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Dernières notices ajoutées par région : Chypre
Des tombes, pour la plupart pillées, ont été fouillées cette année dans la ville et dans le district de Nicosie. Nous présentons ci-dessous quelques-unes des trouvailles les plus importantes.   Lors du creusement des fondations d’un bâtiment, à Aghia Paraskevi, une tombe du Bronze Moyen (n° 36) a été découverte (2006/VIII-28/3). Bien que pillée, elle a livré un ensemble intéressant d’offrandes en bronze, notamment : trois épingles à tête petite (T. 36/71, haut. 27,2 cm, fig. 1 et 2 ; T. 36/72, haut. 15,7 cm, fig. 3 et 4 ; T. 36/3, haut. 6,6 cm, fig. 5 et 6) ; une épingle à tête nouée (« knotheaded »), d’un type rare, qui n’est pas sans ressembler à des exemples contemporains provenant d’Europe centrale et occidentale [1] (T. 36/38, fig. 7 et 8) ; un rasoir (T. 36/96 ; long. 11 cm ; fig. 9 et 10). [1] Cf. P. Flourentzos, « The so-called “Cypriot pin” in the Near East and Europe », Archeologické Rozhledy 30 (1978), p. 408 ; id., « Cyprus and Europe Possible Connections during the Bronze Age », in V. Karageorghis (éd.), Acts of the International Archaeological Symposium “Cyprus between the Orient and the Occident” (1986), p. 217-222, pl. XII.

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Dans la zone où se construit le nouvel aéroport de Larnaca, des travaux de terrassement ont mis au jour une tombe intacte du Chypro-Archaïque I (T. 61 = ΜΛΑ 1889). On y a notamment recueilli : un bol Grey Polished de type phénicien (T. 61/13 ; haut. 4,4 cm ; diam. 10,8 cm ; fig. 1) ; un cruchon de même fabrique[1] (T. 61/23 ; fig. 2) ; une figurine de terre cuite d’un type exceptionnel. Elle représente un personnage trônant, en train de boire dans une coupe hémisphérique (T. 61/7 ; haut. 10,4 cm ; larg. 5,1 cm ; fig. 3 et 4). Le trône comme le personnage portent un riche décor peint en noir et rouge.

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On a repêché au large d’Aghia Napa (district de Famagouste) une amphore à corps en tonneau (MΛA 1885 ; haut. 83,5 cm ; fig. 1), datée du Haut Empire (Ier s. av.-Ier s. apr. J.-C.).

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Dans le village de Dromolaxia, le percement d’une route conduisant au nouvel aéroport a révélé une tombe particulièrement intéressante (MΛA 1886), datée du Bronze Récent. Bien que pillée, elle a livré : une lame de scie courbe en bronze (T. 59/3 ; long. 29,5 cm ; larg. max. 4,5 cm ; fig. 1 et 2) ; un cratère White Painted Wheelmade (T. 59/51 ; haut. 22,2 cm ; diam. 22 cm ; fig. 3) ; une jarre à étrier mycénienne IIIA:2 décorée de spirales (T. 59/31 ; fig. 4) ; deux jarres mycéniennes à trois anses (T. 59/34, fig. 5 et T. 59/58, fig. 6) ; une cruche White Painted (T. 59/18 ; fig. 7).       [1] Des vases semblables ont été recueillis lors des fouilles de Kition : cf. V. Karageorghis, Kition (1976), pl. XVII.

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Trois tombes ont été fouillées cette année dans la nécropole Ouest d’Amathonte (n° 801, 802 et 805). La tombe 801 (LM 2062) était pillée. On y a recueilli, entre autres, une tête féminine en calcaire, fragmentaire, portant un voile. Elle date de la période hellénistique (T. 801/1 ; haut. 20,5 cm ; fig. 1 et 2).   De la tombe 802 (LM 2063) provient une amphore miniature sans décor, d’un type rare (T. 802/17 ; haut. 20,1 cm ; fig. 3).   Dans la tombe 805 (LM 2066), pillée, on a découvert : un skyphos rhodien importé[1] (T. 805/19 ; fig. 4) ; un scarabée de faïence portant des signes égyptiens (T. 805/59 ; fig. 5 et 6) ; un amphorisque en verre polychrome d’un type rare (T. 805/64 ; haut. 8 cm ; fig. 7).   [1] Les skyphoi de ce type ne sont pas rares dans les nécropoles archaïques de Chypre : cf. E. Gjerstad, Greek Geometric and Archaic Pottery Found in Cyprus (1977), pl. VI-VII.

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On a fouillé une tombe (LM 2186) dans la nécropole du Bronze Ancien, localisée depuis longtemps à Erimi. Elle a livré, entre autres céramiques, un grand bol Red Polished (T. 57/28 ; fig. 1).

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Dans l’ensemble du district de Paphos, un bon nombre de tombes, pour la plupart pillées, ont été fouillées. On mentionnera notamment la tombe ΜΠ 3712, de Pegeia-Zalakiotissa. Découverte intacte, elle date du Chypro-Archaïque II. On y a recueilli : une imitation chypriote de coupe ioniennne (ΜΠ 3712/24 ; haut. 6,9 cm ; diam. 10,9 cm ; fig. 1) ; une cruche décorée, sur la partie antérieure de la panse, d’une fleur stylisée (ΜΠ 3712/5 ; fig. 2).

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À Kato Paphos-Pharos, une tombe hellénistique a livré une bague en argent (ΜΠ 3715 ; fig. 1).

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À Palaepaphos, on a fouillé une tombe pillée, d’époque paléochrétienne (RRKM 493). On y a recueilli une paire de boucles d’oreilles en or, datables de la période protobyzantine [1] (VIe-VIIe s. apr. J.-C.) (T. 181/1+3 ; diam. 2,5 cm ; fig. 1). [1] A. Pieridou, Jewellery in the Cyprus Museum (1970), pl. XXXVIII.

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En mars, on a découvert un sarcophage exceptionnel dans une tombe pillée (n° 176) de Palaepaphos-Kato Alonia (fig. 1 et 2). Il porte, en bas-relief, des représentations inspirées des poèmes homérique.  

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À Peristeries, on a exploré deux tombes datant des premières phases de la période hellénistique I. Dans la tombe MMA 636, on a recueilli : un encrier de bronze avec anse et réservoir, trouvaille exceptionnelle (MMA 636/59 ; haut. 6,2 cm ; diam. 6,4 cm ; fig. 1) ; une amphore White Painted VII d’un type rare, à anses fixées sur l’épaule et décor de lierre (MMA 636/25 ; haut. 21,3 cm ; diam. 10,6 cm ; fig. 2) ; une cruche remarquable, de fabrique Polychrome Ware, avec, en applique sur le col, un groupe de terre cuite représentant un couple s’étreignant[1] (MMA 636/26 ; haut. 33,5 cm ; diam. 6,5 cm ; fig. 3 et  fig. 4). Le décor est réalisé en bleu vif, rose, noir et rouge, autant de teintes exceptionnelles qui évoquent les couleurs adoptées par plusieurs productions italiotes à peu près contemporaines (vases de Canosa). De la tombe MMA 632 provient un bol profond, d’un type rare, décoré de rameaux d’olivier (MMA 632/10 ; haut. 7,1 cm ; diam. 16,7 cm ; fig. 5 et 6).   [1] Fr. Vandenabeele, Figurines on Cypriote Jugs Holding an Oinochoe, SIMA 120 (1998), p. 196-204.

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Au lieu-dit Aghios Dimitrios, on a exploré en partie une nécropole datant des époques chypro-classique et hellénistique, qui avait été pillée plus anciennement. Plusieurs découvertes sont notables : Dans la tombe MMA 643, on a découvert une stèle funéraire portant, en haut, une scène avec cavalier (fragmentaire) et, au registre inférieur, une représentation de femme, vêtue d’un chitôn qui lui descend jusqu’aux pieds, et tenant des offrandes dans les mains (MMA 643/15 ; haut. 49,5 cm ; larg. 24,4 cm ; fig. 1). Deux autres stèles funéraires, en calcaire, portent une inscription en écriture chypro-syllabique. Nous présentons ici la stèle MMA 639/2 (haut. 14 cm ; long. 68,5 cm ; fig. 2-4) : des traces de pourpre subsistent dans le creux des signes gravés. La tombe MMA 642 a livré deux élégants alabastres en albâtre égyptien (fig. 5 - 6). Le premier (MMA 642/4 ; haut. 14,2 cm) possède une forme originale. Le second (MMA 642/ ? ; haut. 17,2 cm) illustre le type commun, à deux anses fixées sous l’épaule. De la même tombe provient une bague en or dont le chaton est peut-être en cristal de roche (MMA 642/ ?; diam. 2,3 cm ; fig. 7).

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Le programme de prospection des ports antiques du golfe d’Akrotiri (Dreamer’s Bay) a commencé cette année, sous la direction de J. L. Leonard (Lake Forest College) et de D. A. Parks (Brock University), avec une première exploration de la zone comprise dans les limites de la base britannique d’Akrotiri, et plus particulièrement de la partie Sud de la péninsule. Il s’agissait d’inventorier les vestiges anciens visibles, à l’aide de méthodes photographiques et cartographiques. La zone avait fait l’objet d’études antérieures, sous la direction de J. L. Leonard et de St. Demesticha (Université de Chypre).   Seize sites ont été inventoriés le long de la côte, dont certains étaient déjà connus —notamment deux entrepôts de grandes dimensions à subdivisions internes, et huit tronçons de murs qui appartenaient peut-être à d’autres entrepôts. D’autres ont été repérés pour la première fois : des résidences de bord de mer ou bien d’autres bâtiments portuaires.   On a également localisé une carrière du côté Sud du golfe. On y a découvert des traces de roues de charrettes ainsi qu’une rampe de terre, élevée dans l’Antiquité le long du rocher, juste sous la carrière. À la surface supérieure de la rampe, on observe des traces laissées par les cordes qui servaient à descendre les blocs de la carrière à la mer.   Une autre structure antique (de plan carré et située à environ 1 m sous la surface, avec une entrée, un seuil et au moins deux marches) a été repérée à l’intérieur des terres, sur une petite colline.   Une prospection sous-marine a également permis de localiser des pierres équarries, de la céramique antique et des blocs épars de grandes dimensions, à une profondeur de 2-3 m, non loin de la rampe de terre mentionnée plus haut. Toute la zone a été cartographiée à l’aide d’une grille, qui servira lors de l’étude topographique des trouvailles par secteur et lors de fouilles systématiques. Les deux bâtiments les plus grands ont fait l’objet de relevés précis et les contours des autres vestiges construits ont été reportés sur le plan. C’est la première fois qu’on établit une carte générale de la région à cette échelle.   Plusieurs bâtiments, le long de la côte ou sur la falaise, datent de la période protobyzantine. Sur le rocher qui surplombe le port, il semble s’agir de demeures, qui avaient vue sur la mer et sur la campagne environnante. Le nettoyage et le relevé ont cependant montré qu’elles étaient victimes de l’érosion : plusieurs constructions se sont déjà effondrées dans la mer, avant d’avoir pu être dessinées. C’est un problème dont il faudra tenir compte dans la poursuite du programme. Il faut désormais étudier la céramique recueillie dans la vaste zone prospectée. On prévoit également de fouiller les entrepôts et d’autres vestiges découverts sur la côte et à l’intérieur des terres. En outre, on fera le relevé de tombes appartenant à deux nécropoles. Elles seront étudiées en priorité car la poursuite de l’érosion et l’utilisation de la zone menacent leur conservation. Il faudra également s’intéresser au type des habitations/bâtiments, faire une étude anthropologique des installations antiques et une étude géomorphologique d’Akrotiri, afin de mieux connaître l’environnement du port antique, qui a dû être, à un moment de son histoire, un centre commercial cosmopolite.

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L’un des objectifs principaux de la fouille de l’Université de Lampeter (pays de Galles), menée sous la direction de Louise Steel sur le site du Bronze Récent d’Arediou-Vouppes (Lithosouros), était de définir l’extension et le type architectural du bâtiment découvert en 2005. L’objectif a été atteint. Il s’agit vraisemblablement d’un établissement artisanal : les trouvailles comprennent des scories de cuivre pesant plusieurs kilos, associées à une série de fosses et de sols de galets. Cette conclusion est confortée par d’autres découvertes, notamment des poids en pierre, un marteau en pierre et un percuteur, en place sur le sol d’une pièce, avec de grands bassins, des cruches de fabrique commune, des broyeurs et des mortiers. On a exploré une autre zone au Nord, où un nouveau complexe de bâtiments a été dégagé : il comprend une cour conduisant à une grande pièce ouverte (9 X 2 m) et à une autre, plus petite, où se trouvait un puits de 5 m de profondeur. L’ouverture du puits était bloquée par des pierres. Elle était liée à un sol de galets, sur lequel on devait poser les récipients remplis d’eau. À l’intérieur du puits, on a découvert un grand broyeur, d’un poids d’environ 90 kg. Le reste des trouvailles indique qu’il s’agit également d’une installation artisanale.   Une troisième zone, localisée en 2005, a été explorée à l’Est. On y a découvert une tombe du Bronze Récent, en partie pillée et détruite (sans doute à cause des labours). Sur le sol de la tombe, on a recueilli plusieurs ossements et une pointe de lance en bronze, ainsi qu’un vase à étrier mycénien importé et une cruche Black Slip.  

