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Dernières notices ajoutées par région : Chypre
Le site au lieu-dit Vlou, localisé à 2,5 km du village d’Anogyra, était sans doute un petit sanctuaire rural en activité de la fin du IIe au IVe s. apr. J.-C. Lors des campagnes précédentes en 2009-2011, sous la direction de V. A. Goroncharovskiy, on a partiellement dégagé une pièce principale, une grande cour à trois niveaux, quatre pièces de service et une petite maison à deux pièces dans la partie orientale du site. Cette année, un ensemble de nouvelles pièces a été fouillé dans la partie Nord-Est du sanctuaire (fig. 1). Dans les niveaux inférieurs du cellier d’un bâtiment, on a découvert les vestiges d’un atelier de production d’huile d’olive, détruit par un tremblement de terre à la fin de la période hellénistique. Devant l’énorme pierre verticale du pressoir se trouvait un canal profond (0,90 m de profondeur) et un poids en pierre. Dans le reste du bâtiment, cinq pièces ont été explorées. L’une d’entre elles servait sans doute d’étable pour les ânes ou les mules : la pierre d’angle de la pièce portait deux trous qui devaient servir à attacher les animaux. Parmi les trouvailles provenant des autres pièces, mentionnons un bloc de pierre rectangulaire avec un grand « A » gravé, une épingle en bronze à tête arrondie et deux monnaies de cuivre de Constance II (337-361). Ces données confirment l’hypothèse que la dernière phase du sanctuaire date des environs de 365 apr. J.-C., moment du grand tremblement de terre qui a détruit la ville voisine de Kourion.

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Sur le site de de l’Âge du Bronze de Laonin tou Porakou, les recherches se sont poursuivies en 2012 sous la direction de L. Bombardieri (Université de Florence). Les travaux ont confirmé que le site avait été occupé au cours de deux phases principales (Phases A et B), entre la fin du Bronze Ancien (Chypriote Ancien II/III) et le début du Bronze Récent (Chypriote Récent I). Le site, qui couvre environ 1,5 ha, est organisé en trois terrasses successives. Le sommet de la colline était une zone industrielle (Area A), la terrasse suivante était un quartier résidentiel (Area B), tandis que les terrasses s’étageant vers le Sud étaient occupées par les nécropoles (Area E). Les fouilles de sauvetage menées par le Département des Antiquités à Ypsonas-Vounaros (à environ 400 m au Nord du sommet de la colline) ont révélé la présence de trois nouvelles tombes, en partie pillées, du même horizon chronologique : il semble donc que l’habitat d’Erimi-Laonin tou Porakou était entouré de deux nécropoles, l’une au Sud, l’autre au Nord. Les fouilles se sont concentrées cette année sur la zone industrielle (Area A). Cette dernière mesure 20 x 20 m. Il s’agissait de mieux définir les installations de la phase la plus ancienne et de préciser sa datation (phase B) en la dégageant sur une plus grande surface ainsi que de vérifier le plan général du quartier. Dans les entrepôts (SA I), on a mis au jour une série d’installations creusées dans le sol de plâtre ou reposant directement sur ce dernier : un foyer circulaire, un bassin arrondi et un bassin rectangulaire, des emplacements de jarres et de pithoi. L’extension du sondage de 10 m vers l’Est a révélé la présence de trois nouvelles pièces (SA III, SA IV et SA V). La céramique découverte dans les deux phases est typique des productions de la côte Sud, avec surtout du Red Polished et, dans une moindre mesure, du Drab Polished. Mentionnons en outre la découverte d’outils en pierre, de fusaïoles en terre cuite à décoration incisée et de poids de métier, qui confirment que la zone industrielle était dévolue à des activités textiles.  

