Chronique des fouilles en ligne
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Sur l’île de Samos, W. D. Niemeier (DAI) et O. Kouka (Université de Chypre) rendent compte de la poursuite, en 2012, des recherches menées en collaboration avec l’Université de Vienne sur le site de l’Héraion. Les travaux se sont concentrés sur deux secteurs : au Nord-Est de la voie sacrée (fig. 1 ; B) et à l’Est du grand autel (fig. 1 ; A). Dans le secteur au Nord-Est de la voie sacrée (fig 2), on a poursuivi les recherches sur l’occupation préhistorique du site de l’Héraion. Depuis 2009, la fouille a mis au jour, dans les niveaux inférieurs du sondage Sud, une couche de la fin du Chalcolithique et cinq phases de construction (I-V) s’échelonnant entre le Bronze Ancien I et le début du Bronze Ancien II (fig. 2-3). C’est autour de ce noyau d’habitation que s’est développé, dans la seconde moitié du IIIe millénaire, le plus grand habitat insulaire d’Égée orientale.   En 2012, la fouille s’est poursuivie au Nord des vestiges appartenant à deux phases de construction du Bronze Moyen (première moitié du IIe millénaire), sous des vestiges de construction de l’époque romaine mis au jour en 2011. Un nouveau sondage a été implanté, révélant également une phase de construction de l’époque romaine (IIe-IVe s. apr. J.-C. ; fig. 2 : en rouge sur le plan), ainsi que deux phases de construction de l’époque archaïque (fin du VIIe-VIe s. av. J.-C.). Les sondages implantés en 2011 ont livré six strates associées à un habitat du Bronze Moyen (phases 1-6, numérotées de haut en bas), qui correspondent à la phase VI de l’Héraion (identifiée d’après les objets issus des fouilles anciennes de Milojcic au Nord du temple), pour laquelle aucune couche d’occupation ni aucun vestige construit n’était jusqu’à présent connu. Les vestiges de murs des phases 2-6 appartiennent à une construction rectangulaire allongée, avec des fondations en pierre et une élévation en brique crue, une forme de construction typique sur le site depuis le début de l’Âge du Bronze. Leur orientation principale est Nord-Ouest/Sud-Est. Il apparaît que les maisons, détruites à plusieurs reprises par les crues de l’Imbrasos, étaient toujours reconstruites au même endroit. Leur état fragmentaire ne permet de déterminer ni leur taille ni leur aménagement interne. La céramique et les petits objets font connaître des activités domestiques (préparations culinaires, stockage) et artisanales (production textile, travail du silex et de l’obsidienne ; fig. 4- 5). La majeure partie de la céramique est locale et appartient à la tradition de l’Égée orientale et de la côte occidentale d’Asie Mineure. Malgré l’extension encore limitée de la fouille, les relations commerciales sont bien illustrées par les nombreuses importations d’Asie Mineure, des Cyclades (Mélos et Théra) et de la Crète palatiale. À côté des importations crétoises, on trouve aussi des imitations locales d’ustensiles de cuisson à caractère minoen (ustensile de cuisson à trépied, tasse conique sans anse, modèle métallique imitant une amphore à bec ovale : fig. 6) qui suggèrent un rapport étroit avec la Crète ainsi que, probablement, la présence de Minoens à Samos.   À l’Est du grand autel, les fouilles se sont également poursuivies. Sous des niveaux récents et romains se trouve une couche de déchets de taille provenant des travaux de construction du premier grand autel (dit « autel de Rhoikos »), construit dans la première moitié du VIe s. av. J.-C. (fig. 7). Sous cette couche de déchets, on a dégagé une couche de remplissage comportant des pierres de taille diverses et quelques fragments de petits objets votifs en argile et en faïence, ainsi que des ossements animaux. Cette couche a servi au rehaussement de l’espace destiné à accueillir l’autel de Rhoikos. Sous ce remblai se trouve un premier niveau de nivellement (A) daté entre la fin du VIIe et le début du VIe s. av. J.-C., qui comportait des cendres, de nombreux fragments d’objets votifs et de céramique, ainsi que de nombreux os d’animaux de sacrifice et des restes de banquet. À côté d’une fosse remplie de nombreux os animaux brisés et de fragments de céramique, on a trouvé une phiale en bronze posée à l’envers (fig. 8), ainsi que, un peu plus loin, une roue miniature en bronze (fig. 9). On a également recueilli quelques fragments de figurines de production locale, tandis que le moule en serpentine pour une grenade miniature en verre illustre la production d’objets de luxe dans le sanctuaire (fig. 10). De nombreuses représentations de la grenade, faites de matériaux divers, y ont été trouvées. Ce fruit symbolise le pouvoir d’Héra sur la fertilité. Des morceaux de malachite et d’azurite, minéraux secondaires, produits de l’altération du cuivre ont également été retrouvés dans se secteur (fig. 11). Les deux matériaux sont employés dans la peinture murale et dans l’orfèvrerie : les fragments recueillis entraient certainement dans la composition de matériel votif. De la première couche de nivellement (A), proviennent aussi des artefacts importés de Chypre : des fragments de figurines en calcaire représentant notamment des lions ainsi que des figurines masculines et féminines en terre cuite (fig. 12-13). On a trouvé, par ailleurs, des fragments de figurines en faïence, provenant probablement de Naukratis. Un fragment de tablette en os d’origine phénicienne, appartenant manifestement à une pièce de marqueterie, représente la tête de la divinité égyptienne Hathor. De la même région proviennent des fragments d’œufs d’autruche (fig. 14), comportant des traces de couleur. En outre, on a pu déterminer que les fragments d’une coupe en verre provenaient de Mésopotamie (fig. 15) : il s’agit d’un exemple de verre translucide assyrien. La coupe présente un décor de rosette au fond et comporte de larges nervures en forme de larmes, imitant un type de coupe assyrienne en or. La deuxième couche de nivellement (B) contient des fragments d’os d’animaux de sacrifice ainsi que des tessons de céramique, mais elle est moins riche en objets votifs que la couche de nivellement A. On signale la découverte de figurines en terre cuite de la seconde moitié à la fin du VIIIe s. av. J.-C. et la poignée en bronze d’un trépied de la première moitié du VIIIe s. av. J.-C. (fig. 16-17). Cette couche comportait une quantité importante de mobilier d’époque géométrique, mais la présence de mobilier protocorinthien indique qu’elle n’a pu se former qu’après 640