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La fouille de l’Université de New York, sous la direction de Joan Breton Connelly, à Geronisos, îlot situé en face de la côte d’Agios Georgios tis Pegeias (district de Paphos), a essentiellement porté sur le secteur Sud, où l’on avait dégagé un complexe de petites pièces carrées, équipées de plates-formes basses en pierre. La découverte de grandes quantités de coupes à boire et de bols, de cruches et de lagynoi, ainsi que celle de céramiques culinaires, indiquent que l’on dînait dans ces pièces. Au Nord se trouvait une petite cour ou une place. Cette dernière était remplie de centaines de tuiles de divers types, soigneusement rangées, comme si elles avaient été entreposées là. Sans doute devaient-elles servir à la réfection d’un toit ou à une autre construction, mais les travaux n’ont jamais pu avoir lieu en raison d’un tremblement de terre, probablement celui de 17 av. J.-C.   D’autres indices de cette destruction ont été observés dans le sondage voisin. De grandes quantités de décombres provenant de murs, dont des fragments de moulures architecturales et des blocs équarris, recouvraient un niveau de tuiles brisées. Sous ces débris, on a découvert de la céramique fine et commune du Ier s. av. J.-C., notamment des cruches, des assiettes, des bols et une anse d’amphore rhodienne timbrée. Une aiguille de bronze, un morceau de plomb, un clou en fer et plusieurs fragments de bols en verre soufflé ont été recueillis sur le sol de galets.   On a également fouillé cette année un grand four de forme circulaire (diam. 0,90 m). Il était fait de tessons amphoriques liés et enduits de boue et de marne et il possédait probablement un toit conique, qui s’est depuis longtemps effondré à l’intérieur. On y a découvert de grandes quantités de charbon et de cendres, ainsi que des tessons appartenant à un bol hémisphérique décoré en sigillée orientale A. Ce four était certainement utilisé lors des dîners qui avaient lieu dans les pièces mentionnées plus haut. La nature exacte de ces activités reste mal définie, mais elles devaient être en relation avec le culte d’Apollon qui attirait des pèlerins dans l’île à l’occasion de banquets. La majorité du matériel recueilli date des années 80-30 av. J.-C., plus précisément du troisième quart du Ier s. av. J.-C. C’est le moment où l’île connaît sa plus grande période d’activité.   Un nouveau sondage, à 10 m au Nord, a révélé que le mur Nord-Sud, qui avait été dégagé sur quelque 15 m, se poursuit sur près de 60 m, jusqu’à l’extrémité Nord de Geronisos, où la fouille de 1997 l’avait mis en évidence. Ce mur appartient à la phase hellénistique tardive. Il est possible qu’il suive le tracé d’une route ou d’un chemin de graviers d’orientation Nord-Sud, qui se trouve immédiatement à l’Est.   D’éminents spécialistes sont venus, au cours de cette campagne, examiner le matériel. Dimitris Plantzos (Université du Péloponnèse) a étudié la remarquable série d’amulettes-sceaux et il a mis en évidence des liens étroits avec des impressions de sceaux découvertes à Edfou en Égypte [1]. George Maat (École de Médecine de l’Université de Leyde) a étudié un squelette humain découvert à Geronisos en 2004. Il s’agirait d’un individu âgé de 7,5-14,5 ans (plus vraisemblablement autour de 10-12 ans). Son âge ne permet pas de déterminer le sexe, mais certains indices paraissent indiquer qu’il s’agit d’un garçon. Les restes osseux ont donné une datation C14 du Ier s. av.-Ier s. apr. J.-C. Jolanta Mlynarczyk (Université de Varsovie) a poursuivi son étude de la céramique hellénistique tardive. Mariusz Burdajewicz (Musée de Varsovie) a continué d’étudier les verres et il a fait les dessins céramiques et les relevés architecturaux. Richard Anderson (architecte, fouilles de l’agora d’Athènes) a réalisé un nouveau plan de Geronisos à l’aide d’une station total. Simon Demetropoulos a commencé d’étudier les escargots. Paul Croft (Lemba Archaeological Field Unit) a supervisé le programme, en cours, de consolidation des murs et de conservation in situ. Les murs ont été restaurés à l’aide de mortier, de sable rouge et blanc, de chaux et de ciment, dans les proportions recommandées par le Département des Antiquités. On a refait du pisé avec un mélange de terre de Geronisos, de marne, de paille et de colle de bois. À la fin de la saison, toutes les fondations de murs ont été recouvertes de géo-textiles et enterrées sous un léger remblai de terre pour les protéger de l’érosion.   [1] J. B. Connelly, D. Plantzos, « Stamp-Seals from Geronisos and their Contexts », RDAC 2006, p. 263-293.  

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La première campagne de fouilles dans le monastère géorgien de Gialia (district de Paphos) était dirigée par Iulon Gagashidre (pour le Ministère de la culture de Géorgie) et par Giorgos Philotheou (pour le Département des antiquités de Chypre). En 1981, Vakhtang Jobadze avait localisé les vestiges du monastère géorgien médiéval dans la forêt de Paphos, à 5 km à l’Est du village de Gialia. Ce monastère est évoqué dans les sources anciennes écrites géorgiennes sous le nom de « Ghalia » ou de « monastère de Zhalia ». D’après ces sources, des Géorgiens étaient au service du monastère dès le Xe s. La reine de Géorgie Tamar (1184-1210) lui a manifesté un intérêt particulier. Au XIVe s., il appartenait aux Géorgiens. Des inscriptions gravées sur le pilier du porche Sud de l’église sont également datables du XIVe s. Le monastère disparaît des sources écrites après le XIVe s.   À la suite de l’accord conclu entre les gouvernements de Chypre et de Géorgie, sur la base de l’autorisation donnée par le Département des Antiquités de Chypre et avec la bénédiction du catholikos-patriarche de l’Église orthodoxe de Géorgie, son Excellence Élie II, le Ministère de la culture géorgien a organisé une mission à Chypre, sous la direction de Iulon Gagashidre, pour effectuer une fouille dans le monastère de Gialia.   Au cours des quatre semaines de la campagne, des fouilles de grande ampleur ont été effectuées. L’église du monastère a été dégagée des décombres qui l’encombraient sur une surface de plus de 500 m2, les limites en sont apparues plus clairement et on a pu distinguer et dater plus précisément les différentes phases de construction. Le bâtiment le plus ancien du monastère est une église à trois absides, sans doute construite au Xe s. et dédiée à la Vierge. À la fin du XIe ou au début du XIIe s., une chapelle a été ajoutée sur le côté Nord. Elle était sans doute consacrée à saint Georges, comme le prouve une inscription murale en géorgien. Après sa destruction, le monastère est restauré au début du XIIIe s., semble-t-il, grâce à l’évergétisme de la reine Tamar. Une nouvelle restauration, de grande ampleur, a lieu à la fin du XIIIe ou au début du XIVe s.   Les trouvailles comprennent des éléments architecturaux, des fragments de peintures murales, des cloisons de fenêtres, une croix en laiton, une monnaie d’argent et de la céramique, qui datent des XIIIe-XVIe s. Au XVIe s., le monastère, alors abandonné, fait l’objet d’un pillage barbare : les sols sont défoncés et on fait sauter le bâtiment. Malgré cela, il est évident que le monastère était riche. C’est ce que prouvent la qualité des trouvailles archéologiques, ainsi que la présence de sols en marbre et de peintures murales d’excellente manufacture.   Les recherches archéologiques se poursuivront.

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Les fouilles de l’Université d’East Anglia, sous la direction de Joanne Clarke, avaient cette année pour objectif d’achever le dégagement de la structure découverte sur le plateau en 2005 et d’établir sa nature (s’agit-il du premier bâtiment construit découvert sur le site ?). Cet objectif a été pleinement atteint, puisqu’on a pu montrer qu’il s’agit bien d’un bâtiment construit, qui présente, de surcroît, de nombreuses similitudes avec d’autres constructions mises au jour à Maa-Palaekastro et Kissonerga-Mylouthkia, sites du début du Chalcolithique localisés dans l’Ouest de l’île.   Le bâtiment de Kokkinogia a un diamètre de 5 m et il est à peu près circulaire. Ses fondations reposent dans le rocher naturel, à une profondeur inconnue. Sa surface, souterraine, est faite d’une série de sols de terre ou d’havara effritée. Au centre se trouvait un foyer qui a été en usage pour au moins deux des sols distingués. On a également découvert une poterie brisée en place sur le sol, ainsi que des éclats de silex qui attestent la fabrication d’outils de pierre. Aucun indice ne permet de restituer le mode de construction de la superstructure. On ne sait pas si le bâtiment possédait une armature de bois, comme les constructions semi-souterraines de Maa-Palaekastro et Kissonerga-Mylouthkia. On n’a pas non plus recueilli de restes animaux ou végétaux à l’intérieur, ni dans aucune autre zone fouillée cette année, ce qui ne laisse pas d’étonner et doit être expliqué.   En outre, on a découvert sept nouvelles structures souterraines autour du bâtiment, mais leur relation avec ce dernier n’est pas assurée. Certaines de ces structures constituent des chambres indépendantes, tout-à-fait semblables à celles du complexe de chambres souterraines et de tunnels, dégagé à environ 20 m à l’Est du bâtiment circulaire. Dans d’autres, on a relevé des indices témoignant de l’existence de tunnels et au moins une des chambres, située à environ 1 m à l’Est, était peut-être reliée à un tunnel qui conduisait vers l’Est au complexe de chambres souterraines et de tunnels. La plupart des chambres étaient vides. Dans un seul cas, on a découvert un sol sur lequel reposaient plusieurs objets, notamment une petite cruche ovoïde Red Monochrome Painted, une pierre dont la surface portait des traces d’ocre et différents objets de pierre polie. Dans le remplissage d’une autre structure, on a recueilli un triton.   La découverte la plus importante de cette année a été celle d’une tombe peu profonde, de forme quasi circulaire, creusée dans le rocher (diam. environ 1 m ; prof. environ 0,5 m). Le squelette, intact, était celui d’un homme jeune. Il était placé à l’extrémité Nord de la tombe, sur le dos, avec la tête tournée vers l’Ouest et dans une position en partie contractée. Le crâne reposait sur une pierre, de façon à ce que la tête appuie sur la poitrine. À peu de distance, à l’intérieur de la tombe, se trouvait un galet, semblable à ceux qu’on trouve en nombre partout sur le site. De nombreux ossements, appartenant vraisemblablement à une inhumation antérieure, avaient été posés sur la partie inférieure du squelette. Soit il s’agit d’une inhumation antérieure dans la même tombe, soit d’ossements récupérés dans une autre tombe et déposés dans celle-ci pour des raisons qui nous échappent. Si les tombes du Chalcolithique Moyen sont nombreuses, elles sont, en revanche, rares pour les périodes antérieures (fin du Néolithique-début du Chalcolithique). À Sotira, on a découvert 12 tombes à ciste dans une petite nécropole à l’Est et sur le versant du site ; sur le site de Kantou, une inhumation sous le sol d’une maison. En outre, on connaît une inhumation dans une petite fosse sur le site voisin du début du Chalcolithique d’Hagious.