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Les fouilles du sanctuaire hellénistique sur l’île de Geronisos se sont poursuivies en 2012 sous la direction de J. B. Conelly (New York University). On avait recueilli, lors des campagnes précédentes, des séries de petites amulettes, sans doute portées par des petits garçons, qu’on amenait à Geronisos pour accomplir les rites liés au sevrage. La découverte, en 2012, d’un charme inachevé, sans encore de trou de suspension et sans encore de décor gravé, semble montrer que ces amulettes étaient fabriquées sur place dans l’île. Une autre amulette, de découverte récente, porte deux noms masculins : Minas, gravé sur le côté, et Diophantes, gravé sur la base. C’était peut-être le nom d’un enfant qui portait le talisman lors des rites. De même, un ostracon retrouvé sur le site porte une liste de noms masculins : Chariton, Thrasayes, Nikkon et Chaireas. Il s’agit peut-être des noms de garçons qui participaient aux rituels. D’autres ostraca étaient les abécédaires d’enfants qui apprenaient à écrire. Cela suggère que le sanctuaire abritait une école de garçons. Il est possible que la plate-forme circulaire dégagée dans la partie Nord de Geronisos fût un espace de danse pour les chœurs de garçons (cela faisait partie de leur éducation et du culte rendu à Apollon). Parmi la céramique de la période hellénistique tardive recueillie au cours de cette campagne, mentionnons des coupes à boire, des bols, des cruchons, des lagynoi et des plats en sigillée orientale A, en sigillée chypriote, et en fabrique locale (Pink Powdery Ware).

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À Idalion, les fouilles dirigées par P. Gaber (Lycoming College) se sont poursuivies en 2012 dans le « sanctuaire d’Adonis » sur l’acropole Est (Moutti tou Arvili). Dans certaines zones du site, l’exploration a atteint les niveaux de fondation, datables du XIe s. av. J.-C. L’élargissement de la route reliant Dali et Lymbia a nécessité des fouilles d’urgence entre les acropoles Est et Ouest d’Idalion. Les parties à l’Ouest de la route ont été fouillées par le Département des Antiquités, celles à l’Est par la mission américaine. Cette dernière a mis au jour des murs datant des périodes chypro-archaïque, hellénistique et romaine. Dans la ville basse (située immédiatement au Nord de l’acropole Ouest fouillée par le Département des Antiquités), des vestiges du Chypriote Récent III et du début de la période géométrique ont été mis au jour. Un épais niveau d’incendie a été interprété comme témoignant d’une destruction qui aurait eu lieu vers le milieu du Ve s. av. J.-C.

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La fouille de l'habitat du Bronze Ancien et Moyen au lieu-dit Skalia, près de la commune moderne de Kissonerga, dans la région de Paphos, s'est poursuivie en 2012 sous la direction de Lindy Crewe (Université de Manchester). Au cours de la dernière phase d’occupation, un grand bâtiment couvrait 700 m2. Il était construit en différents types d’appareil, avec des murs de fondation en pierre conservés jusqu’à une longueur de 35 m et atteignant une largeur de 1,2 m. Il comprenait une grande cour au sol de plâtre, dans laquelle on a découvert des fosses enduites, de la céramique, des poids et des fusaïoles. Des activités artisanales s’y déroulaient, comme l’indique notamment la présence d’un four de séchage d’environ 2 m de diamètre en terre crue. On a poursuivi la fouille de la pièce contiguë à la cour et de nouveaux murs de refend ont été dégagés. Deux grandes jarres de stockage partiellement enterrées dans le sol se trouvaient près de fosses étroites et profondes, remplies de cendres, et d’une petite structure construite en pierres, également remplie de terre cendreuse (fig. 1). À l’intérieur de cette structure, on a découvert une grande jarre, en pâte locale, fabriquée sur le tour lent. C’est la première fois qu’on trouve une céramique faite au tour sur le site : elle illustre une évolution qu’on observe ailleurs à Chypre à cette époque (vers 1650 av. J.-C.), avec l’apparition des premières poteries tournées. Dans d’autres zones du site, des niveaux domestiques antérieurs ont été mis au jour. La stratigraphie comprend une séquence de cinq niveaux de sols successifs, la plupart de terre crue, deux en plâtre, séparés par des remblais. Les styles céramiques indiquent une occupation longue (depuis le Bronze Ancien) et des contacts avec d’autres régions de l’île. Dans le cadre d’une tentative d’archéologie expérimentale, on a recréé le four de séchage, dont on pense qu’il a pu servir notamment à faire fermenter des grains pour fabriquer de la bière et à sécher de la nourriture.

