Kinyrades (rois et grands-prêtres de la déesse paphienne) à la fin du IVe s. av. J.-C.   La deuxième campagne de fouilles, qui s’est achevée fin juin 2007, a révélé les vestiges d’un mur puissant, long de 40 m. Ses fondations ont une largeur constante de 3,50 m. Il est interrompu par une porte monumentale, en pierres taillées isodomes, que protège une tour (fig. 1). Le positionnement topographique de ce mur montre qu’il s’agit de la portion Nord-Ouest de la fortification qui avait été fouillée dans les années 1960. Son élévation et les détails de son architecture (proteichisma et contreforts notamment) tendent à montrer que l’érection de ce mur sur la colline naturelle de Marcello visait à protéger l’acropole de l’époque archaïque et classique.   L’analyse de la céramique, qui est menée de pair avec les fouilles, permet de distinguer pour le moment seulement deux phases d’utilisation. Au cours de la première, la colline est occupée par une série de tombes du Bronze Récent. À partir du XIe s. av. J.-C., les tombes se déplacent dans des zones environnantes moins élevées, à Xerolimni et Xylino, et s’éloignent définitivement de la colline. La seconde phase chronologique correspond exclusivement à l’Âge du Fer, c’est-à-dire qu’elle documente l’époque des royaumes de Chypre. Rappelons que de nombreuses inscriptions syllabiques — dont certaines se rapportent aux rois de Paphos — et statues de pierre, qui datent de la période chypro-archaïque, ont été découvertes dans les années 1950, enfouies contre la face Nord du mur. Afin de confirmer ou d’infirmer l’existence d’une acropole royale à Marcello, les fouilles seront accompagnées de prospections géophysiques.   [1] Comme en 2006, l’équipe était composée presque exclusivement d’étudiants chypriotes de l’Université de Chypre ou d’universités européennes et américaines. Des étudiants étrangers appartenant au programme européen d’échanges « Erasmus » y ont également participé.  

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Les premières fouilles dans le sanctuaire d’Aphrodite à Palaepaphos ont été menées par le Cyprus Exploration Fund en 1888. La mission suisse-allemande y a fait des fouilles systématiques au cours des années 1973-1979 et 1993-1995. Seul le coin Nord-Est de l’espace bâti restait inaccessible, car il était recouvert par une maison du village du XIXe s. Ce bâtiment a été en partie démoli et, à la demande du Département des Antiquités, la zone a été fouillée en septembre-octobre 2007. Le portique Nord constitue la limite Nord du sanctuaire. Comme le portique Sud, il abritait des banquets cultuels. Ce type de bâtiment est un développement du portique à banquet grec originel, dans lequel les klinai individuelles, bâties en pierre, sont remplacées par une banquette continue. Durant les repas, les pèlerins étaient allongés sur un podium surélevé, qui entourait un pavement de mosaïque à motifs géométriques. La fouille a permis de dégager sur une grande longueur les fondations des murs extérieurs Est et Nord, ainsi que celles des murs Est et Nord du podium. Le plan du portique Nord est désormais entièrement connu (fig. 1). Il s’étend sur toute la largeur de l’espace du sanctuaire (62,50 x 12,50 m). 26 m2 de pavement mosaïqué supplémentaires, en excellent état de conservation, ont également été mis au jour.   Si ces résultats étaient attendus, la fouille a néanmoins réservé des surprises. En effet, des fragments architecturaux avaient été remployés dans les fondations des murs du podium. Ils comprenaient, outre des colonnes doriques en calcaire, des fragments d’un monument votif tout à fait original, dont le type évoque l’architecture nabatéenne de Petra et d’autres sites (fig. 2). Les bâtiments du sanctuaire romain qui subsistent aujourd’hui ont été construits à la fin du Ier ou au début du IIe s. apr. J.-C. Les nouvelles découvertes montrent qu’il existait des constructions antérieures, de la fin de la période hellénistique ou du début de la période romaine. Elles témoignent d’influences proche-orientales, thème de recherche qu’il serait intéressant d’approfondir.