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La mission de Khirokitia (Centre National de la Recherche Scientifique et Ministère des Affaires Étrangères) a effectué une nouvelle campagne de fouille sur le site néolithique de Khirokitia, sous la direction d’Alain Le Brun. Les recherches ont principalement porté sur le versant Nord de la colline ; les travaux précédemment engagés au sommet de la colline ont, pour leur part, été achevés.   Au sommet de la colline, les recherches ont précisé les observations stratigraphiques des campagnes antérieures, en particulier celles concernant le niveau G, qui compte non pas une phase de construction, mais deux, G3 et G2, suivies par une phase d’abandon momentané, G1. Par ailleurs, bien que conduite sur une superficie très limitée, l’exploration des niveaux H et J, qui représentent la toute première occupation du site, a permis de dégager un espace non bâti équipé de plusieurs cuvettes, mettant ainsi en lumière la continuité topographique d’une même utilisation de l’espace qui se suit jusqu’au niveau F.   Les recherches entreprises en 2005 sur le versant Nord de la colline afin d’y vérifier l’extension de l’établissement avaient révélé l’existence, à mi-pente, d’un long mur, 1290 (fig. 1a), qui paraissait constituer là la limite de l’établissement [1]. Il n’avait toutefois pas été possible d’établir l’articulation de ce mur, orienté Est-Ouest, sur la partie déjà connue du mur d’enceinte, 284, qui suit un cours Nord-Sud. L’objectif de la campagne de cette année était donc de vérifier la réalité de cette relation qui, si elle venait à être prouvée, aurait pour conséquence de restreindre à une partie seulement du versant Nord l’extension que connaît l’établissement au niveau III.   Le mur 1290 s’est révélé être à la fois un leurre et un guide. Un leurre, car il repose sur un mur plus ancien, 1315-1358 (fig. 1b) avec lequel il se confond même en un point. Or la fouille a prouvé sans ambiguïté que ce mur plus ancien qui a été dégagé sur une longueur de 18 m, était, lui, la suite de 284. Un guide, car le tracé que suit 1290 est tantôt celui du mur 1315-1358, tantôt s’en écarte pour épouser celui de la ligne d’érosion des vestiges néolithiques.   Contrairement aux secteurs où il court parallèlement à la pente et où il se présente alors comme un alignement rectiligne de pierres, en cet endroit où, perpendiculaire à la pente, il reçoit de plein fouet la poussée des terres, le mur d’enceinte est constitué d’une succession d’arcs de cercles, mode de construction utilisé également sur l’ensellement qui relie la colline au relief avoisinant et où la solidité et la stabilité de l’ouvrage sont aussi particulièrement mises à l’épreuve [2].   L’occupation du versant Nord au niveau III ne s’étend donc pas jusqu’à la rivière qui coule au pied de la colline, elle se limite à la partie haute du versant et est beaucoup plus restreinte qu’on pouvait le supposer. Elle dure un temps relativement long pendant lequel l’enceinte subit plusieurs réfections. À la fin du niveau III, le versant Nord est abandonné, le mur est alors livré aux effets de l’érosion. Puis quand l’occupation reprend sur la partie orientale du versant, des tronçons en sont démantelés, les pierres ainsi récupérées sont réemployées pour l’édification de nouveaux éléments d’habitation de plan circulaire qui surmontent l’ancienne limite et achèvent d’en oblitérer le tracé [3].   Dans ce secteur aussi le niveau III se laisse diviser en deux phases, confirmant en cela la distinction précédemment introduite pour un autre point du village entre IIIb et IIIa [4]. Cette similitude paraît, dans la mesure où la faible superficie fouillée permet d’en juger, également marquer le type d’occupation de ce secteur qui ne semble pas s’écarter de celui que l’on rencontre ailleurs sur le site. Les éléments d’habitation dégagés ne se distinguent en rien, ni dans leur conception, ni dans leurs aménagements, des autres éléments d’habitation attribués aussi au niveau III.   Il n’en va pas de même pour la zone située à l’extérieur du mur d’enceinte. Alors que, sur l’ensellement, aucun signe d’une quelconque activité n’a été observé, cette zone a, sur le versant Nord, été utilisée dans le cadre d’une ou de plusieurs activité(s) demandant l’installation de cuvettes peu profondes et empierrées.   [1] BCH 130 (2006), p. 899-901. [2] A. Le Brun, Fouilles récentes à Khirokitia (Chypre), 1977-1981 (1984), fig. 8. [3] À l’image de l’élément d’habitation S. 96 qui, sur l’ensellement, recouvre les restes du mur 184 et l’un des dispositifs d’accès au village : ibid., p. 39 ; A. Le Brun, Fouilles récentes à Khirokitia (Chypre) 1983-1986 (1989), fig. 17. [4] A. Le Brun, Fouilles récentes à Khirokitia (Chypre), 1977-1981 (1984), p. 12.  

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La treizième campagne de fouilles sur le moulin à sucre médiéval de Kolossi, sous la direction de Marina Solomidou-Ieronymidou, avec l’assistance de M. Makris-Chamberlain et d’A. Tavelis, visait à poursuivre l’exploration de la zone située immédiatement à l’Ouest des pièces du moulin où avait lieu le broyage des cannes à sucre.   On a fouillé le creusement circulaire (diam. 4,20 m), mis au jour dans le rocher naturel lors de la campagne précédente. Il est contigu à un petit mur plus récent, qui se trouve à l’Ouest de la grande canalisation taillée dans le rocher, elle-même située à l’Ouest de la chambre du moulin. Il s’agit d’une structure circulaire de faible profondeur (50 cm), qui servait de réservoir d’eau, comme le montrent les restes de mortier de chaux isolant, conservés en plusieurs endroits sur ses parois, et notamment dans la partie Nord. On s’en servait donc très probablement comme d’une citerne. Elle ne semble pas être directement liée à la pièce souterraine de l’« aile » du moulin, mais ce point demande à être confirmé lors de la prochaine campagne, au cours de laquelle on prévoit de démonter le petit mur récent, construit sur son côté Est. L’intérieur de la citerne circulaire était rempli de déblais faits de terre, de pierre et de briques cuites, semblables à celles dont sont faites les chambres de chauffe des fours dans la raffinerie de sucre voisine. Dans la partie Nord de la citerne, le remplissage contenait, en outre, de nombreux tessons de céramique médiévale. Un autre mur plus récent, de facture fruste (long. 4 m), coupe la citerne cylindrique d’Ouest en Est.   Le mobilier comprend, outre des fragments de vases caractéristiques destinés au raffinage du sucre, une pipe ottomane en terre cuite, une monnaie de bronze de l’époque des Lusignan (envoyée pour restauration au laboratoire de Nicosie) et une dent de peigne en ivoire. La fouille se poursuivra l’année prochaine.

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Le but principal de cette campagne sur le site néolithique acéramique de Kritou Marottou-Aïs Giorkis, dans le district de Paphos (Université de Nevada, sous la direction d’Alan Simmons), était de déterminer l’extension du gisement exploré au cours des quatre dernières années. 77 m2 ont été fouillés en 2006, pour une superficie de fouille totale de 199 m2. Dans certaines zones, les sondages vont jusqu’à 1 m de profondeur. Douze sondages ont été ouverts au cours de cette campagne (dix de 2,5 X 2,5 m ; un de 1,5 X 2,5 m dans la zone la plus élevée du site ; un de 10 X 1 m sur le versant).   Encore une fois, les résultats ont dépassé nos attentes. Quinze datations C14 ont pu être utilisées : elle situent la période de fréquentation du site vers 7500-7900 av. J.-C. (phase médiane du Néolithique acéramique = Pre-Pottery Neolithic B chypriote). En outre, on a découvert d’autres vestiges architecturaux — jusqu’à présent, la fouille n’avait révélé qu’une structure circulaire à soubassement de pierre et un morceau de sol enduit. On connaît désormais au moins trois fosses de grandes dimensions et plusieurs plus petites. Une seule a été fouillée entièrement, mais on a fait des coupes exploratoires dans deux autres. La stratigraphie de la fosse fouillée est assez complexe et révèle une utilisation soutenue. La cavité a un diamètre de 3 m. Il est possible qu’elle ait eu un usage domestique : on y a découvert deux trous de poteaux, des déchets de taille d’outils, ainsi que des échantillons botaniques assez bien conservés. Les autres fosses, bien que plus petites, livrent un matériel relativement important et renseignent sur la déclivité originelle du terrain. On a également dégagé une autre structure, peut-être un canal d’évacuation.   Il convient, en outre, de signaler la découverte importante, effectuée au cours de la campagne précédente, d’un sol enduit, délimité d’un côté par un mur, et qu’on avait interprété comme une chambre. Les fouilles de cette année ont montré que ce mur s’enfonce plus profondément que la surface enduite et que, donc, cette dernière ne peut pas être un sol. Il s’agit plus vraisemblablement d’une plate-forme ou d’un mur d’appui. On peut la comparer avec la plate-forme de pierre de forme ovale, dégagée plus anciennement. À peu près au centre de la structure, se trouve une fosse à surface enduite, en partie détruite à cause de l’érosion et du poids du colluvionnement. Elle devait être relativement grande (diam. peut-être supérieur à 5 m). On a également découvert une plate-forme plus petite avec une surface plane de galets et une autre fosse circulaire. On a aussi délimité les contours d’une autre fosse, qui n’a pas été fouillée. L’interprétation de ces différentes trouvailles n’est pas assurée. Il est possible qu’il s’agisse de bases de maisons ou de plates-formes sur lesquelles les habitants accomplissaient des danses rituelles. Quoi qu’il en soit, ces découvertes sont uniques dans la région à cette époque.   Le matériel botanique recueilli, dans un excellent état de conservation, sera étudié par Sue Colledge (University College, Londres). Les analyses, en cours, ont d’ores et déjà permis d’identifier des graines de céréales et d’orge.   On a également ramassé une grande quantité d’ossements animaux, qui seront étudiés par Paul Croft, et plus de 100000 outils de pierre. Certains types d’outils sont encore proches d’exemples proche-orientaux, notamment plusieurs projectiles de manufacture simple. Deux concentrations ont été identifiées, qui ont livré respectivement environ 3700 et 10000 outils en place. On a également recueilli des objets en picrolite, des coquilles marines et plusieurs lames d’obsidienne. Les instruments de pierre polie sont très nombreux et d’une grande qualité. Mentionnons notamment un vase de picrolite et des fragments d’un bassin peu profond. Un récipient du type « vaisselle blanche », qui a été restauré au laboratoire du Département des Antiquités, constitue une trouvaille particulièrement importante. Il était placé au-dessus de l’ouverture d’une fosse, à côté d’un autre vase de même forme. Dans la même fosse, on a découvert, pour la première fois, les ossements d’un nouveau-né.   La variété des trouvailles, les quelques ossements de bovidés ainsi que la présence d’importants objets de valeur invitent à supposer que le site était utilisé pour des repas collectifs.   Les recherches menées à Aïs Giorkis livrent des informations importantes concernant les premières phases du peuplement de l’île. Le site, sur les hauteurs qui dominent Paphos, grâce à ses vestiges architecturaux uniques, ses outils de belle manufacture en silex ou en pierre polie, ses espèces végétales et bovines domestiquées, éclaire d’un nouveau jour la colonisation de l’île par ses premiers habitants. Les fouilles se poursuivront en 2007.

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La fouille de cette parcelle, où la compagnie Cybarco prévoyait de construire un bâtiment de plusieurs étages, a commencé, avec l’accord des propriétaires, avant le début des travaux de terrassement. Elle s’est déroulée du 3 juillet au 11 novembre 2006, avec une interruption du 12 août au 11 septembre, sous la direction de Despo Pilides. Le but était de définir l’extension vers l’Est de l’habitat hellénistique découvert sur la colline d’Aghios Georgios.   Section Sud. - L’exploration a commencé par la partie Sud, où l’on avait constaté que, exactement comme sur la colline d’Aghios Georgios, l’endroit le plus élevé de la petite colline avait été nivelé, ne laissant subsister sur le rocher naturel que des vestiges fragmentaires. Un petit nombre de céramiques hellénistiques et une monnaie de Ptolémée IX Sôter II (117/6-107/6 av. J.-C.) suggèrent que l’habitat hellénistique de la colline d’Aghios Georgios s’étendait jusque là. Des restes de murs (n° 1-4), de foyers (n° 1, 2 et 6), ainsi que trois bothroi (l’un d’entre eux circulaire et construit en pierre) renvoient également aux trouvailles de la colline d’Aghios Georgios. Les bothroi ne contenaient que des tessons, mais, comme à Aghios Georgios, ces derniers datent de la période archaïque. Dans l’un des sondages implantés dans la partie Sud, dans une couche dure faite d’argile et de pierres, on a découvert 32 monnaies d’argent de la période classique, issues d’un atelier inconnu. Section Nord. - On a dégagé une portion de rue, orientée NE-SO. En certains endroits, il ne reste que le soubassement de pierre ; en d’autres, elle est conservée sur une assez grande hauteur, ce qui fournit des indications à la fois sur son mode de construction et sur les réfections successives qu’elle a connue au cours de son utilisation. Une partie de la rue a été entièrement détruite à cause de la construction d’un four à chaux. À peu de distance au Sud de cette perturbation, une portion de sol en argile est préservée. Sur ce dernier se trouvait un complexe de trois foyers (n° 3 A-C), installés sur une couche de galets. À la même phase, très mal conservée, se rattache une surface de galets, avec un canal construit au centre. Autour du canal, on a découvert des dépôts d’ocre jaune, des objets fragmentaires ou des déchets en fer et des tessons appartenant à des amphores qui avaient sans doute été réparées. Un foyer circulaire au Sud, un autre, également de forme circulaire, en argile, situé à peu de distance à l’Est et dont le cœur était rempli de cendres, un moule en pierre et un grand nombre de déchets de fer indiquent la présence d’un atelier métallurgique. La base d’une citerne en mortier, semblable à celles qui ont été dégagées sur la colline d’Aghios Georgios (secteur XI), se trouvait à l’extérieur du mur 17, qui séparait peut-être la zone de la citerne d’une pièce ou d’une cour voisine. Dans cette pièce, deux foyers, l’un accolé au mur 9, l’autre sis dans l’angle entre les murs 9 et 22, contenaient beaucoup de cendres, de céramique brûlée, d’ossements, d’outils en pierre, de fragments métalliques, ainsi qu’une pointe de flèche et de l’ocre. La base des foyers était enduite d’argile et reposait sur des constructions antérieures. Dans les cendres, on a recueilli une lampe à vernis noir importée avec un décor en relief. À cet endroit, la fouille de la berme a révélé la surface du mur 22 avec un sol associé, sur lequel s’était brisée, en place, une grande amphore pithoïde. À l’Est, des tas de pierres (murs 21 et 5), écroulées sur les ruines de murs antérieurs, appartiennent à cette phase, profondément perturbée par des constructions plus récentes. Dans les sondages suivants, ouverts à l’Est, des murs de séparation sont apparus immédiatement sous une couche argileuse blanchâtre. Ils dessinent quatre pièces rectangulaires, en partie conservées, et au moins le même nombre de pièces à l’arrière. Dans la première pièce, sise exactement au Nord du canal mentionné ci-dessus, on a découvert, à un niveau plus bas, la base d’un four, de forme ovale. À sa surface est conservée une couche de métal (fer). Lors du nettoyage du mur de séparation n° 11, on a trouvé, dans la terre et parmi les pierres tombées à l’intérieur, un thymiatérion de calcaire avec la représentation du dieu Dionysos. Dans la partie Sud de la pièce, deux marches de pierre conduisent à un couloir où la phase d’occupation postérieure de ces bâtiments a été mise en évidence (elle a été laissée en place). À l’Ouest du couloir se trouve une autre pièce qui a, en partie, conservé son sol de galets. Une grande amphore était restée en place, enfoncée dans ce sol. On n’a pas pu, non plus, dégager la phase la plus ancienne dans la pièce suivante à l’Est, puisqu’on y a découvert les foyers plus récents, décrits plus haut. Du côté Est, à un niveau plus bas que la rue, qui correspond manifestement à une phase plus ancienne, on a trouvé un mur puissant, d’orientation Est-Ouest, et de la céramique archaïque. Deux murs parallèles, mais plus étroits, orientés Nord-Sud, délimitaient sans doute deux pièces accolées. Sur les deux côtés du mur 15, des sols et des foyers sont partiellement conservés. Au Nord de ces vestiges, directement sur le rocher naturel, subsistent des foyers et des tronçons de murs. On ne pourra toutefois déterminer leur agencement et le plan d’ensemble, du moins tel qu’il est préservé, que quand la fouille de cette zone sera achevée.             Les vestiges d’ateliers témoignent d’une activité essentiellement liée à la métallurgie, même si on a recueilli des pesons d’argile crue dans le remblai qui supportait les marches conduisant au couloir. Le mobilier comprend de la céramique intéressante, des fragments de vases à figures rouges importés, une lampe-coupelle avec la représentation d’une figure féminine peinte sur la partie inférieure et plusieurs statuettes de calcaire portant des offrandes. L’ensemble suggère que le quartier des périodes classique et archaïque, dégagé à Aghios Georgios, se prolongeait vers l’Est, où il est bien mieux conservé en raison de l’épaisseur des remblais qui ont été déposés pour combler la déclivité de la colline. L’importance des vestiges exhumés, rares pour ces périodes, de même que celle du mobilier recueilli, témoignent de l’intérêt de ce terrain. Le projet de développement a donc été abandonné et le site classé.