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Un nouveau programme de recherche sur la ville protobyzantine de Kourion a débuté en 2012, dirigé par T. W. Davis (Tandy Institute for Archaeology at Southwestern Baptist Theological Seminary in Fort Worth Texas), Les recherches ont porté sur la zone sise au Sud-Est de la basilique et au Sud-Ouest de la « Maison du Tremblement de Terre ». Trois sondages de 3 x 3 m ont été ouverts. Trois sols mosaïqués, exposés par l’érosion sur la crête, ont été fouillés (fig. 1). Le premier est un sol partiellement conservé, composé de tesselles blanches, associé à une citerne (il mesure 50 x 50 cm). Le deuxième, situé immédiatement au Nord du précédent, mesure 5 x 3 m. Il est fait de tesselles de pierre, comprenant au moins trois couleurs différentes et il possédait peut-être un décor figuré. Le troisième sol, situé à environ 3 m plus bas sur la falaise, est conservé sur 2 x 2 m. Il comporte un décor de motifs géométriques (losanges et svastikas). Ces sols mosaïqués témoignent sans doute de l’existence d’une villa urbaine, contemporaine de celle d’Eustolios. Un grand bassin (9,6 x 1,7 m sur 0,82 m de profondeur) a également été dégagé (fig. 2). Comme il est situé au bord de la falaise, seules ses fondations subsistent. Le matériel retrouvé suggère une construction entre 450 et 525 apr. J.-C. Le bassin a subi deux modifications avant d’être abandonné (mais non pas détruit).

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La fouille de l’épave de Mazotos s’est poursuivie en 2012, sous la direction de St. Demesticha et de D. Michaelides (Université de Chypre). Deux nouveaux sondages ont été ouverts au Nord du site (dans la zone probable de la poupe du navire; fig. 1). Ils montrent que la coque et l’armature en bois du bateau sont conservées sur au moins 15 m de long. Outre la cargaison d’amphores de Chios, la fouille a révélé la présence d’autres amphores et de céramique fine, provenant de la cabine de poupe. L’un des vases porte deux lettres, correspondant probablement aux initiales d’un passager ou d’un membre d’équipage.