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Les travaux, dirigés par W. Daszewski, ont porté cette année sur l’aile Ouest de la Villa de Thésée, la Maison hellénistique, la Maison du début de l’époque romaine et la Maison d’Aion. Les fouilles ont duré plus longtemps que les années précédentes en raison du projet de couverture d’une bonne partie du site : il a fallu explorer les endroits où doivent être implantés les supports du toit. Quatre zones se sont révélées particulièrement intéressantes. Partie Nord de la Maison d’Aion. - Les fouilles ont mis en évidence, à peu près au même niveau, de nombreuses constructions successives, qui datent de la fin de la période hellénistique à l’époque romaine tardive et qui ont révélé des changements dans le plan et la fonction de l’édifice. Deux citernes, édifiées au cours de la phase la plus ancienne, ont été utilisées jusqu’au IVe s. apr. J.-C., avec seulement des modifications dans le réseau des conduites d’eau. On a également dégagé un ensemble de pièces, d’agencement différent selon les périodes, qui ont livré de nombreux sols successifs. Rue B, au Sud de la Maison d’Aion. - On a dégagé une portion supplémentaire du grand égout central d’époque hellénistique (fig. 1). Dans certains endroits, les plaques de couverture étaient encore en place, dans d’autres, la canalisation avait été très endommagée par des constructions postérieures. Le même égout avait été mis en évidence au cours des campagnes précédentes, dans des zones relativement éloignées, notamment à l’Ouest de la Maison d’Orphée. Son tracé à l’Est n’est pas encore assuré. Il est possible que l’égout fasse un décrochement, peut-être vers le Nord. Lors d’une phase postérieure, qui correspond au moment de la construction de la Maison d’Aion, une canalisation en terre cuite a été installée à un niveau plus élevé de la rue. Zone entre la Maison du début de l’époque romaine et la Villa de Thésée. - Entre la pièce 1 de la Maison du début de l’époque romaine et la pièce 44 de la Villa de Thésée, la fouille a révélé un mur écroulé. Il s’agit d’un mur Nord de la Maison du début de l’époque romaine. Dans sa partie supérieure, ce mur avait conservé son enduit de plâtre, peint de façon à imiter des panneaux d’applique en marbre. Au-dessous, se trouvaient d’autres murs, antérieurs, d’orientation Nord-Sud ; au-dessus, des vestiges du mur de clôture d’époque romaine tardive qui fermait le Sud de la Villa de Thésée et dont on avait déjà retrouvé des portions. Maison hellénistique. -  Au Nord et à l’Ouest de la pièce 20 de la Maison hellénistique, un sondage de 1,90 m de profondeur a mis en évidence une série de constructions antérieures, difficiles à interpréter dans leur état actuel de dégagement (fig. 2). Elles comprennent une entrée, bouchée, qui menait à des pièces plus au Nord, et des piliers faits de gros blocs. Entre ces derniers, on a découvert un grand dépôt d’amphores, de vaisselle de verre et des lampes. La partie Ouest, qui représentait à l’origine le portique Nord qui fermait la cour Ouest, plus petite, de la Maison hellénistique, menait à une très grande citerne, placée dans la cour et à laquelle on accédait par des couloirs souterrains et des escaliers à plafond voûté. Parmi les découvertes, mentionnons une tête féminine en terre cuite coiffée d’une sorte de calathos et voilée, une tête à couronne isiaque, un Éros, une plaque figurant des enfants en train de danser et de jouer de la musique (fig. 3), un ensemble de poids en plomb (fig. 4), des fragments de sculptures en marbre, dont une tête de déesse (fig. 5), de nombreuses lampes moulées (surtout du Ier s. apr. J.-C.) et un petit fragment de perle en or.