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La quatorzième et dernière campagne de fouilles sur la colline d’Aghios Georgios-PA-SY-DY (site prévu pour la construction du nouveau bâtiment de la Chambre des Représentants), s’est déroulée du 22 mai au 7 juillet, sous la direction de Despo Pilides. Au cours des dix dernières années, on a mis en évidence un grand site archéologique (qui s’étend sur environ 11000 m2), en essayant de localiser l’extension des vestiges en vue de la construction imminente du bâtiment. Une grande zone, située au centre et au Sud du site, ne sera pas explorée.             À l’exception d’une portion de construction circulaire en pierre, qui date du Chalcolithique Récent et qui a été découverte à l’extrémité Sud-Ouest du site, dans une zone fortement perturbée, le quartier dégagé date de la période hellénistique. Il suit un plan régulier, fait de rues parallèles d’orientation Est-Ouest, avec une grande rue centrale qui le divise du Nord au Sud. Des bâtiments sont construits entre les rues. Ils possèdent des pièces rectangulaires de différentes dimensions. Le mobilier recueilli montre que les habitants fabriquaient des objets d’argile, de pierre et de métal et qu’ils s’adonnaient au tissage. On a également découvert du matériel archaïque et classique, pour l’essentiel dans des bothroi, mais aussi quelques vestiges architecturaux datant de ces périodes. Ces derniers ne sont que très partiellement préservés, en raison de la nature du sol, mais aussi à cause des reconstructions postérieures de la période hellénistique. Le caractère votif d’une grande partie du matériel datant des périodes hautes suggère l’existence d’un sanctuaire, auquel étaient destinés les objets fabriqués sur place. Dans la zone Nord du site, on a fouillé des fours à céramiques, tradition qui s’est poursuivie jusqu’à l’époque chrétienne, après un hiatus entre le Ier s. av. et le IVe s. apr. J.-C. Dans la même zone, les périodes suivantes de l’histoire du site sont documentées par un bâtiment religieux, qui a connu quatre phases successives, jusqu’au début de la période vénitienne, quand la ville de Nicosie s’est déplacée à l’intérieur de ses nouvelles murailles.             Au cours de ces campagnes de fouilles, nous nous sommes particulièrement souciés de la restauration et de la mise en valeur du site. De fait, les problèmes sont multiples, liés tant à la nature du sous-sol qu’à la déclivité du terrain, qui influent sur l’état de conservation des vestiges. La restauration a déjà débuté et, jusqu’à ce qu’une décision soit prise pour le développement de la zone environnante, nous poursuivrons la mise en valeur en clôturant le site (pour éviter les accidents et les actes de vandalisme), en ménageant des chemins tout autour du site et en disposant des panneaux d’information. Il faudra ultérieurement envisager la couverture de plusieurs zones, parmi les plus importantes et les plus fragiles.             En outre, on a achevé cette année la fouille de plusieurs zones essentielles pour résoudre un certain nombre de questions et l’accent a été mis sur des programmes scientifiques de recherche (étude paléobotanique d’échantillons provenant de foyers, de bothroi, de canaux d’écoulement et d’autres installations artisanales). Evi Margariti, paléobotaniste, a prélevé les échantillons, qui seront analysés au laboratoire Wiener de l’École américaine d’Athènes. On a déjà identifié des graines, des pépins de raisin et des noyaux d’olives. Cette étude donnera d’importants résultats et permettra de mieux connaître les activités qui avaient lieu sur le site.             On a également fouillé deux foyers, qui avaient été découverts en 2004 dans une pièce rectangulaire à laquelle on accédait depuis la rue 11 au Nord et, peut-être, depuis la rue 6 à l’Est. La pièce appartient à un complexe plus vaste de pièces semblables, situées au Sud de la rue 11, où l’on a fait des trouvailles de même type, qui paraissent indiquer qu’il s’agit d’ateliers métallurgiques. Vu l’état de conservation remarquable de ces foyers (n° 61 et 55), la fouille a été effectuée en collaboration avec des spécialistes, Walter Fasnacht et Ian Hedley, en parallèle avec un programme d’analyses.             La fouille du foyer n° 61 a permis de mettre en évidence les techniques de fabrication des objets (pour l’essentiel en fer). Elle a également montré comment les foyers étaient refaits après de multiples utilisations. Des échantillons de scories de fer ont été examinés au microscope et envoyés à l’Université d’Oxford pour des analyses plus poussées. Le foyer n° 55, de forme circulaire, possède un sol et des parois d’argile, comme beaucoup d’autres foyers du site. Il a été établi, lui aussi, sur un foyer plus ancien, qui a été en partie réutilisé.             Par ailleurs, dans le cadre d’un programme pédagogique ponctuel, en collaboration avec le Rotary Club d’Aspelia, des élèves de primaire ont participé à la fouille : il s’agissait de les éduquer et de les sensibiliser à la valeur et à une gestion responsable du patrimoine culturel. À la fin du programme, une petite manifestation a eu lieu sur le site, au cours de laquelle les enfants ont servi de guides et ont présenté le travail accompli.             Le but de cette campagne n’était pas d’étendre la fouille (la zone fouillée est déjà, par force, très vaste). Mais il fallait achever d’explorer certaines zones.   Secteur XVII Dans le secteur XVII, on a fouillé une structure souterraine (n° 63), rectangulaire et construite en pierre, sous la rue 3. Cette dernière était presque entièrement détruite à cet endroit, en raison des perturbations modernes. La structure souterraine se situe dans l’axe de trois autres similaires, de plan circulaire. La fréquence dans cette zone des structures construites de ce type — s’il s’agit bien de bothroi —, montre que le sanctuaire devait se trouver au sommet de la colline, où les couches archéologiques ne sont pas conservées. Seuls deux bothroi rectangulaires sont connus jusqu’à présent. Le bothros n° 63 mesure 1,5 X 1 m, sur 2,20 m de profondeur. Des perturbations ont détruit l’un de ses côtés. On n’a pas recueilli à l’intérieur de grandes quantités de cendres, comme c’est habituellement le cas, ni de figurine, mais seulement de la céramique et deux osselets en os, ainsi que plusieurs poids de métier à tisser (dont un de forme conique), des fragments d’enduit argileux et des ossements animaux. Il n’est pas impossible que ces structures aient eu une autre fonction avant qu’on y jette le matériel mentionné ci-dessus et qu’on en condamne l’usage.             On a également exploré la zone où avait été repérée, lors de la campagne précédente, une série de grandes pierres de taille, au Nord de la rue 13. Là, les vestiges architecturaux sont mieux conservés, car ils ont été moins exposés aux perturbations modernes. Des pièces rectangulaires de différentes dimensions ouvrent sur la rue 13 par une entrée monumentale, construite avec les pierres de taille évoquées ci-dessus. Des constructions semblables sont attestées dans les secteurs V, XIII, XVII et X, où la grande pierre rectangulaire du seuil a été enlevée pour servir de table de presse à olives. On a découvert dans cette zone de petites quantités d’argile et deux petites cavités remplies de cendres. Une petite fosse circulaire, à l’extérieur du bâtiment, contenait de nombreux ossements animaux et deux osselets en os, mais aucun autre matériel de nature votive. Dans une autre pièce du même bâtiment, on a trouvé des poids de métier à tisser et deux anses d’amphores rhodiennes timbrées. L’analyse des échantillons, notamment botaniques, donnera sans doute des indications sur la fonction de ce bâtiment.             Tous ces vestiges ont été exhumés, comme à l’accoutumée, sous une épaisse couche de pierres et de terre, qui correspond à des périodes de destruction, d’abandon et d’effondrement. Les foyers installés sur les rues et des murs étroits, qui ne suivent pas le plan régulier précédent, témoignent d’une courte période de réoccupation. Une monnaie de Ptolémée, roi de Chypre, frappée à Paphos (80-58 av. J.-C.), permet de dater cette phase, avant l’abandon définitif du site. La phase antérieure, au plan régulier, a été mise en évidence sur la totalité du terrain fouillé, dans des couches plus profondes. Deux monnaies, l’une recueillie dans les couches supérieures du remblai, l’autre sur le sol de la pièce datent respectivement de Ptolémée I Sôter (305/4-285/4) et de Ptolémée II Philadelphe (266 av. J.-C.) : elles confirment que le bâtiment a été construit au tout début de la domination lagide.             De l’autre côté de la rue 13, on a mis au jour des murs de 1,2 m d’épaisseur (sans doute destinés à soutenir un étage). Ils délimitent deux pièces rectangulaires. La pièce Nord est divisée en deux parties inégales par un mur intérieur. Ce bâtiment remarquable se poursuit à l’Est dans une zone qui n’a pas été fouillée et il est séparé du complexe de citernes, à l’Ouest, par un autre mur, large, d’orientation Nord-Sud. D’autres murs semblables, moins bien conservés, se prolongent vers le Sud, où se trouvait un autre ensemble de citernes. Ces vestiges, au Sud de la rue 13, étaient eux aussi recouverts par une épaisse couche de pierres effondrées et de terre. Ils paraissent contemporains du complexe de citernes à sol en mortier et cupule circulaire au fond, qui a été dégagé au Sud de la rue et à l’Ouest de cet ensemble de constructions. Les citernes rectangulaires en mortier ont remplacé les citernes circulaires construites lors d’une phase ultérieure. L’étude des échantillons prélevés à l’intérieur des citernes nous renseignera peut-être sur leur usage.   Secteur VIII Dans ce secteur, où l’on a mis au jour une église, en usage pendant quatre phases successives, la fouille a porté sur la grande citerne de pierre, découverte en 2003. Il s’agit d’un ouvrage remarquable, à couverture voûtée. Elle a vraisemblablement été détruite lors des travaux de construction de l’ancien bâtiment de PA-SY-DY : deux piliers de béton cylindriques et un rectangulaire ont été coulés dans la citerne pour supporter l’édifice. Après les avoir entièrement dégagés, les piliers ont été découpés et enlevés, ce qui a permis d’explorer les couches inférieures. Sous une couche d’argile, une autre couche, de couleur grise, renfermait des fragments d’enduit et de peintures murales. Au-dessous, se trouvaient des blocs de poros brûlés et au-dessous encore, plusieurs tambours de colonnes à facettes. Au fond, au-dessus du sol, on a découvert du matériel organique brûlé, qui a laissé des empreintes sur la partie inférieure des murs. Les murs de la citerne ne portent toutefois pas de trace d’incendie. Le sol est recouvert de mortier et incliné. Il n’est conservé que sur une petite portion du côté Est, à une profondeur de 4,87 m (6,12 m sous la surface). Au même point aboutit l’escalier de pierre de 21 marches qui commence du mur Sud et se poursuit, après un angle à 90 °, sur le mur Est. Une grande canalisation creusée dans l’angle Sud-Ouest acheminait l’eau à l’intérieur. Seules 8 marches étaient restées en place, au bas de l’escalier. Une colonne de béton avait été coulée dans le mur Ouest pour renforcer l’étaiement du bâtiment de PA-SY-DY et on avait ménagé une ouverture dans le mur Nord dont la partie inférieure était constituée d’une grande plaque horizontale. Cet endroit n’a pas été exploré car, juste après, se trouve un autre grand pilier de béton, qui n’a pas été enlevé afin de soutenir le mur Nord de la citerne. Même si beaucoup de conclusions restent hypothétiques dans la mesure où l’ensemble de l’édifice n’a pas été fouillé, il semble qu’après l’incendie de la première basilique (documenté par les traces de feu sur le sol et par la couche de cendres qui le recouvrait), les objets brûlés ont été jetés dans la citerne, qui a donc connu une autre utilisation. Ses dimensions impressionnantes, son architecture et les fragments architecturaux qui ont été découverts à l’intérieur montrent qu’elle appartenait à un bâtiment important. Le remplissage contenait des tuiles, des fragments de peintures murales byzantines et de la céramique qui va jusqu’au XVIe s., ce qui fournit des indications chronologiques sur la période de fonctionnement des bâtiments ecclésiastiques et sur celle de leur abandon.  