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À Paphos, la Jagellonian University de Cracovie a poursuivi les fouilles de l’agora antique en 2012, sous la direction d'E. Papuci-Wladyka. L’exploration a porté sur le sondage I (dans la partie centrale de l’agora romaine) et sur le sondage II (dans la partie centrale du portique Est). Le sondage I a révélé la présence d’un puits (d’abord interprété comme une citerne), d’environ 4,50 m de profondeur. Sa partie supérieure était remplie de grands blocs de pierre. Ce comblement surmontait un dépôt clos et homogène, fait de terre, de quelques galets et d’une grande quantité de matériel, essentiellement de la céramique, datable du début de la période romaine (avant le milieu du IIe s. apr. J.-C.). Dans le sondage II, une longue séquence stratigraphique a été mise en évidence (fig. 1). La structure la plus ancienne, dans la partie Sud du sondage, est un canal d’orientation Nord-Sud en plaques de pierre, découvert dans le Pièce 5. Il est probable qu’une canalisation de terre cuite était placée dans ce canal : on l’a retrouvée plus au Nord. D’après les résultats préliminaires, ce canal date de l’époque hellénistique. Il a été détruit lors de la construction d’un grand mur (canal ? stylobate ?) d’orientation Est-Ouest. Au Nord, on n’a pas retrouvé la suite du canal hellénistique, mais des traces de destruction montrent qu’il se prolongeait dans cette direction. Des vestiges anciens ont également été mis au jour dans la partie Nord du sondage, dans la pièce 10, qui a été fouillée jusqu’au rocher. Les niveaux les plus bas contenaient du matériel exclusivement hellénistique (essentiellement de la céramique) associé à des murs, des sols et des niveaux d’habitation. On a également découvert dans ce sondage des vestiges architecturaux de la période romaine. Au total, douze pièces ont été dégagées. Il s’agissait sans doute de boutiques (tabernae) du début de la période romaine, détruites lors d’un tremblement de terre. On a découvert sous un mur effondré dans la pièce 1 une cruche en bronze et, sur le sol, des vases écrasés, en particulier un mortier bien conservé, un grand bol avec deux timbres de fabricant et un graffito avec le nom du propriétaire. On notera en outre la présence d’un grand canal d’orientation Est-Ouest dans la partie Nord du sondage. Il peut être contemporain du podium du portique Est de l’agora romaine. Le matériel recueilli est important. Il s’agit pour l’essentiel de céramique : céramiques fines, communes, culinaires, amphores de transport, vases de stockage, datés des périodes hellénistique, impériale, tardo-romaine et byzantine. Les trouvailles les plus spectaculaires sont des boucles d’oreille (ou des pendentifs) en forme de feuille de lierre et des objets en bronze dont une cruche, une louche avec un manche de fer, un anneau, de nombreuses monnaies, des épingles, etc. Parmi les objets en plomb, signalons une louche avec un manche de fer, des poids et une petite tablette inscrite en grec mentionnant le nom d’un personnage officiel, Seleukos, fils de l’agoranome Ioulios Bathylos.

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Dans la région de Paphos, une nouvelle campagne de fouilles s'est déroulée à Prastio-Mesorotsos en 2012, sous la direction d’Andrew McCarthy (Université d'Edimbourg). Les fouilles ont porté sur les niveaux néolithiques, chalcolithiques, du Bronze Ancien et Moyen ainsi que sur les périodes protobyzantine et byzantine. On a découvert une inhumation d’enfant en contexte domestique datant du Bronze Ancien (fig. 1). On a également fouillé une zone du site qui a livré une longue séquence stratigraphique correspondant aux périodes protobyzantine et byzantine.