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Une nouvelle campagne de fouille a eu lieu en 2007 sur le site du sanctuaire d’Apollon à Toumbalos (Garrison’s Camp), sous la direction de Filippo Giudice (Université de Catane). Les travaux sur le terrain étaient supervisés par Giada Giudice. Les fouilles ont porté sur deux secteurs : Le sanctuaire hypogée. - Un grand sondage a été implanté devant la paroi rocheuse dans laquelle le sanctuaire hypogée est taillé, entre la pièce rectangulaire et la petite pièce rupestre précédée d’un mur de gros blocs qui avaient été dégagées lors de la campagne précédente. Il a mis en évidence que la paroi rocheuse descend verticalement jusqu’à atteindre une couche horizontale du rocher (fig. 1). Un bloc rectangulaire, maintenu par une couche de mortier, s’appuie contre le rocher. La fouille s’est arrêtée au niveau d’une épaisse couche de remblai, seulement en partie dégagée. Elle renfermait notamment un petit vase en verre presque intact. - Un autre sondage a exploré un terrain récemment exproprié par le Département des Antiquités, sur le côté Sud-Ouest de la domus paléochrétienne qu’on avait fouillée lors des campagnes précédentes. La fouille, menée depuis le sol d’usage à l’intérieur de l’hypogée jusqu’à une profondeur de 1,28 m, a commencé à livrer du matériel des périodes hellénistique et romaine, ce qui suggère qu’il n’existe pas à cet endroit de niveaux postérieurs. À l’extérieur, au Nord-Ouest de l’hypogée, on a dégagé des pièces entourées de gros blocs, de toute évidence remployés. À l’intérieur de l’une d’entre elles, dans une sorte de petit canal qu’on n’a exploré qu’en partie, on a recueilli une lampe, une petite assiette en verre intacte et un trésor constitué de plus de 100 monnaies de bronze (fig. 2). La basilique paléochrétienne. - La face Nord du mur méridional a été dégagée. La fouille, conduite jusqu’à un sol d’usage qui correspond à celui découvert lors des années précédentes, a livré de nombreuses monnaies de bronze. Enfin, le nettoyage de la fosse funéraire (?) qui avait été localisée à l’Ouest de la petite abside de la basilique, a montré que la structure avait été construite à partir du niveau du rocher du sanctuaire païen. Dans deux fissures de la roche, on a récupéré deux monnaies qui y avaient été insérées, sans doute à dessein.

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Une nouvelle campagne de fouilles a eu lieu en juillet 2007, sous la direction de Craig Barker et Smadar Gabrieli (Université de Sydney). Les recherches se sont concentrées sur la zone de la parodos orientale. Deux sondages (07A et 07B) ont été implantés à l’extrémité Est du théâtre. Le sondage 07B suivait le tracé du mur d’analemma vers l’Est, sous la surface de la route moderne, afin de déterminer l’emplacement originel de l’entrée orientale du théâtre. Cette zone a été très perturbée à l’époque contemporaine, notamment à cause de l’installation de conduites d’eau. La fouille n’a pas atteint les niveaux de la période romaine, mais elle a mis en évidence un réseau dense d’au moins sept citernes (fig. 1). Les citernes sont enduites de chaux, vraisemblablement obtenue à partir des colonnes du théâtre qui avaient été jetées dans la parodos orientale. Cet ensemble a pu appartenir à des tanneries, et il date probablement de la période post-médiévale. Il complète ainsi les données concernant les activités industrielles, agricoles, commerciales et semi-commerciales qui se déroulaient dans la zone de Fabrica aux périodes médiévale et post-médiévale. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour dégager les installations en extension et asseoir leur chronologie. Le sondage 07A a été implanté immédiatement au Sud d’un décrochement de la parodos orientale, localisé en 2004. Il visait à révéler les dimensions des fondations de la plateforme antonine qui supportait une voûte au milieu du IIe s. apr. J.