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La cinquième et dernière campagne de fouille, sous la direction de Iannis Violaris, avait plusieurs objectifs. Il fallait, tout d’abord, réunir autant que possible les différentes zones fouillées, en abattant les bermes et en étendant certains sondages. On a, par ailleurs, poursuivi l’exploration de quelques bâtiments et secteurs, afin de résoudre des questions de topographie et de chronologie. Mais le souci principal concernait l’avenir du site, qui doit être rendu au public et cohabiter avec un bâtiment contemporain. Plusieurs sondages topographiques ont été réalisés, qui ont entraîné des fouilles limitées. On a également exploré des zones qui ne seront pas recouvertes, d’après les derniers plans d’aménagement, parus au cours de la campagne de fouilles. Enfin, des travaux de restauration et de consolidation ont porté sur les vestiges dégagés lors des campagnes précédentes, ainsi que sur les parois des sondages, à l’intérieur et tout autour du site.

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En vue de la construction des nouveaux bureaux des services de l’urbanisme et du logement, le gouvernement a fait exproprier les parcelles comprises entre les rues Kinyras, Korivou et Rimini et une fouille a eu lieu, de septembre à décembre 2005, sous la direction d’Eftychia Zachariou, avec la collaboration d’Andreas Constantinou, de Stalo Eleftheriou et l’assistance de Mary Chamberlain. Christophoros Larkos était chargé des relevés architecturaux. Les résultats issus de cette première exploration ont entraîné deux autres campagnes sur le terrain. Dans la partie Nord de la zone fouillée, on a dégagé des vestiges qui, quoique fragmentaires, appartiennent à un bâtiment monumental. Il s’agit d’une grande pièce, orientée Est-Ouest (larg. 9 m ; long. cons. 25 m). Le mur (ép. 1,20 m) semble se prolonger vers l’Est, à l’extérieur de la zone fouillée. Au Nord, des murs plus petits délimitent des pièces de moindres dimensions, appartenant au même ensemble. Les murs sont en poros et reposent sur des fondations de galets de rivière. Il faut noter que cette zone n’a pas livré de céramique et sa stratigraphie suggère qu’elle a déjà été fouillée dans le passé. Dans le secteur Sud, d’autres restes architecturaux ne font pas, à première vue, partie de l’ensemble mis au jour dans le secteur Nord. D’après les données recueillies, le site a été utilisé sans rupture de continuité entre la période médiévale et l’époque ottomane. Les fouilles se poursuivront au cours des premiers mois de 2007, afin de dégager complètement les vestiges, qui seront conservés aux côtés du bâtiment contemporain qui abritera les services de l’urbanisme et du logement.

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La seconde et dernière campagne de fouille à l’emplacement prévu pour l’extension du bâtiment de l’ETEK était dirigée par Iannis Violaris. Elle a porté sur deux fermes qui servaient d’ateliers au XXe s., ainsi que sur la cour intérieure qui les sépare. Il faut noter que la ferme Nord se trouve à l’arrière d’une maison ancienne, construite en 1902 (9, rue Thiseos), dont il constitue une extension.   Au cours de cette campagne, on a abattu les bermes des quatre sondages ouverts en 2005 dans la cour intérieure et on a implanté deux nouveaux sondages dans la ferme Nord, ainsi qu’un autre, de grandes dimensions, dans la ferme située au Sud de la cour intérieure.   Deux citernes, l’une du XVIe, l’autre du XVe s. apr. J.-C., ont été dégagées. La plus récente succède à la première et la recouvre en partie. Elle figure sur des plans du début du XXe s. La fouille a d’ailleurs permis de recueillir des preuves de son usage à date récente. Les deux citernes sont construites en blocs de poros équarris ; les parois intérieures et le fond sont recouverts de mortier hydraulique. Des canalisations de terre cuite conduisaient l’eau à travers des ouvertures percées dans les parois. Un bassin et d’autres aménagements de même nature ont également été mis au jour.   On a, en outre, découvert deux puits, dont au moins un a été en usage pendant la même période. Le premier (puits A), de forme carrée, est construit en pierres calcaires équarries. Le second (puits B), qui est intégré à une construction (voir infra), est circulaire et ses parois ne sont pas étayées. Au cours du XVIe s., les deux puits sont abandonnés et servent de décharge : on y a recueilli, entre autres, de la céramique, des ossements animaux, des clous de fer, et même quelques ossements humains.   Vers le XIVe s., du moins d’après les données disponibles, un épais mur à contreforts est construit. Il mesure plus de 12 m et suit une orientation Nord-Sud. En l’état actuel des recherches, la nature du bâtiment auquel il appartenait n’est pas claire, d’autant plus que l’ensemble n’a été exploré que très partiellement. Mais ses caractéristiques architecturales suggèrent qu’il s’agit d’un bâtiment monumental. Dans la même zone, des vestiges plus anciens sont conservés (sols et fondations de murs du XIIIe s.).   Il faut mentionner la découverte d’une construction de plan à peu près carré, dont le mur Ouest est incliné jusqu’à un certain point, tandis que les quatre murs portent, dans leur partie basse, un chaînage de bois. Les planches de bois étaient enduites de mortier de chaux et elles étaient liées, aux quatre points de contact, par un clou de fer. Aucun sol n’a été mis en évidence à l’intérieur, mais on a dégagé le puits B, qui occupait pratiquement tout l’espace du bâtiment. Comme on l’a dit plus haut, ce bâtiment a été abandonné, avec le puits, au cours du XVIe s., mais il a continué à être utilisé comme décharge. Il est, pour le moment, difficile de l’interpréter, d’autant plus qu’il n’a été, lui aussi, exploré que très partiellement : il appartient vraisemblablement à un ensemble plus important, qui s’étend au-delà de la zone fouillée. Ses phases les plus anciennes datent des XIIIe-XIVe s.   Plusieurs bâtiments, réduits pour l’essentiel à leurs fondations, et du matériel associé datent du XIIe s. De fait, les couches ont livré de la céramique de la seconde moitié/fin du XIIe s., voire du début du XIIIe s. : c’est là une indication précieuse sur la ville byzantine et son étendue.   Tous ces éléments montrent que le site a été fréquenté du XIIe au XVIe s., soit de l’époque byzantine à la période vénitienne. Il est probable que les couches de l’époque ottomane aient été arasées par les travaux du XXe s. Toutefois, l’abandon des deux puits, qui sont des constructions assez remarquables et qui appartenaient à au moins un ensemble bâti plus vaste, et leur utilisation comme décharge au cours du XVIe s. pourraient être liés à la prise de Nicosie par les Turcs en 1570. Il est, certes, prématuré de proposer des conclusions définitives. Mais on a localisé des constructions semblables en d’autres points de la ville, qui ont connu le même abandon soudain, sans doute à cause des destructions qui ont suivi la prise de Nicosie. La ville a d’ailleurs mis longtemps à s’en remettre, et en tout cas pas avant la fin du XIXe et les premières décennies du XXe s., au moment justement où la demeure bourgeoise du 9, rue Thiseos est construite. Voilà un sujet de recherche passionnant : comment (et quand) se manifeste, à travers les vestiges de la vie quotidienne, le passage de l’époque vénitienne à la période ottomane.   L’importance de la fouille de l’ETEK apparaîtra clairement lorsque le matériel sera étudié, analysé et publié. Elle a d’ores et déjà livré des informations intéressantes, concernant la gestion de l’eau à Nicosie au Moyen-Âge. Elle offre également du matériel (notamment céramique) et des séquences stratigraphiques qu’il faut comparer à ceux d’autres fouilles qui ont eu lieu, au cours des dernières années, en divers points de la ville. Parmi le peu de mobilier recueilli, mentionnons un denier frappé à Famagouste au XVe s. (c’est la première fois qu’on en trouve en fouille), et un fragment de croix en « marbre chypriote » (gypse), découvert dans le puits B, et provenant probablement d’un bâtiment ou monument du XVIe s.

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En 2006 a eu lieu la première campagne de fouilles de l’Université de Chypre sur le site de Palaepaphos-Marcello, sous la direction de Maria Iacovou. Le projet de fouilles sur deux ans s’inscrit dans un programme archéologique plus large, qui porte sur l’urbanisme, qui est très mal connu, de l’ancienne Paphos. Le but est de rassembler des informations sur la topographie urbaine des IIe et Ier millénaires, quand Paphos (qui prendra ensuite le nom de Palaepaphos) était le centre administratif et économique d’un État du Bronze Récent puis la capitale du royaume de Paphos, jusqu’aux dernières décennies du IVe s. av. J.-C.   Le programme s’appuie sur l’Atlas Archéologique Informatisé de Palaepaphos et sur les résultats des prospections géophysiques qui ont été menées en 2002 et 2003 dans le cadre d’une collaboration entre le Centre de Recherches Archéologiques de l’Université de Chypre et l’Institut d’Études Méditerranéennes de la Fondation de la Technologie et de la Recherche de Grèce (Rethymnon). La fouille a bénéficié de la participation d’étudiants chypriotes en archéologie des universités de Chypre, Dublin, Londres, Oxford et Bryn Mawr (États-Unis), ainsi que d’étudiants grecs des universités d’Athènes et de Crète spécialisés dans l’utilisation de Systèmes d’Information Géographique pour l’archéologie. Le programme de Palaepaphos a été conçu et est dirigé par Maria Iacovou, professeur d’archéologie préhistorique et proto-historique à l’Université de Chypre.   La première campagne de fouilles, menée conjointement avec l’étude de la céramique, montre que le site a d’abord été occupé par une série de tombes du Bronze Récent. C’est ce que prouve la découverte de nombreux tessons, appartenant notamment à des céramiques modelées (White Slip et Base-Ring), mais également tournées (White Painted Wheelmade) des XIIIe-XIIe s. av. J.-C., ainsi que l’identification de deux vases entiers White Painted (une cruche à bec et une assiette) qui faisaient sans aucun doute partie d’un assemblage funéraire plus important, qui n’a pas été conservé.   Après le XIIe s. av. J.-C., la nature du site change : à partir du XIe s. av. J.-C., les tombes se déplacent vers le Nord-Ouest, aux lieux-dits Xerolimnis et Xylinou, et elles s’éloignent définitivement de la zone de l’habitat du Ier millénaire.   La deuxième phase mise en évidence par la céramique date exclusivement de l’Âge du Fer (de la fin de l’époque géométrique jusqu’à l’époque classique). C’est à cette phase qu’appartiennent les murs qui ont été localisés jusqu’à présent. L’absence de tessons caractéristiques des périodes hellénistique et romaine invite à conclure qu’à la fin du IVe s. av. J.-C., cette zone a perdu de son importance et a commencé à être abandonnée. Le moment où le tissu urbain se rétracte à Marcello est justement celui où, selon les sources, Nicoclès a transféré la capitale du royaume à Néa Paphos.   La découverte la plus importante de cette première campagne de fouille a été celle d’une rue (faite d’un épais mortier blanc, très bien conservé, sur un soubassement de pierres), d’une largeur de 1,5 m, qui semble descendre de la colline de Marcello vers le village actuel de Kouklia. Cette rue permettra sans aucun doute de résoudre le problème de la relation entre la colline naturelle de Marcello (d’une hauteur de 115 m) et le sanctuaire de l’Aphrodite chypriote, situé à l’Ouest (à une hauteur de 80 m).