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À Héphaistia, dans l’île de Lemnos, E. Greco (Scuola Archeologica Italiana di Atene) rend compte de la poursuite en 2012 des fouilles du bâtiment archaïque situé sur le terrain Lazaridis, où a été localisé le sanctuaire de l’Isthme (« zone 17 » ; fig. 1). Les travaux ont mis au jour la couche de destruction qui recouvrait la cour. Le dégagement des dalles de poros qui constituaient le revêtement interne des parois de l’édifice, dont certaines avaient probablement été pillées dans l’Antiquité, a permis d’observer leur mode d’assemblage, vraisemblablement fondé sur l’utilisation de pinces en bois placées à l’intérieur de trous obliques qui traversaient les surfaces de contact. D’autres types de traces, au contraire, pourraient concerner le système de levage et de pose de ces blocs. La couche de destruction comportait de nombreux éléments architecturaux en terre cuite, comme des briques et des fragments de conduites, ainsi que des éléments de couverture. On signale la découverte, dans ces mêmes niveaux, d’un fragment de cratère attique à figures rouges représentant une scène dionysiaque de la fin du VIe ou du début du Ve s. av. J.-C.

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À Héphaistia, dans l’île de Lemnos, E. Greco (Scuola Archeologica Italiana di Atene) rend compte de la poursuite en 2012 des fouilles du secteur de la « maison aux colonnes » sur le terrain Mavrolambadou. Dans le secteur oriental de la « zone 17 », trois sondages ont été réalisés afin de déterminer les principales phases de construction du rempart archaïque de l’isthme, lui-même fondé sur des niveaux d’habitat de l’âge de Bronze. Dans le premier sondage (18), contre le parement externe de la section du rempart située à l’Est de la tour (mur M), la fouille a recoupé les tranchées des sondages anciens implantés par Adriani dans les années 1930, époque à laquelle les structures avaient été dégagées jusqu’à la roche. L’opération de 2012 a permis d’observer à nouveau un segment du mur X, parallèle au rempart, sur pratiquement toute la longueur du sondage (fig. 1). Aucune structure plus ancienne n’a été mise au jour, alors même que la partie occidentale du sondage avait livré en 2011 un pavement du Bronze Récent. Dans les deux autres sondages, les vestiges de quelques murs mis au jour permettent également d’identifier un secteur d’habitat de l’Âge du Bronze. Le « sondage 19 » (fig. 2) a livré une couche de débris de construction du rempart (mur M). De ce niveau proviennent de nombreux tessons de céramique de la fin du VIIIe ou du début VIIe s. av. J.-C., ainsi que de la céramique Grey Ware et G 2-3 (fig. 3). Sous ce niveau, on a dégagé une couche de destruction de murs datés du Bronze Récent. La fouille de la partie orientale du sondage 14 (fig. 4) a permis d’identifier deux segments de murs défensifs qui montaient vers l’isthme (les segments F et M du rempart), ainsi que des niveaux de la fin de l’Âge du Bronze, constitués par un sol pavé délimité au Sud et à l’Est par l’angle d’une structure à double parement, maçonnée avec des pierres grossièrement taillées.

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