-C. L’angle de la plateforme avait été découvert en 2004. Malgré les dommages causés par les installations contemporaines, on avait immédiatement reconnu qu’il s’agissait d’une structure monumentale, rendue nécessaire par l’addition de nouveaux sièges au cours de la réfection du théâtre à l’époque antonine. Comme attendu, la plateforme est de grandes dimensions (2,50 x 17 m). On a localisé l’angle Est, qui a été coupé par des installations médiévales ou post-médiévales. Le sondage 07A visait également à localiser l’entrée Sud de la parodos, dont on pensait qu’elle devait se trouver contre la rue antique, située au Sud du théâtre et d’orientation Est-Ouest (le théâtre lui-même suit une orientation légèrement différente). Les fouilles ont, de fait, révélé une entrée depuis le Sud, dont la surface a été très endommagée par des installations postérieures. La découverte d’un mur monumental de blocs de calcaire de plus d’1 m de large a constitué une surprise (fig. 2). Tel qu’ils apparaissent actuellement, il s’agit des murs Nord et Ouest d’une structure d’orientation Est-Ouest, parallèle à la rue antique. Elle faisait environ 5 m de large et la portion dégagée s’étend sur 17 m vers l’Est. Comme le mur, contrairement au théâtre, est d’orientation Est-Ouest, le tracé de la plateforme antonine a été modifié, ce qui prouve que la structure est au moins antérieure au IIe s. apr. J.-C., et plus probablement hellénistique. Des fouilles sont encore nécessaires pour déterminer ses dimensions et sa fonction, mais il semble s’agir d’un bâtiment public, sis près de la porte Nord-Est de la cité, peut-être une stoa. De même, de nouvelles investigations permettront de mieux comprendre la façon dont le public entrait et sortait du théâtre lors des représentations, ainsi que l’urbanisation de ce quartier situé au Nord-Est de l’ancienne cité de Paphos. Un troisième sondage (07C) a permis d’achever le dégagement des fondations du mur du proscenium (IIe s. apr. J.-C.). Malheureusement, beaucoup de pierres ont été enlevées lorsque le théâtre a été utilisé comme carrière au Ve s., après l’abandon du théâtre. La ligne générale du bâtiment de scène et du bord de l’orchestra est toutefois connue par les fouilles menées plus à l’Ouest et à l’Est. Comme on s’y attendait, le sondage 07C a révélé une nouvelle portion de la canalisation du IIe s. qui alimentait en eau les fontaines placées à l’avant de la scène, ainsi que le prolongement de la façade du bâtiment d’époque antonine, que l’on avait dégagé plus à l’Ouest. Peu d’informations nouvelles sont apparues dans ce sondage, qui a confirmé l’existence d’au moins cinq grandes phases de reconstructions antiques, qu’il s’agisse de restaurations après des tremblements de terre ou de modifications liées aux changements de modes. Le bâtiment de scène et l’orchestra ont été désormais presque entièrement fouillés, et remblayés en grande partie pour assurer leur conservation. La cavea a été bien dégagée. Seule l’exploration des parodoi nécessite d’être poursuivie. Parallèlement aux fouilles, l’enregistrement du matériel, en vue de la prochaine publication de 10 années de fouilles dans le théâtre de Paphos, a progressé. L’accent a porté cette année sur les fragments architecturaux, notamment en marbre.

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Une équipe d’archéologues australiens, sous la direction de David Frankel et Jennifer Webb (La Trobe University, Melbourne), a mené une campagne de fouilles sur le site chalcolithique de Politiko-Kokkinorotsos (3500-2500 av. J.-C.). Une exploration en extension de la zone au cours des mois d’avril et de mai a permis de dégager trois fosses circulaires, caractéristiques de la période. À proximité, on a également fouillé une cavité naturelle profonde, remplie de pierres, de céramique et d’ossements. Environ 54 000 tessons ont été ramassés (leur poids dépasse une tonne), ainsi que de nombreux objets en pierre. L’étude des ossements révèle que les habitants de la région chassaient le cerf (l’espèce disparaît de l’île vers 1000 av. J.-C.) et qu’ils élevaient des moutons et des chèvres. Jusqu’alors, la période chalcolithique n’était documentée que par des sites localisés dans le Sud-Ouest de Chypre. Les recherches menées à Politiko montrent qu’il existait à cette époque de grandes différences, à la fois dans le matériel et dans l’organisation économique des communautés, entre les différentes régions de l’île.