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Les recherches sous-marines dans la région de Palaepaphos-Kouklia ont été conduites par une équipe d’archéologues-plongeurs, spécialisés dans les programmes de télédétection (universités de Cambridge et de Southampton, Centre National Britannique d’Océanographie), sous la direction de Duncan S. Howitt-Marshall (Magdalene College, Cambridge) et avec la participation d’un archéologue-plongeur du Département des antiquités.   À l’origine, la zone avait été signalée à l’attention de Duncan S. Howitt-Marshall, en mai 2005, par un pêcheur, le docteur Philios Sazeidis. Au cours de l’été suivant, un programme visant à faire un inventaire systématique du site — nature et étendue — a été monté, en collaboration avec le Département des Antiquités de Chypre et le Centre d’Archéologie Marine (Southampton). Cette première période de recherches a permis de localiser environ 120 ancres en pierre : c’est la deuxième plus grande concentration connue à ce jour en Méditerranée orientale. Leur datation n’est pas encore assurée. Mais certains des types inventoriés pourraient dater de l’Âge du Bronze. La quantité d’ancres découvertes montre que le site était un mouillage important dans l’Antiquité, utilisé pour transporter des marchandises, mais aussi pour acheminer à Palaepaphos des pèlerins qui se rendaient au temple d’Aphrodite depuis tout le bassin méditerranéen.   La campagne 2006 s’est déroulée en deux phases. La première a consisté en prospections télescopiques et géophysiques du fond, à l’aide d’un sonar Sidescan, afin de cartographier les voies d’accès à Palaepaphos-Kouklia et les routes maritimes probables Est-Ouest qui étaient utilisées par les marins de l’Antiquité. L’équipement était prêté par le Centre National Britannique d’Océanographie, la plus ancienne fondation de recherches maritimes d’Europe. Les anomalies détectées à une profondeur inférieure à 30 m ont été explorées par des membres de l’équipe qui ont, en outre, prélevé un petit échantillonnage de sédiments afin de documenter une carte de la zone côtière. Cette démarche scientifique qui associe archéologie, géologie et biologie marine sera poursuivie, afin d’obtenir une image plus complète de la zone sous-marine et de constituer le premier répertoire informatique des fonds marins dans une zone précise de Chypre.   La seconde phase du travail visait à réaliser des cartes de la zone côtière peu profonde, en utilisant le système simple des « swim-lines » (on nage d’un point à un autre en suivant une ligne droite). Le matériel découvert le long de chaque ligne est localisé in situ grâce à un GPS portable et un schéma altimétrique du fond est réalisé à l’aide d’un ordinateur de plongée. Les données seront intégrées à l’automne, à l’Université de Cambridge, dans un programme de SIG (Système d’Information Géographique), qui représente la première étape du répertoire informatique.   Les recherches se poursuivront l’année prochaine, afin de déterminer la datation et la provenance des ancres. Cette étude mettra certainement en lumière le rôle joué par Palaepaphos-Kouklia, pendant toute l’Antiquité, au cœur d’un réseau d’échanges maritimes.

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La dixième campagne de fouilles dans le théâtre antique de Paphos (Université de Sydney), sous la direction de J. R. Green, a essentiellement porté sur la partie Est du koilon, qui est désormais presque entièrement dégagé. Il appert que le remplissage qui recouvre la partie basse du koilon et de l’orchestra provient de l’érosion de la colline après l’enlèvement du mur écran qui protégeait les gradins.   Les trouvailles ont été nombreuses et inattendues. Dans la partie basse du koilon, entre les escaliers 4 et 5, dans le quart Nord-Est, on a découvert un monument de facture sommaire dédié à Eustorgis, nom déjà attesté dans une inscription de Salamine. Le monument, qui s’apparente à une plate-forme, est fait d’éléments de sièges appartenant à une phase antérieure. Devant se trouve une base de statue remployée, sur laquelle on a effacé l’inscription originale, pour ne laisser subsister que le mot « φιλοκτίστα », qui désigne manifestement Eustorgis. La base repose sur un remblai de 18 cm qui recouvre le couloir entourant l’orchestra. Une ouverture a, en outre, été aménagée dans le mur de séparation, construit à l’origine pour protéger les spectateurs lors des spectacles aquatiques, aux IIIe et IVe s. apr. J.-C. Une colonne, remployée dans le mur, est également inscrite : elle indique que le même individu a concouru pour Chypre. Signalons qu’une autre colonne, dans la basilique voisine de Chrysopolitissa, fouillée il y a quelques années par A. Papageorgiou, porte également une inscription mentionnant le même nom : il est probable que cette colonne, ainsi que d’autres éléments architecturaux utilisés lors de la construction de la basilique, proviennent de la zone de l’ancien théâtre.   Ces inscriptions confirment la forme du nom qui avait suscité quelques difficultés chez les différents commentateurs de l’inscription salaminienne. Il semble s’agir du même personnage. L’inscription de Salamine indique qu’Eustorgis était responsable de la restauration de la cité. Même si la chronologie n’est pas encore assurée, l’inscription du théâtre date vraisemblablement d’une période tardive, quand l’édifice a commencé d’être utilisé comme carrière. Dans l’état actuel de nos connaissances, on peut suggérer une datation vers le milieu du VIe s., qui s’accorde avec celle proposée pour l’inscription de Salamine. Il est intéressant qu’un tel monument ait été construit dans un théâtre païen abandonné. Sa publication est en préparation.   À peu de distance, dans la région de l’orchestra, on a découvert les fondations d’un grand four du début de la période médiévale (XIIe-XIIIe s.). À cette époque, l’activité artisanale était intense, comme l’indique le nom de Fabrica qu’a reçu la zone. La fonction exacte du four n’est pas encore déterminée, mais il est probable qu’il servait à produire de la chaux à partir des fragments de marbre du théâtre.   On avait, par le passé, exploré en partie un tunnel, qui court sous l’orchestra depuis le bâtiment de scène. La poursuite des recherches a montré que la sortie était située exactement au centre de l’orchestra. L’étude de la céramique n’est pas encore assez avancée pour proposer une datation précise, mais il est probable que le tunnel ait été creusé lors de la réfection du théâtre sous Auguste, peut-être après le tremblement de terre de 15 apr. J.-C., qui semble avoir eu de lourdes conséquences. Il est vraisemblablement resté en usage jusqu’à la période antonine, puis il a été remblayé et l’orchestra a été refaite afin de pouvoir accueillir des spectacles aquatiques (sans doute vers le milieu du IIIe s. apr. J.-C.). À cette époque, des canalisations d’évacuation ont été posées au-dessus du centre du tunnel et d’une masse de tessons amphoriques, dont de nombreux fragments inscrits.   Une bonne partie de la campagne de cette année a été consacrée à l’examen du matériel pour la publication finale. L’étude des ossements animaux a révélé d’intéressants changements entre la période qui a suivi l’abandon du théâtre (le site était une carrière où l’on utilisait des ânes et des vaches) et l’époque médiévale (les activités étaient alors de nature domestique et artisanale et les besoins, pour l’essentiel alimentaires, avaient changé).

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La mission polonaise, dirigée par W. A. Daszewski, a travaillé cette année essentiellement dans deux secteurs, dans le bâtiment, connu sous le nom de « Maison Hellénistique », qui se trouve au Sud de la Maison de Thésée, et dans la Maison d’Aion, immédiatement à l’Est de la Maison de Thésée.  La Maison Hellénistique. On a fouillé les pièces 9E, 10E, 14, 15, 16, 17, 18 et 19, qui se trouvent toutes au Sud des pièces détruites par la construction de la Maison de Thésée. Trois phases ont été mises en évidence : La première date de la période hellénistique tardive et s’achève par une destruction violente. Une réfection de grande ampleur lui fait suite, au début de la période romaine, essentiellement dans la zone située au Nord du mur principal Sud (de 20,40 m de long). Ce dernier est reconstruit et il sépare une série de pièces de la cour de galets, détruite par des travaux ultérieurs. La troisième phase, de la période romaine tardive, voit l’adjonction d’un mur de clôture. La surface du sol se situe à environ 2 m au-dessus du niveau hellénistique ; à une profondeur d’environ 1 m, au-dessous du niveau romain tardif, on a repéré les vestiges d’un sol, associé à un mur de la période « byzantine ». Ce dernier s’appuie et est lié au mur Sud de la Maison de Thésée à l’Est et à l’Ouest, et il ferme la partie arrière des pièces 38 et 39 de la Maison. À côté de ce mur, on a ménagé un étroit couloir (0,52 m de large), fait de terre, qui conduisait à l’extérieur de la zone clôturée (peut-être pour les moutons et les chèvres des bergers). Au même niveau, une entrée de 1,02 m de large a été ouverte dans le mur du début de la période romaine, entre les pièces 14 et 15, avec un seuil construit. Une partie du mur byzantin a été détruite dans la zone de la pièce romaine n° 16, et seule une petite portion en est conservée. La phase romaine est riche en vestiges architecturaux et en trouvailles. Signalons un beau portrait d’homme âgé, en argile (FR1/06), une inscription grecque mentionnant le trésorier Flavius (FR2/06), de longs clous en fer et un gros coquillage. Les murs ont été profondément détruits par un tremblement de terre qui, d’après le mobilier, doit avoir eu lieu au début du IIe s. apr. J.-C. Les pièces s’alignaient en deux séries entre le grand mur et la cour de l’entrée n° 8E. Au Nord, se trouvaient des pièces plus vastes (10E, 14, 16 et 18, mesurant 4,97-5,06 m du Nord au Sud) et, au Sud, des pièces plus petites (15, 17 et peut-être 19, mesurant 3,70-2,70 de large X 3,07 m sur le côté Nord-Sud). Dans le remblai, on a également recueilli des lampes qui datent du début du IIe s. apr. J.-C., ainsi que des exemplaires plus anciens du Ier s. apr. J.-C. Dans le sol de mortier était pris un chandelier de bronze (FR40/06). Il se trouvait à côté d’un outil de basalte à surface creuse. Dans la pièce 14, on a dégagé le squelette brisé d’un homme, qui avait été enseveli et tué, sans doute par une grosse pierre, pendant le tremblement de terre. Tout près de lui se trouvait une amphore importée de Cos, écrasée sous l’effondrement des murs. Contre le mur Est de la pièce 16, un grand pithos était resté en place.   La phase hellénistique n’est illustrée que par des bribes de murs et de sols. Cette phase s’est également achevée par un tremblement de terre, aux alentours de 14 av. J.-C. : on a découvert sur le sol de la pièce 14 des vases brisés en place. La Maison d'Aion. L’exploration de la Maison d’Aion s’est poursuivie à partir de la limite atteinte lors des fouilles de 2005, dans la zone Nord du bâtiment. On avait également découvert, lors de la campagne précédente, des sols décorés de mosaïques, certains d’entre eux avec des motifs géométriques, ainsi que deux zones dont le sol est fait de grandes plaques orthogonales. On a fouillé cette année deux secteurs : Le premier secteur correspond à la suite de l’espace ouvert n° 27 et à l’extension du sol pavé. On espérait découvrir encore d’autres pièces des deux côtés (n° 28 à l’Est ; 29 et 31 à l’Ouest). Ces pièces ont été gravement endommagées par une fosse, sans doute creusée dans les années 50, qui a entraîné la destruction des murs, des mosaïques et, du côté Ouest, du pavement de la pièce 24(N).   L’autre secteur se situe à l’Ouest, où la fouille a été étendue aux pièces 12E, 12W et 33. Les résultats ont été particulièrement intéressants. Dans les deux premières pièces, on a recueilli, dans les couches de la période romaine tardive, de nombreuses monnaies, dispersées dans la même couche. La plupart datent du IVe s., mais certaines sont plus anciennes, d’époque ptolémaïque et du début de l’époque impériale. Dans la même couche, on a découvert de la céramique de Phocée (vases quasi entiers et tessons), ainsi que des amphores d’Afrique du Nord, de types rares, même en Afrique. Signalons, parmi les trouvailles, une plaque de plomb et un relief de plomb, un collier fait de 12 coquillages (cardium), une perle cylindrique en pâte de verre, ainsi qu’un petit moule pour la fabrication de reliefs représentant Artémis. Sous cette couche, d’autres contenaient une grande quantité de céramique hellénistique tardive, à l’Ouest du mur de séparation, dans la pièce 12W, ainsi que de nombreuses amphores rhodiennes brisées, à anse timbrée. On a recueilli un total de 26 amphores à anse timbrée, la plupart rhodiennes. Beaucoup de vases complets pourront être restaurés. Une coupe en sigillée de la fin du Ier s. av. J.-C. constitue l’une des trouvailles les plus récentes. On a également recueilli une assiette campanienne, un lagynos à décor peint et une cruche Red Slip. La céramique provenant de la pièce voisine à l’Est date essentiellement des IIe-IIIe s. Elle comprend des amphores romaines à anses à décor imprimé qui seront sans doute également complètes, une fois restaurées. L’édification de nouveaux murs sur les anciens et la mise en place de sols ont profondément remodelé cette zone. Les niveaux les plus anciens et un mur, dégagé dans la pièce 33, datent de la période hellénistique. Ils ont été remplacés par d’autres murs qui divisent les deux dernières pièces. Ultérieurement, à la période romaine tardive, on a bâti de nouveaux murs qui ont divisé les pièces 12E et 9, ainsi que le mur Nord de la pièce 33. Les sols les plus anciens des pièces 12E et 12W ont été coupés par les fondations du mur Nord de la pièce 7, qui a été reconstruit. Malgré tous ces changements, le bâtiment a gardé son caractère propre, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une maison possédant des pièces de stockage, par opposition aux pièces 1, 2, 3, etc., qui ont davantage une fonction de représentation. Outre ces deux zones, un petit sondage a été ouvert à l’Ouest et au Nord de la pièce 4, pour accueillir les déblais de la couche de destruction.