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Sur le site d’Aghia Varvara-Asprokremmos, C. Mc Cartney (Université de Chypre, Université de Cornell, Université de Toronto) a mené une nouvelle campagne en octobre et novembre 2012 et a mis au jour de nouvelles structures appartenant à un habitat du Néolithique acéramique B. On a dégagé un sol (surface 320), en forme d’assiette, dont les côtés, surélevés, forment une sorte de banquette sommaire le long de la circonférence du mur intérieur. Du côté Nord, des amas stratifiés de cendres et d’outils en pierre documentent une série d’utilisations successives. La découverte d’objets enterrés (toujours utilisables mais abandonnés) ainsi que des traces d’érosion répétées montrent que la structure n’était utilisée qu’épisodiquement et qu’elle avait un caractère domestique. La construction d’un tel bâtiment a nécessité un investissement certain, ce que montrent sa forme d’assiette profonde, creusée dans le rocher, et l’épaisseur (10-15 cm) de l’enduit mural. Ce dernier porte des traces de combustion qui indiquent que le toit devait être fait de branches avec un liant de terre. Le sol était en terre battue, avec des couches d’alluvionnement sans doute accumulées lors d’épisodes d’abandons temporaires (peut-être saisonniers). On a poursuivi la fouille de la structure F541, située à l’extrémité Sud du site et dont la moitié Est avait été dégagée en 2011 : elle apparaissait alors comme une fosse peu profonde, remplie d’outillage lithique et de débris. Il s’agit en réalité d’un creusement de diamètre beaucoup plus grand que ce qu’on avait d’abord pensé, avec une fosse plus petite à la base. Cette dernière contenait des pierres brûlées et des cendres qui indiquent qu’il s’agissait d’un foyer construit lorsque F541 était utilisé comme structure domestique, avant d’être transformé en dépotoir. F541 semble plus récent que F300, de forme plus élaborée, situé au Nord. Cette simplification des formes suggère que, lors des dernières phases d’occupation du site, les abris avaient un aspect plus temporaire et moins soigné que précédemment. Dans les niveaux supérieurs du dépotoir, on a recueilli un grand pendentif en picrolite en forme de larme, soigneusement gravé et d’un type plus évolué que celui des autres ornements découverts jusqu’alors sur le site (fig. 1). La fouille a repris dans une zone au Nord-Est de F541. Là, des plaques de calcaire entouraient des pierres brûlées disposées en forme de grand foyer. Sous les plaques, dans une structure partiellement creuse, se trouvaient des centaines de nodules de pigment d’ocre. La fouille n’a pas été achevée, mais on a recueilli une grande variété de pigments d’ocre rouge, jaune, orange, pourpre et gris, ainsi que de la terra verde vert vif. Ces pigments sont communs dans le village de Mathiatis, à 1 km du site. La structure a été creusée dans le sédiment naturel sur ses côtés Sud et Ouest, afin de créer une surface plane qui s’étendait vers le Nord. Là, se trouvaient des foyers associés à une série de trois fosses peu profondes et des trous de poteaux (fig. 2). L’une des fosses (F590) avait une ouverture soigneusement façonnée, avec une série de trous de poteau sur son côté Est : il s’agit d’un espace de travail néolithique où se déroulaient des activités liées à l’ocre. Comme F531 (fouillé en 2011), où on avait également retrouvé une grande concentration de pigments, d’outils de broyage et de grattoirs, la zone des plaques de calcaire (avec la présence de foyers, de fosses peu profondes et de nombreux trous de poteau) pourrait indiquer qu’on tannait des peaux de porc sur le site. Parmi les autres usages possibles de l’ocre, on peut également évoquer la décoration et l’enduit d’outils. Quoi qu’il en soit, ces trouvailles montrent que cette matière première abondante à Chypre était déjà exploitée intensivement au début de la période néolithique.

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Sur le site du Bronze Moyen d’Alampra-Mouttes, A. Sneddon, G. Deftereos et T. Rymer (University of Queensland, Australie) ont mené un nouveau programme de fouilles en 2012. Le site avait été exploré dans les années 1980 par une mission de l’Université de Cornell, sous la direction de J. Coleman. Ce nouveau programme a été suscité par le Département des Antiquités qui a signalé la découverte de vestiges lors de travaux routiers en bordure du village moderne d’Alampra. La campagne 2012 a permis de montrer que le site d’Alampra s’étendait sur une large superficie puisqu’on a dégagé un bâtiment de type domestique à environ 200-300 m du secteur fouillé par la mission de l’Université de Cornell. Les vestiges de cette maison du Bronze Moyen comprennent une pièce rectangulaire étroite (5 x 3 m), dont les murs sont faits de brique crue sur un soubassement de pierre (ce qui n’est pas sans évoquer les maisons traditionnelles du village moderne d’Alampra). Une pièce de stockage, bien conservée, abritait au moins six pithoi (fig. 1), qui devaient contenir des céréales, de l’huile ou de l’eau. Mentionnons, parmi les découvertes, une épingle de bronze qui servait de fibule, un ciseau en bronze d’un type rare, des instruments de tissage et de la céramique décorée. La maison a été vraisemblablement détruite par un incendie vers 1600 av. J.-C., ce qui peut expliquer son état de conservation.