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Au cours de l’été 2007, une mission de fouilles a eu lieu sur le site de l’Âge du Bronze de Politiko-Troullia, sous la direction de Steven Falconer et Patricia Fall (Arizona State University). Le site est localisé à environ 25 km au Sud-Ouest de Nicosie, sur les premiers contreforts, riches en gisements de cuivre, du Troodos.   Les recherches menées cette année ont permis de collecter de nombreux renseignements concernant cet établissement de l’Âge du Bronze (vers 2000 av. J.-C.), qui a précédé la ville antique de Tamassos. On a dégagé plusieurs unités d’habitations qui ont révélé que les habitants pratiquaient un élevage et une agriculture intensifs, qu’ils travaillaient le cuivre et le bronze et qu’ils possédaient une technique céramique remarquable. Les trouvailles datent du Bronze Moyen, c’est-à-dire de la période antérieure à l’apparition des villes à Chypre, qui a lieu au cours du Bronze Récent. Les recherches poursuivies à Politiko-Troullia permettent de mieux connaître ces communautés qui ont immédiatement précédé, et préparé, l’éclosion de la civilisation urbaine chypriote.

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La cinquième campagne à Pyla était dirigée par William Caraher (University of North Dakota), R. Scott Moore (University of Indiana, Pennsylvannie) et David K. Pettegrew (Messiah College), en collaboration avec Maria Hadjicosti (Département des antiquités). L’équipe comprenait également des membres des universités de Floride, d’Édimbourg et du Bryn Mawr College. Une prospection géophysique, conduite par Michael Brown (Université d’Édimbourg) et David Hunt (Limassol), a couvert une surface de 20000 m2, sur les sites de Pyla-Koutsopetria et Pyla-Kokkinokremnos. Les résultats préliminaires ont révélé l’existence d’un grand nombre de vestiges architecturaux sur les deux sites. Une prospection intensive pédestre, sur environ 30 hectares, visait à déterminer l’extension des sites de Kokkinokremnos (Bronze Récent) et Koutsopetria (époque romaine tardive). Elle a permis de localiser notamment de remarquables vestiges construits, aussi bien sur la colline de Vigla que sur celle de Kokkinokremnos. On a, par ailleurs, poursuivi l’inventaire des trouvailles collectées lors des campagnes des trois dernières années et l’étude des enduits peints et des reliefs en plâtre découverts lors des fouilles de Maria Hadjicosti à Pyla-Koutsopetria en 1993 et 1999.

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La troisième campagne de fouilles à Souskiou-Laona, sous la direction d’Edgar Peltenburg (Lemba Archaeological Research Centre/Université d’Édimbourg), a duré quatre semaines en mars-avril 2007. Le site de Souskiou, près de Palaepaphos, est connu pour ses nécropoles, les plus anciennes de Chypre (vers 3000 av. J.-C.). Les résultats des premières fouilles menées dans le cadre de ce programme ont été publiés [1].   L’habitat est situé sur un flanc de colline. Nous avons pu montrer cette année que les habitants du Chalcolithique implantaient des séries de structures sur des terrasses aménagées, et qu’il ne s’agissait donc pas de constructions individuelles sur des plateformes. Contrairement à ce qu’on supposait, les vestiges étaient bien conservés sur la face interne de ces terrasses. Certains ensembles étaient même préservés en extension. C’est le cas du bâtiment 604, sur le plateau inférieur (fig. 1). Le plan de la maison apparaît clairement : elle possède un sol à dépression centrale, noirci et rougi en raison de la présence d’un foyer circulaire posé sur une plateforme, entouré d’une banquette large à parement de pierres. Elle servait sans doute de lieu de travail et de couchage. Le plan circulaire est bien connu à Chypre au Chalcolithique. Pour des raisons qui nous échappent, le tracé de la banquette n’est pas concentrique avec celui du mur.   