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Lors de travaux de terrassement préalables à la construction d’un complexe de résidences sur cette parcelle, des vestiges archéologiques sont apparus, presque dès la surface. L’exploration a été dirigée par E. Raptou, archéologue responsable du musée régional de Paphos, avec l’aide de techniciens du musée.   Au centre de la zone fouillée (qui mesure 16 X 15 m), un monument funéraire en élévation, du type « exèdre », supportait un sarcophage construit. L’« exèdre » a été installée sur le rocher naturel et le sable de la côte. Elle est faite d’un remblai de sable, de terre et de pierres non travaillées, et elle s’appuie sur ses deux côtés, au Nord et à l’Est, sur des murs construits en appareil irrégulier. Le mur Est utilise comme fondation, sur son bord Sud, le sable durci. Ces murs constituent l’angle Nord-Est de la construction. Ils ont été dégagés sur 7,70 m pour le mur Nord ; sur 4,40 m pour le mur Est. Ils ont une épaisseur d’environ 0,60 m et leur hauteur varie entre 0,50 et 0,70 m. Sur les autres côtés de l’« exèdre », il n’y a pas de mur, vraisemblablement en raison du dénivelé naturel. Le sarcophage, qui se trouvait pratiquement au centre de cette construction, a été profondément endommagé par le bulldozer : trois de ses côtés ont été arrachés. Il mesurait à l’origine 2,20 X 1 m. Il est fait de grandes plaques de pierre locale. Une partie du côté Est est restée en place ; la plaque du côté Nord, qui avait été déplacée, a été remise à son emplacement d’origine. On n’a pas trouvé de sol associé au sarcophage, probablement parce qu’il a été arraché par le bulldozer.   À l’Est de l’« exèdre », un puits de section rectangulaire, creusé dans le rocher, n’a pas encore été fouillé. Il n’y avait pas d’autre vestige dans ce secteur, à l’exception de quelques inhumations simples et de nombreux ossements animaux. À l’Ouest du sarcophage, une rigole inclinée, d’orientation Ouest-Est, conduisait l’eau dans une citerne creusée dans le rocher (prof. 1 m). Cette dernière est antérieure : elle a été recouverte par le remblai sur lequel on a édifié l’« exèdre ». Autour de l’« exèdre », des murs, qui lui sont à peu près parallèles, sont apparus sur les côtés Nord et Est (ép. 0,65-0,80 m ; à 1,35-2,40 m de l’« exèdre »). Ils ne sont pas matériellement liés aux constructions mentionnées ci-dessus, du moins dans l’état actuel des recherches. Ils ne paraissent pas davantage faire partie de bâtiments puisqu’ils reposent sur le sable et le rocher naturel, sans qu’on ait pu, jusqu’à présent, découvrir de sol en dur. Dans l’espace entre les murs et au-dessus de ces derniers, dans une couche de sable, se trouvaient trois inhumations intactes, de nombreux ossements humains et animaux, ainsi que de nouvelles inhumations simples dans des vases. Cette zone était certainement à l’origine une nécropole, qui accueillait des inhumations simples, peut-être celles de pauvres gens, puisqu’elles n’ont livré aucune offrande funéraire. À cette première phase appartiennent également les installations hydrauliques mentionnées ci-dessus, qui devaient répondre aux besoins de la nécropole. Le monument funéraire a été construit ultérieurement, bouleversant les inhumations précédentes : c’est ce qui explique la découverte de nombreux ossements humains dispersés dans toute la zone. Quant au mobilier, il s’agit exclusivement de céramique de la période hellénistique tardive (IIIe-Ier s. av. J.-C.), pour l’essentiel des tessons d’unguentaria, d’assiettes et d’amphores. Seule trouvaille à sortir du lot, une bague en argent a été découverte au doigt d’un mort dans l’une des tombes perturbées qui ont été fouillées à l’Est du sarcophage.

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Les fouilles de la mission archéologique italienne (Université de Catane, sous la direction de Filippo et Giada Giudice) à Kato Paphos-Toumbalos, site également connu sous le nom de « sanctuaire d’Apollon », ont porté cette année sur trois secteurs : la zone de la basilique paléochrétienne, le sanctuaire hypogée de la période hellénistique, et la domus paléochrétienne. La basilique paléochrétienne. - L’abside de la petite nef méridionale, au Sud de la nef centrale, a été dégagée sous une épaisse couche de déblais (fig. 1). Un sondage, implanté dans la fosse (funéraire ?) située immédiatement à l’Ouest de la petite abside, a atteint le pavement du sanctuaire hellénistico-romain, sur lequel le martyrium a été construit après la fin du paganisme. Le sanctuaire hypogée. - Un sondage, ouvert devant le rocher dans lequel le sanctuaire hypogée est creusé, a révélé l’existence d’une petite chambre rupestre (vraisemblablement d’époque plus tardive), mais fermée d’un mur de gros blocs qui appartenait probablement à l’un des couloirs du sanctuaire hellénistico-romain. Lors du nettoyage de la zone, on a découvert une autre grande chambre souterraine, au plafond voûté et aux murs soigneusement taillés dans le rocher, comme ceux du sanctuaire hellénistico-romain. Deux couloirs, également murés à date postérieure, conduisent à d’autres chambres souterraines, qui restent à explorer (fig. 2). Il s’agit évidemment d’un ensemble particulièrement grand et complexe, sans beaucoup de parallèles ailleurs en Méditerranée. La domus paléochrétienne. - Le puits (?) rectangulaire, découvert lors de la campagne précédente, a été fouillé jusqu’à une profondeur de 8 m, sans que le fond en soit atteint. Seule la poursuite des recherches permettra de clarifier la chronologie et la fonction de cette structure creusée dans le rocher. En outre, on a achevé la fouille des abords Ouest de la domus, où l’on a dégagé de nouvelles pièces. La fouille a été menée jusqu’au rocher, révélant de nouveaux bothroi du sanctuaire païen.

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La campagne de fouilles de l’Université de Princeton sur le site des villes antiques de Marion et d’Arsinoé, dans la ville actuelle de Polis Chrysochous, a porté principalement sur la zone Nord du site, là où se trouvait auparavant la maison de fouilles, qui a été détruite en 2002. La fouille s’est concentrée sur un grand bâtiment (25 X 35 m environ), construit en partie en grands blocs de calcaire, en alternance avec des sections en briques. Certains blocs ont été enlevés à date plus récente, mais les côtés Sud et Ouest sont pratiquement intacts et les murs sont conservés sur une élévation de 2 à 3 m. Le bâtiment présente des caractéristiques originales : L’appareil employé est inédit : on trouve des murs de briques au milieu de sections de murs en pierres équarries, qui semblent être des piliers, ainsi que des murs verticaux de briques entre les « piliers » de pierre et dans de longs murs de petites pierres qui encadrent les piliers de pierre à l’Est et à l’Ouest. Aucun sol visible n’a été repéré à l’intérieur. Le bâtiment ne contenait aucun mobilier. Les couches supérieures étaient faites de sable qui renfermait de la céramique chypriote décorée du IVe s. av. J.-C. Sur ce bâtiment, un autre a été construit à l’époque romaine (fin du Ier s. av. J.-C.). La partie la mieux conservée est constituée par une cour à péristyle dont le sol est en mortier. Ce matériau qui a été recueilli en morceaux dans des couches postérieures de la période byzantine, montre que le mortier était largement utilisé pour la confection de sols dans les bâtiments romains. Il semble s’agir d’une résidence romaine privée, qui jouissait d’une vue remarquable sur la mer.   Le bâtiment classique, fait de pierres équarries et de briques, n’a vraisemblablement jamais été achevé : c’est ce qu’indique l’absence de trace d’enduit (destiné à dissimuler les matériaux  peu cher employés) sur les murs qui ont été réutilisés. D’après les sections du bâtiment dégagées, ce dernier avait un plan symétrique, avec un vestibule ouvert au Sud, une grande cour centrale (on n’a découvert aucun élément de couverture) avec de petites pièces sur les côtés, et vraisemblablement une longue pièce étroite au Nord. Le bâtiment recouvre plusieurs petites constructions du VIe s. av. J.-C., dont ne sont conservées que des bribes : un fragment de sol peu épais en mortier, plusieurs tronçons de murs en briques, et les ruines d’un mur fait de petites pierres. Ces éléments ne livrent aucun indice permettant de définir la fonction du bâtiment postérieur de pierres et de briques. Ce dernier ressemble toutefois beaucoup à un sanctuaire, du type de celui de la fin du Ve s., découvert dans la zone A.H9 [1], mais avec une orientation inversée. D’autres recherches sont nécessaires et plusieurs hypothèses sont possibles. L’interprétation la plus vraisemblable est que la construction du bâtiment de pierres et de briques a commencé juste avant le siège de Marion par Ptolémée Sôter, en 312 av. J.-C. Le remblai de sable a sans doute été déposé afin d’intégrer le bâtiment dans le mur de défense de la ville, qui ne devait guère être éloigné et qui a été édifié dans l’urgence. On a relevé des indices prouvant l’existence d’une muraille dans la zone A.H9, à l’Est. Il est inutile, à ce stade de la recherche, de se perdre dans davantage de conjectures.   Nous espérons que la couverture temporaire des beaux murs de briques les protégera pendant un certain temps. Ces derniers sont conservés sur une hauteur de près de 3 m. Avec les piliers de pierre, ils représentent le bâtiment classique le plus remarquable de la région de Polis Chrysochous.   Une autre fouille a porté sur la partie Est du site antique, plus précisément sur l’extrémité Est du plateau connu localement sous le nom de Peristeries. Là, le plan de l’édifice dénommé « palais » a été dégagé, principalement dans sa portion Sud. Les indices recueillis lors des campagnes de fouilles précédentes, à savoir que le bâtiment suivait exactement la ligne de crête à l’Est, ont été confirmés : ainsi, le mur extérieur Nord-Sud change légèrement d’orientation vers l’Ouest, à l’endroit précis où la limite Est du plateau fait un léger décrochement vers l’Ouest. Plusieurs des petites pièces explorées ont été gravement endommagées en 1999, lors de creusements au bulldozer, entrepris en toute illégalité pour la construction d’une route. Il est probable que ces pièces donnaient sur une cour ouverte à l’Ouest. La partie préservée du bâtiment constituait sans doute l’aile de service d’un grand édifice, de belle construction, qui s’étendait peut-être, vers l’Ouest, au-dessous de l’école primaire actuelle.   Après plus de vingt campagnes, les fouilles de l’Université de Princeton sont désormais achevées à Polis Chrysochous. Des missions d’études sont prévues, afin de préparer les publications.   [1] Cf. W. A. P. Childs, « First Preliminary Report on the Excavations at Polis Chrysochous by Princeton University », RDAC 1988, p. 123-127.  

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Les fouilles de l’Université d’Edimbourg/Centre de Recherches Archéologiques de Lempa se sont poursuivies à Souskiou-Laona, sous la direction d’Edgar Peltenburg. Le site est connu pour ses nécropoles, les plus anciennes fouillées à ce jour à Chypre et datées de 3000 av. J.-C. On a achevé cette année l’exploration de la nécropole. On a fouillé les dernières inhumations multiples dans plusieurs tombes profondes, qui ont permis de faire des trouvailles remarquables, notamment des idoles cruciformes triples. Grâce à des méthodes d’analyses développées à l’Université de Newcastle-upon-Tyne, on tente de déterminer l’origine des hommes qui ont été inhumés dans la nécropole.   L’établissement le plus proche est constitué par des maisons circulaires et des installations artisanales sur un plateau aux flancs escarpés qui domine la rivière Vathyrkakas. Il est probable que les maisons aient été bâties sur des plates-formes/bases creusées dans le rocher. Leur élévation était soutenue par une armature, exactement comme dans les villages de montagne actuels.   Plusieurs structures étaient creusées dans le rocher ; elles possédaient des fosses au centre, entourées d’épaisses plates-formes. Sur l’une des plates-formes, des ustensiles pour préparer la nourriture étaient restés en place là où les avaient abandonnés les habitants. Lorsque ces bâtiments ont été entièrement remplacés par des habitations en élévation, les plates-formes ou murs d’appui creusés ont été reconstruits avec de l’argile et un revêtement de pierre.   De nombreux habitants de cette communauté fabriquaient des idoles cruciformes à l’époque chalcolithique : c’est ce que suggèrent la quantité de déchets de taille, mais également la fréquence de ces idoles dans les tombes. Contrairement aux idoles de picrolite, celles d’argile sont rendues avec beaucoup de détails et elles montrent que l’habitat de Souskiou était tout aussi important que les nécropoles qui, seules, ont attiré l’attention dès 1950.