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Sur le site de Dromolaxia-Vitzakia, également appelé Hala Sultan Tekke, P.M. Fischer (Université de Göteborg) a poursuivi la fouille du grand bâtiment (plus de 30 x 20 m), daté des XIVe-XIIe s. av. J.-C. et qui comportait des espaces de vie et de travail. Vingt pièces ont été dégagées pour le moment. Dans certaines d’entre elles, on fabriquait des objets métalliques : on a recueilli beaucoup d’outils en bronze, des armes et des bijoux. Plusieurs indices suggèrent qu’une catastrophe naturelle a eu lieu, peut-être un tsunami. On a découvert, dans une zone encore en cours d’exploration, un mur massif de 2 m de large qui suit une orientation à peu près parallèle à la mer. Il était construit sur une colline, à environ 10,50 m au-dessus du niveau de la mer actuel, au surplomb de l’ancien port (aujourd’hui lac salé). Sans doute ce mur a-t-il été construit pour arrêter une vague de tsunami. Ce tsunami aurait frappé la côte de Chypre, dans la zone de Larnaca, entre 1450 et 1350 av. J.-C.

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Sur le site de Kition, S. Fourrier (Mission française) a mené une première campagne de fouilles dans la nécropole de Kition-Pervolia, située dans la ville moderne de Larnaca, en octobre 2012. Une étendue de 150 m2 a été décapée superficiellement. Six tombes ont été localisées : trois d’orientation Est-Ouest, trois d’orientation Nord-Sud (fig. 1). Toutes les tombes sont disposées très près les unes des autres et tête-bêche afin d’économiser au maximum l’espace. Aucun aménagement de surface (enclos, stèles) n’a été repéré. En revanche, les tombes présentent toutes le même aménagement particulier au-dessus du stomion : une sorte de niche, dans laquelle on n’a découvert aucun matériel et qui avait peut-être une utilité pratique (afin de faciliter la manipulation de la lourde dalle fermant le stomion, lors des inhumations successives). Cet aménagement, visible sur le rocher en surface, constituait en tout cas un indice sûr de localisation de la chambre funéraire, que les pilleurs ont su utiliser, comme le montre la présence de nombreuses fosses modernes. L’une de ces fosses a largement creusé dans le rocher friable, à l’aplomb de la chambre funéraire à laquelle menait le dromos 5 et sur toute l’extrémité nord du dromos. En la vidant, nous avons donc pu fouiller à l’arrière des parois du dromos, et notamment derrière le parement de quelques blocs qui marque systématiquement la limite entre la couche de rocher de surface (havara) et le substrat naturel (konnos). On pensait à l’origine que ces blocs servaient à renforcer les parois du dromos, à proximité du stomion. En réalité, ils ferment des sortes de cachettes creusées dans les parois du dromos et dans lesquelles étaient déposés de petits vases complets et des bijoux (anneaux et bracelets de bronze, perles en pâte de verre). Ces petits trésors étaient vraisemblablement déposés lors de la fermeture de la tombe, avant que le dromos ne soit définitivement remblayé. Une seule tombe a été fouillée, afin d’établir une séquence stratigraphique complète. Le dromos a été dégagé jusqu’au sol. Il était rempli de sédiment riche en matériel céramique, de datation homogène (début du Ve s. av. J.-C.). La plupart des vases était brisée, mais on a également recueilli plusieurs petites formes complètes (coupelles ou cruchons, qui étaient le plus souvent jetés par deux dans le comblement). Le remplissage a été déposé en une seule fois, sans trace de recreusement. On peut donc en conclure que le dromos restait ouvert tout le temps d’utilisation de la tombe (seule la porte du stomion étant close entre deux inhumations) et qu’il n’était remblayé qu’au moment de la fermeture définitive de la tombe. L’entrée de la chambre funéraire était fermée par une grande dalle de gypse, abîmée dans son coin supérieur droit (signe de son ouverture répétée au moment des inhumations successives). Le stomion, d’environ 40 cm, est en pente et conduit à une chambre funéraire unique, voûtée en berceau. La fouille de la chambre funéraire a été très longue, car elle était presque entièrement comblée par du sédiment stérile, infiltré lors des pluies et de l’arrosage agricole. Sur le sol de la chambre reposaient les corps de quatorze défunts. Selon les observations anthropologiques, ils étaient placés sur des tréteaux (vraisemblablement posés sur des pierres qu’on a retrouvées sur le sol), enveloppés dans des linceuls. Aucun cas de réduction n’a été constaté : les corps ont été posés les uns à côté des autres et, en partie, les uns sur les autres, et la tombe a été fermée lorsqu’il n’y avait plus d’espace disponible. Le matériel (amphores commerciales phéniciennes, jarres et bols Plain White) était placé de part et d’autre de l’entrée et, dans une moindre mesure, dans le coin Nord-Est de la chambre. Les cas d’objets associés à des défunts sont très rares : bols et lampes-coupelles tenus dans les mains de trois adultes ; perles autour du cou d’un enfant. Enfin, les corps de deux des enfants (entre 1 et 4 ans) étaient disposés en croix contre et en partie sur un squelette d’oiseau (fig. 2). Cette observation n’est pas sans évoquer les nombreuses représentations antiques d’enfants avec des oiseaux, si communes en Méditerranée : pour ne citer que des exemples chypriotes, on mentionnera la stèle d’Aristila de Salamine, découverte à Marion, et les nombreuses statuettes de « temple-boys » à oiseau.