Pour la première fois, des tombes ont été découvertes dans l’habitat, ce qui suscite des questions concernant les pratiques funéraires : quelles étaient les raisons qui conduisaient à choisir une inhumation intra-muros ou dans une nécropole séparée ? Trois enfants et un adulte avaient été déposés dans des fosses sous le bâtiment 648, situé au sommet de la colline (fig. 2). Ce bâtiment se distingue des autres, non seulement en raison de la présence des inhumations, mais aussi à cause de son appareil soigné, sans équivalent ailleurs, fait de pierres plates de calcaire soigneusement superposées. L’espace intérieur était vide de matériel et d’aménagements, ce qui est tout à fait inhabituel pour un bâtiment du Chalcolithique. Les enfants ont été inhumés alors que le bâtiment était en usage ; l’adulte a été déposé dans une fosse remplie de grosses pierres, postérieure à son abandon. Sa tête dépassait des pierres qui avaient été posées directement sur son torse. Vu le bon état de conservation du crâne, les pierres de remplissage de la fosse ont dû être placées avec soin.   Les prospections systématiques se sont poursuivies afin d’obtenir des informations sur la taille des figurines cruciformes et des pendentifs en picrolite, qui étaient probablement destinés aux nécropoles adjacentes. Les déchets de taille sont disséminés sur l’ensemble de l’habitat, ce qui montre que la production n’était pas cantonnée à un atelier ou à un quartier artisanal. La découverte de nouvelles plaques de matériau brut indique qu’on ne se contentait pas des galets charriés par la rivière Kouris, mais qu’on extrayait également la picrolite de veines prises dans la serpentinite. Il est possible que l’augmentation de la consommation à Souskiou ait entraîné la recherche et le débitage de pièces plus grandes que celles que pouvaient fournir les galets de rivière.   [1] E. Peltenburg et al., « Investigations at Souskiou-Laona Settlement, Dhiarizos Valley, 2005 », RDAC 2006, p. 77-105.  

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Conservation et restauration de monuments   De nombreux monuments, inscrits sur les tableaux A et B de l’inventaire du patrimoine, ont été restaurés au cours de l’année dans les zones libres de l’île, dans les villes comme dans des zones rurales reculées. Le contrôle des habitations traditionnelles a été intensifié et un grand nombre de monuments d’époque récente ont été restaurés en collaboration avec les autorités locales et avec l’appui du secteur privé. La restauration des monuments religieux a bénéficié de l’aide des autorités ecclésiastiques et de la Fondation A. G. Leventis. Le plan général d’embellissement et de mise en valeur des grands sites archéologiques a progressé. À Kato Paphos, les fouilles des vestiges inclus dans le parc archéologique se sont poursuivies, afin de préparer la mise en place de couvertures de protection sur les sols mosaïqués des Maisons de Thésée, Aion et Orphée. À Kourion, après l’achèvement de la mise en valeur du site, on a procédé cette année à l’amélioration de la zone de stationnement et des travaux de restauration ont débuté. À Amathonte, les différentes études environnementales préparatoires à la mise en valeur du site ont progressé, à partir des plans élaborés par l’École française d’Athènes. Les autres sites archéologiques et monuments ont bénéficié de travaux de mise en valeur : installation de clôtures et d’éclairages, aménagement d’accès pour les personnes à mobilité réduite. En collaboration avec la Force de Paix des Nations Unies à Chypre (Action for Cooperation and Trust in Cyprus), on a entièrement restauré la petite chapelle de Saint-Néophyte qui se trouve dans le no man’s land, près du village frontalier de Troulloi (district de Larnaca). Dans le cadre de différents programmes européens, la plupart des façades des maisons traditionnelles du centre de Pano Lefkara ont été nettoyées (RehabiMed), et on a restauré et mis en valeur l’aqueduc médiéval d’Agia Napa (INTERREG IIIA Grèce-Chypre). La protection de dix églises peintes à toit de bois du Troodos, inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco, a progressé, avec la mise en place de systèmes onéreux de détection et de protection contre les incendies, ainsi que d’alarmes.   