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À Nicosie : Les murailles médiévales ont fait l’objet de petites interventions : on a restauré l’appareil des murs intérieurs de la Porte de Famagouste et de la salle médiévale connue sous le nom de Kastelliotissa, près de la Porte de Paphos. De gros travaux ont porté sur l’église d’Aghios Dometios à Aghios Dometios.   Dans le district de Nicosie : La restauration des peintures murales de l’ermitage rupestre d’Aghios Sozomenos, dans le village abandonné d’Aghios Sozomenos, se sont poursuivies. On a achevé les travaux de bâti et de restauration de l’iconostase, du trône épiscopal et du prie-dieu dans l’église d’Aghia Marina à Aghia Marina Xyliatou. Les travaux ont également été achevés dans l’église d’Aghios Varnavas et Aghios Hilarion à Peristerona ainsi que dans les ailes monastiques du monastère de l’Archange Michel à Analionta (les travaux avaient débuté en 2004). On a mené à terme un lourd chantier dans l’église de la Panaghia Chryseleousa à Geri. Les travaux se sont poursuivis dans l’église en ruines de la Panaghia Lampadiotissa à Mitsero. Une entreprise privée a construit une protection pour la chapelle rupestre d’Aghios Theodoros à Dali. Des travaux de restauration et de consolidation de l’église ruinée d’Aghios Georgios à Pera Oreinis ont été accomplis conjointement par le Département des Antiquités et un spécialiste privé. On a rénové la toiture en bois d’Aghia Marina à Linou. De grands travaux ont commencé dans l’église d’Aghios Georgios à Kalo Chorio Klirou ainsi que dans l’église de la Panaghia à Korakou. Ceux de l’église de la Transfiguration du Sauveur, dans le vieux village de Kakopetria, ont été achevés. De petites interventions ont porté sur le monastère d’Aghia Thekla à Mosphiloti et sur l’église de la Panaghia Chrysokourdaliotissa à Kourdali. On a restauré l’appareil de pierre extérieur de l’église de l’Archange à Platanistasa ainsi que son iconostase de bois sculpté. On a construit une protection en bois pour l’église d’Aghia Paraskevi à Leivadia Pitsilias. Dans l’église d’Aghia Anna, à Alithinou, on a posé un dallage et mis en valeur la cour. À Askas, un entrepreneur privé a construit un pavement tout autour de l’église de la Sainte Croix. On a réparé et consolidé le clocher de l’église d’Aghios Georgios à Alona. On a restauré les peintures murales de l’église de la Panaghia Chryseleousa à Strovolos ainsi que celles de l’église d’Aghios Ioakim et d’Aghia Anna à Kalliana. À Skouriotissa, on a restauré l’iconostase et l’autel de l’église de la Panaghia Skouriotissa ; à Platanistasa, l’iconostase de l’église de Saint Jean le Théologien. À Kampos tis Tsakkistras, on a construit une protection sur les ruines de l’église de la Panaghia ton Elikon.

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À Larnaca : Les travaux de restauration et de consolidation se sont poursuivis au fort, sur le minaret, endommagé par un séisme, de la mosquée Kebir et dans la mosquée Zuhuri.   Dans le district de Larnaca : Les travaux ont été achevés dans l’église d’Aghios Mamas à Alamino. L’angle Nord-Ouest de l’aile monastique Nord du monastère d’Aghios Minas à Vavla a été consolidé par un soutènement. La fouille de l’église en ruines d’Aghios Athanasios Pentaschoinitis à Aghios Theodoros s’est poursuivie. L’exploration des bâtiments monastiques, aujourd’hui en ruines, qui entouraient l’église de la Panaghia Stazousa à Pyrga, a débuté. On a restauré les peintures murales de la « chapelle royale » de Pyrga et celles de l’église d’Aghia Marina à Psematismenos.

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Des restaurations et consolidations de grande ampleur ont porté sur les bâtiments monastiques du monastère d’Aghia Napa à Aghia Napa et dans l’église d’Aghia Marina à Avgorou. Dans cette dernière, on a également restauré les peintures murales, ainsi que celle représentant saint Georges dans l’église d’Aghios Georgios à Paralimni.

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Les travaux de restauration dans le district de Limassol se sont portées en 2006 sur : l’église de la Panaghia Kivotou à Aghios Theodoros Agrou, ainsi que son iconostase de bois sculpté ; l’église des saints Anargyres à Phoini ; l’église d’Aghios Tychikkos à Aghia Phylaxi ; l’église de la Panaghia à Phoinikaria ; l’église de la Panaghia à Trimiklini ; l’église de la Sainte Croix à Kouka ; l’église d’Aghios Georgios à Monagri ; l’église de la Sainte Croix à Anogyra ; l’église d’Aghios Demetrios à Aghios Demetrios ; le mausolée musulman d’Ali-Dede à Limassol (fig. 1) ; la mosquée (anciennement église d’Aghios Georgios) à Episkopi ; les peintures murales de l’église de la Sainte Croix à Pelendri (inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO) ; l’iconostase de bois sculpté de l’église de l’Archange Michel à Aghios Ioannis Agrou.

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Dans le district de Paphos les travaux de restauration se sont portées sur : l’église d’Aghios Georgios ton Komanon à Mesana ; l’église de la Panaghia Chryseleousa à Lyso ; l’église d’Aghia Marina à Philousa Kelokedaron ; l’église d’Aghia Varvara à Argaka ; la mosquée (anciennement église d’Aghia Sophia) à Paphos ; la mosquée (anciennement église d’Aghia Aikaterini) à Pelathousa ; les peintures murales de la « catacombe » d’Aghia Solomoni à Kato Paphos ; le gynécée de l’église du monastère de la Panaghia Chrysorrogiatissa à Panaghia ; les peintures murales des tombes hellénistiques et romaines de la région de Kato Paphos.

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Restauration de monuments d'architecture traditionnelle dans le district de Nicosie : À Nicosie, des travaux de restauration et de consolidation ont porté sur l’ancien hospice près des murailles, sur la portion d’aqueduc ottoman qui passe près de la Porte de Famagouste et sur les bâtiments qui entourent l’église d’Aghios Kassianos. Des travaux ont débuté sur les deux maisons Lemonaris (parcelles n° 481 et 463) à Kakopetria, sur les bâtiments sis sur les parcelles n° 701 et 717 à Kalopanaghiotis et sur la parcelle n° 490/1 à Alithinou. On a mené à bien la restauration de la salle qui se trouve près de l’église de l’Archange à Pera Oreinis. À Potamia, on a nettoyé le canal et l’intérieur du moulin à eau en ruines qui se trouve à l’extérieur du village. Les travaux se sont poursuivis dans les maisons A. Michaelidis et El. Ioannou à Kakopetria et dans le lycée de jeunes filles de Pera Oreinis. La restauration régulière de la maison de maître d’Hadjigeorgaki Kornesios a eu lieu, ainsi que celle de la maison de maître de la rue Axiotheas à Nicosie, et des maisons Katsiniorou et Ach. Dimitris à Phikardou. On a achevé la restauration de la station de chemin de fer d’Evrychou, ainsi que celle de la maison M. Karaolis à Kakopetria, Vasiloudis à Pera Oreinis et A. Evangelou à Phikardou.

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Restaurations d'architecture traditionnelle dans le district de Larnaca : Les travaux se sont poursuivis sur l’aqueduc d’Abu Kebir au lieu-dit Kamares, dans le club de Larnaca, dans la mosquée Zuhuri, dans le magasin sis sur la parcelle n° 383 à Larnaca, sur la maison sise sur la parcelle n° 569 à Pano Lefkara, sur la maison Patsalou (Musée de la dentelle et de l’orfèvrerie d’argent traditionnels) et sur la maison Koumidis à Pano Lefkara. Les travaux se sont achevés dans la maison S. Vardas à Vavla. Les travaux ont débuté dans le magasin sis sur la parcelle n° 380 du complexe Zuhuri à Larnaca et dans la maison A. Savvidou sise sur la parcelle n° 570 à Pano Lefkara. Des travaux de consolidation et de soutènement ont commencé sur le bâtiment délabré sis sur la parcelle n° 420 à Pano Lefkara.

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Les travaux de restauration et de rénovation de la maison G. Evripidou à Omodos se sont poursuivis et ceux du moulin à huile traditionnel de Kalavasos et de l’école de Prastio Avdimou ont commencé.

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Des travaux ont porté sur la maison connue sous le nom de « Casino » à Kritou Tera et sur la maison de l’archevêque Makarios à Panaghia.

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À Kalavasos-Skouries, un sondage exploratoire a révélé un sanctuaire de la période chypro-classique, qui n’avait jamais été repéré. Un grand nombre de figurines brisées a été recueilli (MΛA 1878). Nous en illustrons trois à titre d’exemples : une figurine féminine, les bras écartés, qui faisait vraisemblablement partie d’une ronde de danseurs (2005/1 ; haut. cons. 14 cm ; fig. 1) ; une figurine d’interprétation incertaine, fragmentaire (2005/2 ; haut. 13,2 cm ; fig. 2) ; un fragment d’une autre figure féminine (2005/6 ; haut. 7 cm ; fig. 3).

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Des tombes, pour la plupart pillées, ont été fouillées cette année dans la ville et dans le district de Nicosie. Voici les découvertes faites à Mansoura. À Mansoura, au lieu-dit Spilios tou Listi, dans une tombe hellénistique (2006/VIII-28/2), pillée, on a recueilli de la céramique et une monnaie de bronze sur laquelle sont préservées des traces de tissu[1] (T. 1/9 ; diam. 2,5 cm ; fig. 1). ---------------------- [1] Cela a été observé ailleurs à Chypre : cf. P. Flourentzos, « Tomb Groups from the Necropolis in Ay. Omologites, Nicosia », RDAC 1986, p. 162-163 (avec références) et pl. XXXIII, 2.

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Le Musée de Chypre a acquis, provenant de Katydata : une lampe de bronze à anse ouvragée, datée de la période protobyzantine (Ve-VIIe s. apr. J.-C.) (2006/III-3/6b ; long. 19 cm ; fig. 1) ; une coupe mycénienne IIIB à une anse, qui imite des prototypes chypriotes en fabrique White Slip[1] (2006/III-3/5 ; haut. 3,4 cm ; diam. 7 cm ; fig. 2). -------------------- [1] V. Karageorghis, Nouveaux documents pour l’étude du Bronze Récent à Chypre, ÉtChypr III (1965), p. 205-208, pl. XV-XVI.  

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À Amathonte, la campagne 2006 (P. Aupert, Cl. Balandier et P. Leriche) concernait principalement le secteur Nord, secondairement la porte Sud-Ouest en bord de mer (fig. 1) : la fouille du secteur 13d a permis en particulier de préciser le tracé de plusieurs murs et, surtout, de rattacher cet ensemble à la muraille, à l’arrière de laquelle étaient donc adossées des salles oblongues. Un dépôt de fondation composé d’une marmite renfermant une grande et une petite coupelle a été mis au jour. La marmite, antérieure à l’époque hellénistique, fournit un élément de datation important. une série de sondages et de nettoyages localisés ont également été conduits, visant en particulier à documenter ou à préciser la structure architecturale du bâtiment 16, des tours Sud et Nord, de la voie de passage et de son dallage, de l’ensemble des pièces 3 à 9. l’intervention dans le secteur de la porte Sud-Ouest, en bord de mer, a permis de compléter la fouille et l’analyse stratigraphique. Les datations précédemment obtenues sont confirmées : notamment la construction de la grande muraille à l’époque hellénistique et la destruction datée du VIe s. de n.è. au plus tôt.

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Les fouilles antérieures à Amathonte (1987), qui avaient mis au jour une partie des magasins du palais du Ve siècle, avaient établi l’existence de trois états sur le site du palais (fig. 1). Les campagnes 2004 et 2005 s'étaient essentiellement attachées à trouver les limites orientales de la zone des magasins du dernier état du palais (état III) ; la campagne 2006 visait à approfondir notre connaissance de l’architecture des états I et II du palais et d’affiner leur datation respective. À cette fin, trois sondages ont été ouverts en 2006 (B. Blandin, Th. Petit et I. Tassignon) : sous le dallage en pierre de la pièce III, ont été mis au jour un mur qui paraît appartenir à la première phase du palais et qui se caractérise par une orientation tout à fait différente des autres murs, ainsi que des installations hydrauliques – canalisations, bassin – dont la destination n’est pas définie (fig. 2). sous le dallage en pierre de la pièce IV, on a mis au jour de la céramique géométrique de production locale (vers 900-800 av. n. è.) et égéenne (d'époque géométrique également) qui doit être associée à l’aménagement du premier état du Palais ; à l'interface des états II et III, une marmite intacte contenant une petite coupelle a également été découverte : il s'agit probablement d'un dépôt de fondation analogue à ceux qui ont été découverts antérieurement dans d'autres pièces du palais (fig. 3). dans la pièce V, enfin, trois sols de plâtre ont été successivement fouillés et l’étude de la céramique a permis d’établir une succession chronologique allant des environs de 900 au début du Ve siècle. Une base de colonne associée au premier état semble indiquer que cette zone n'était pas, à l'origine, affectée à des fonctions de stockage. Parallèlement à la fouille, l’aménagement et la mise en valeur du site se sont poursuivis avec l'enlèvement des déblais provenant des anciennes fouilles et la restauration des murs et canalisations.  

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Le programme d’analyses physico-chimiques de la céramique archaïque d’Amathonte pour 2006 (Fl. Daniel et S. Fourrier) s’est déroulé dans le cadre d’une convention élargie, puisqu’il associe désormais, outre l’EfA et le CRPAA (UMR 5060 – Bordeaux), le Museum National d’Histoire Naturelle (Fr. Frölich). – Après avoir mis en évidence la façon dont les potiers jouent sur le traitement différencié d’une même argile calcaire et sur les cuissons pour diversifier leur production, l’enquête a porté en 2006 sur les matières premières, afin de replacer l’artisanat amathousien dans son contexte géographique. Des analyses par diffraction de rayons X, spectroscopie infrarouge et expérimentation de cuisson ont porté sur une quarantaine d’échantillons d’argile recueillis dans différentes formations géologiques et dix échantillons de céramique représentatifs. Pour les céramiques culinaires, il est établi que les potiers ont utilisé les carrières d’argile de Moni, proches du site antique ; les résultats sont moins assurés pour les autres catégories de céramique et les analyses doivent être poursuivies.

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AVERTISSEMENT
La Chronique des fouilles en ligne ne constitue en aucun cas une publication des découvertes qui y sont signalées.
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