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À Paphos, sur la colline de Fabrika, C. Barker et S. Gabrieli (mission australienne) ont poursuivi la fouille du théâtre hellénistique et romain en 2012. Cinq sondages ont été ouverts en divers endroits autour du théâtre et dans le nymphée romain situé à proximité. Le sondage 12A, sur le côté Est du bâtiment de scène, a permis de dégager sur le rocher les fondations de l’extrémité Est du bâtiment de scène romain. On a découvert une nouvelle entrée conduisant du Sud à la parodos Est du théâtre, à un niveau plus bas que celle de la période romaine : c’est l’un des rares indices concernant l’architecture du théâtre pendant ses phases les plus anciennes. Dans le sondage 12B, la fouille de la route romaine qui court au Sud du théâtre (commencée en 2010) s’est poursuivie : on a dégagé le pavement sur une plus grande surface, ainsi que le bâtiment médiéval qui est implanté au-dessus. Le sondage 12C, localisé dans les niveaux supérieurs de la cavea, a révélé l’existence de plusieurs bâtiments construits sur le sommet de la colline de Fabrika après l’abandon du théâtre. Le sondage 12D a porté sur la parodos Ouest, et le sondage 12E sur le puits post-médiéval situé au Sud-Est du site. Parmi les trouvailles remarquables, on mentionnera des fragments de décor sculpté en marbre provenant du bâtiment de scène du théâtre et du nymphée.

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Dans la forêt de Rantidi, à 6 km à l’Est de Palaepaphos, G. B. Bazemore (Eastern Washington University) a mené des campagnes de prospections et de fouilles en 2012 qui ont permis de localiser plusieurs sites importants. Les prospections ont identifié des vestiges médiévaux étendus dans la zone Est de la forêt de Rantidi, au lieu-dit Lakkos tou Frangou. Il s’agit de blocs taillés épars, mais aussi d’un mur encore partiellement debout. La céramique est abondante, notamment de la céramique fine glaçurée caractéristique de la période médiévale (sgraffito) et de nombreux fragments de pithoi (vases de stockage). Ces découvertes sont proches de celles effectuées auparavant à l’extrémité Ouest de la forêt de Rantidi où se trouvait un petit établissement médiéval. Ce dernier est aujourd’hui recouvert par un hôtel et un club de golf. Ces recherches confirment l’importance de l’occupation dans la région de Palaepaphos à l’époque médiévale (dont témoignent le château de Kouklia et le moulin à sucre voisin), qui s’étendait vers le Sud et l’Est dans la forêt de Rantidi. L’installation de Lakkos tou Frangou avait peut-être un caractère défensif, afin de surveiller la seule route qui permettait, à l’époque, d’accéder à la région de Paphos.

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