Sites archéologiques Les travaux ont porté sur les grands sites visités de l’île (Amathonte, Kourion, Khirokitia, Tamassos, Pegeia-Agios Georgios), sur d’autres où les fouilles sont achevées (Alassa, Kalavasos, Maroni, Hala Sultan Tekke, Paralimni-Nissia, etc.) ainsi que sur d’autres encore où les fouilles continuent (Idalion, moulin médiéval de Kolossi, colline d’Agios Georgios et site de l’ancienne mairie à Nicosie). Des mosaïques ont été restaurées dans l’ensemble de l’île.   Monuments anciens   NICOSIE À Nicosie : la Porte de Famagouste, la salle médiévale connue sous le nom de Kastelliotissa (près de la Porte de Paphos), les bâtiments de l’ancien archevêché, l’église d’Agios Dometios. Dans le district de Nicosie : l’église de la Panagia Chryseleousa à Geri, l’église de la Theotokos à Kakopetria, l’église d’Agios Georgios à Kalo Chorio-Klirou, l’église de l’Archange à Kalopanagiotis, l’église d’Agios Georgios à Kambia, l’église d’Agia Eirini à Agia Eirini Kannavion, l’église de la Panagia à Korakou, l’église d’Agia Marina à Linou, l’église de l’Archange Michel à Platanistasa, l’église d’Agios Georgios Lambrophoros à Phlasou, l’église de la Panagia Chrysopantanassa à Palaichori, le monastère d’Agia Thekla à Mosphiloti.   LARNACA   À Larnaca : la restauration du minaret endommagé par un tremblement de terre de la mosquée Kebir s’est poursuivie. Dans le district de Larnaca : l’église d’Agioi Anargyroi à Agioi Vavatsinias, l’église d’Agios Antonios à Kellia, le monastère d’Agios Minas à Vavla. Dans le district de Famagouste : le monastère d’Agia Napa à Agia Napa, l’église d’Agia Marina à Avgorou. Dans le district de Limassol : l’église de l’Archange Michel à Agios Ioannis tou Agrou, l’église de l’Archange Michel à Direona, l’église (transformée en mosquée) d’Agios Georgios à Episkopi, l’église de l’Archange Michel à Kellaki, l’église d’Agios Sergios et Vakchôn à Kissousa, l’église de la Sainte-Croix à Kouka, l’iconostase de l’église de la Panagia à Phoinikaria, l’église d’Agios Demetrios à Agios Demetrios, l’église d’Agios Georgios à Kaminaria. Dans le district de Paphos : l’église d’Agios Georgios à Petridia près d’Emba, l’église d’Agia Paraskevi à Geroskipou, l’église d’Agia Marina à Kato Akourdalia, l’église (transformée en mosquée) de Sainte-Sophie à Paphos, l’église (transformée en mosquée) d’Agia Aikaterini à Peladousa, l’église d’Agios Nicolaos à Polis Chrysochous, l’enkleistra d’Agios Neophytos à Tala, le gynécée et les peintures murales du monastère de la Chrysorrogiatissa à Panagia.   Restauration de peintures murales et de sculptures sur bois Dans le district de Nicosie : Restauration de peintures et de sculptures en bois : églises d’Agioi Ioakim et Anna à Kalliana, d’Agios Georgios à Lazania, d’Agioi Varnavas et Hilarion à Peristerona. Restauration de peintures murales : églises d’Asinou, de la Panagia Podithou à Galata, d’Agios Nicolaos tis Stegis à Kakopetria, de l’Archange Michel à Pedoulas, de la Panagia à Moutoullas. Dans le district de Larnaca : Restauration de peintures murales : églises d’Agia Marina à Psemmatismenos, d’Agios Antonios à Kellia, de la Sainte-Croix à Pano Lefkara, d’Agios Neophytos dans le no man’s land près de Troulloi. Restauration de l’iconostase de l’église de la Panagia à Vavatsinia. Dans le district de Famagouste : Restauration des peintures murales des églises d’Agia Marina à Avgorou, d’Agios Georgios à Paralimni, de la Transfiguration du Sauveur à Sotira.

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Conservation et restauration de monuments   De nombreux monuments, inscrits sur les tableaux A et B de l’inventaire du patrimoine, ont été restaurés au cours de l’année dans les zones libres de l’île, dans les villes comme dans des zones rurales reculées. Le contrôle des habitations traditionnelles a été intensifié et un grand nombre de monuments d’époque récente ont été restaurés en collaboration avec les autorités locales et avec l’appui du secteur privé. La restauration des monuments religieux a bénéficié de l’aide des autorités ecclésiastiques et de la Fondation A. G. Leventis. Le plan général d’embellissement et de mise en valeur des grands sites archéologiques a progressé. À Kato Paphos, les fouilles des vestiges inclus dans le parc archéologique se sont poursuivies, afin de préparer la mise en place de couvertures de protection sur les sols mosaïqués des Maisons de Thésée, Aion et Orphée. À Kourion, après l’achèvement de la mise en valeur du site, on a procédé cette année à l’amélioration de la zone de stationnement et des travaux de restauration ont débuté. À Amathonte, les différentes études environnementales préparatoires à la mise en valeur du site ont progressé, à partir des plans élaborés par l’École française d’Athènes. Les autres sites archéologiques et monuments ont bénéficié de travaux de mise en valeur : installation de clôtures et d’éclairages, aménagement d’accès pour les personnes à mobilité réduite. En collaboration avec la Force de Paix des Nations Unies à Chypre (Action for Cooperation and Trust in Cyprus), on a entièrement restauré la petite chapelle de Saint-Néophyte qui se trouve dans le no man’s land, près du village frontalier de Troulloi (district de Larnaca). Dans le cadre de différents programmes européens, la plupart des façades des maisons traditionnelles du centre de Pano Lefkara ont été nettoyées (RehabiMed), et on a restauré et mis en valeur l’aqueduc médiéval d’Agia Napa (INTERREG IIIA Grèce-Chypre). La protection de dix églises peintes à toit de bois du Troodos, inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco, a progressé, avec la mise en place de systèmes onéreux de détection et de protection contre les incendies, ainsi que d’alarmes.   Monuments récents   NICOSIE À Nicosie : la maison de maître de la rue Axiothea, l’aqueduc ottoman (portion qui se trouve près de la Porte de Famagouste), l’ancien asile près de la porte de Famagouste, les maisons incluses dans le périmètre de l’église d’Agios Kassianos. Dans le district de Nicosie : les maisons se trouvant sur la parcelle 693 (rues Khani et Mestana) à Athienou, le caranvasérail de Kaliana, l’ancienne station de chemins de fer d’Evrychou, les bains médiévaux de Sia, les maisons de la parcelle 489 et la maison L. Christodoulou sur la parcelle 461 à Galata, les maisons A. Michaelides (parcelle 489), E. Ioannou et A. Evdokimou (parcelle 853), les maisons Lemonares (parcelles 463, 481 et 468), la maison Chr. Chrysanthou (parcelle 567) et l’ancien pressoir à vin (parcelle 461) à Kakopetria, les maisons E. Vasileiadou, les maisons sur les parcelles 701 et 717 et la maison Lavrentiou à Kalopanagiotis, la maison V. Vasiloudes (parcelle 197), M. Symeonidou et l’ancien lycée de jeunes filles à Pera Oreinis, les maisons Katsiniorou et A. Dimitres (Musée des traditions rurales local) à Phikardou, la maison St. Perdikes (parcelles 65 et 64) à Agios Ioannis Malountas.  LARNACA À Larnaca : le club de Larnaca, les bâtiments monastiques de l’église de Saint-Lazare, la mosquée Zuhur. Dans le district de Larnaca : le musée local des traditions rurales de Kato Drys, la maison Th. Patsalou (Musée de la dentelle et du travail de l’argent de Lefkara), la maison A. Koumides (parcelle 497), la maison A. Savidou, la maison sise sur la parcelle 569, la maison N. Patsalou (parcelle 420) à Pano Lefkara. À Lefkara, dans le cadre du Programme de l’Union Européenne RehabiMed (Euromed Heritage III), a été réalisé le projet pilote « restauration d’une zone urbaine » sur une portion de la rue Timiou Stavrou. Le projet, soutenu financièrement par l’Union Européenne et l’Agence de Coopération Espagnole, comprenait la restauration et la mise en valeur de façades, le pavement de la rue et l’installation de bancs.  LIMASSOL À Limassol : l’ancien réservoir (havousa) d’Agios Georgios. Dans le district de Limassol : l’ancienne école technique de Prasteio Avdimou, le pont sur le Kryos Potamos à Koilani.  PAPHOS Dans le district de Paphos : les peintures murales de tradition populaire de la maison connue sous le nom de « Casino » à Kritou Tera.

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